On s'attend à ce que le haut niveau de prix persiste jusqu'en 2015'', indique la banque sur son site électronique. Les prix du blé ont augmenté de 120% et ceux du riz de 75% alors que les ménages pauvres consacrent jusqu'à 80% de leur budget à l'achat de nourriture.
Le risque est grand pour la sous-région. ‘'Les pays d'Afrique de l'Ouest et de la corne de l'Afrique sont particulièrement vulnérables, de même que les États dits fragiles. Dans certains pays, l'impact de la crise est amplifié par les chocs d'ordre climatique et les troubles civils'', ajoute la même source.
Quelque 21 des 36 pays qui connaissent une crise de la sécurité alimentaire sont en Afrique subsaharienne, selon la banque qui cite le Fonds des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Cette région importe 45% du blé et 84% du riz qu'elle consomme.
À l'heure actuelle, 4,9% seulement des terres cultivées du continent africain sont irriguées, contre 40% en Asie du Sud. En 2006, seulement 11% des terres d'Afrique subsaharienne étaient plantées en variétés de semences améliorées, contre 55% en Asie et 48% au Moyen-Orient.
‘'La flambée des prix a été mise au compte d'une baisse de la production agricole, de chocs climatiques, d'une plus grande consommation de viande et de la place accrue faite aux cultures entrant dans la fabrication de biocarburants'', note l'institution financière internationale.
Pour plus de 2 milliards d'êtres humains, signale-t-elle, ‘'la flambée des prix alimentaires se traduit par un combat au quotidien''. ‘'La malnutrition risque de s'aggraver, alors qu'elle est déjà une cause de mortalité pour plus de 3,5 millions d'enfants chaque année.''
Selon les estimations, le nombre de pauvres a augmenté de 100 millions ces deux dernières années.
‘'Nous sommes unis dans notre détermination à apporter une réponse à cette crise, qui met aujourd'hui en péril des millions de personnes à travers le monde'', a déclaré lundi à Hokkaido, au Japon, le président du Groupe de la Banque mondiale.
Robert B. Zoellick a fait cette déclaration lors de la conférence de presse qu'il a tenue au côté du secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, en marge du Sommet du Groupe des Huit les plus industrialisés.
‘'C'est pour moi un plaisir d'être ici aujourd'hui au côté du Secrétaire général (de l'ONU). Je tiens à lui rendre hommage pour son leadership face à la crise alimentaire mondiale, et pour l'orientation qu'il a donnée à l'élaboration du cadre d'action mondial'', a-t-il indiqué.
‘'La réponse apportée à cette double menace constituée par la flambée des prix alimentaires et énergétiques a valeur de test pour notre système mondial et sa détermination à venir en aide aux plus vulnérables. C'est un test auquel nous ne pouvons nous permettre d'échouer.''