«Wade, hier, héros de la jeunesse, est devenu une honte pour l'Afrique» déclare Sylla


«Wade, hier, héros de la jeunesse, est devenu une honte pour l'Afrique» déclare Sylla

Le week-end dernier, Talla Sylla, depuis sa ville natale, Thiès, avait fait une sortie fracassante pour appeler à une mobilisation pour faire partir le Président Wade. A la Grande offensive pour l'agriculture, la nourriture et l'abondance (Goana) que ce dernier avait lancée, le président du Jëf-Jël répond par la Grande Offensive pour le Départ de Abdoulaye Wade (Godaw).

Source : Le Quotidien

Dans son autobiographie, Une vie pour l'Afrique, qui va être dédicacée aujourd'hui à Paris, Wade dit de vous: «Talla Sylla est un garçon remarquable d'intelligence et de courage.Je l'ai apprécié dans ma proximité en brousse durant la campagne de tous les dangers. Le jour où il se tassera, il pourra devenir une des personnalités du Sénégal, assumer des responsabilités positives et pas seulement une opposition sans constance réelle. Mais en est-il capable? Il m'a dit qu'il a changé. Je l'espère pour lui.» Que pensez-vous de ces propos de Wade vous concernant?

J'ai partagé énormément de choses avec Wade, depuis notre première rencontre qui date de 1988. Il y a eu une période d'estime réciproque. J'avais écrit un poème pour Wade. Les derniers mots de ce texte étaient:

«Et s'ils ne peuvent entendre les danses du temps sur les sillons de votre pertinence Je me ferais un temps neuf sur le tam-tam tenace de nos ancêtres Et une fois maître de tous les rythmes célestes, je vendrais mes pas ; Une relecture la pièce et, à ceux qui se lèveront avec le coq en suppliant, Je fournirais des échos succulents de vos raisonnements limpides ; vous, Dont le nom résonnera toujours comme… le Maître.»

Aujourd'hui, nous sommes loin très loin de cette période. La déception a, largement fait place à l'admiration réelle et sincère que j'avais pour ce monsieur devenu, le Président des quidams. Je n'ai pour autant aucune forme de haine ni pour lui ni pour aucun de ses hommes de main. Qu'il se prenne pour un Pape ou un Khalife, afin de masquer sa responsabilité dans la tentative d'assassinat dont j'ai été l'objet et qu'il justifie le sang versé pour laver son «honneur» dans un délire d'inspiration féodale, ne prouvent qu'une chose : Wade, hier héros de la jeunesse sénégalaise et symbole de l'opposition démocratique est devenu une...honte pour l'Afrique. C'est ce qui aurait dû être le titre de son livre.

Mais fondamentalement, que reste-t-il du Wade que vous aviez connu et pour qui vous aviez de l'estime ?

Il reste juste cet homme infatigable qui a une capacité de travail extraordinaire. Pendant que ses collaborateurs tombaient exténués après une longue journée de travail, il était toujours d'attaque quand quelque chose lui tenait à cœur. Malheureusement, cette énergie est utilisée à déconstruire la démocratie sénégalaise et à assurer la promotion de sa famille qu'il voudrait royale. Quel gâchis ! Les Sénégalais attendaient un Nelson Mandela, ils ont dû se contenter d'une version tropicale de Néron.

Mais, persistez-vous à soutenir que la responsabilité de Wade est engagée dans la tentative de votre assassinat?

Absolument. Absolument. Et je pourrais encore le marteler : le président de la République du Sénégal élu le 19 mars 2000 est le commanditaire de la tentative d'assassinat du 05 octobre 2003.

Ne pensez-vous pas qu'il donne une justification de votre agression lorsqu'il dit dans son livre ceci: «Des millions de militants et de fans vibrent dès qu'ils entendent mon nom, de sorte que des attaques publiques contre ma personne relèvent de l'imprudence et de non de l'imprévisibilité»?

C'est lui qui fait preuve d'imprudence en donnant pour la deuxième fois, après sa fameuse interview accordée au Figaro, en novembre 2003, le mobile de l'attaque. Et ce qui est prévisible, c'est qu'il fera d'autres erreurs qui lui seront fatales un de ces jours. Dieu a dit : «Vous pouvez tendre des pièges, monter des combines, mais un beau jour, j'opère un renversement de situation.»

Depuis votre retour sur la scène nationale, vous avez eu le temps de mesurer l'état de la situation du pays. Et récemment, au nom du mouvement Wallu, vous avez lancé un appel à la mobilisation des Sénégalais pour chasser Wade du pouvoir. La situation actuelle du pays commande-t-elle une posture si radicale?

Plus de huit ans après l'alternance, qui avait mobilisé tant d'énergies et suscité tant d'espoirs, c'est l'évidence que les changements escomptés ne sont même pas en vue ; et l'amertume a gagné le cœur et l'esprit de la majorité de nos concitoyens. En lieu et place des changements promis, nous assistons à une gestion opaque et mercantiliste du foncier, une gestion chaotique et irresponsable du problème paysan.

Le pouvoir d'achat des sénégalais est en chute libre. Le chômage des jeunes est chronique. Le Parlement est marginalisé, le pouvoir judiciaire dévalorisé. L'enrichissement sans cause, la criminalité économique ou de sang sont en voie de banalisation, et le régime de l'impunité, qui en est la mamelle nourricière, achève de s'implanter. Le pays est triste, le Sénégal a mal. Pendant ce temps Wade procède par diversion ou divertissement. Il y a un décalage énorme entre ses préoccupations et les priorités du peuple. C'est pourquoi, je lance le plan Godaw (Grande offensive pour le départ de Abdoulaye Wade). He will GO by himself ou on le chasse mu Daw, autrement dit, il partira de gré ou de force

Mais, est-ce que ce projet de faire partir Wade ne se heurte pas, quand même, à l'inertie des populations sénégalaises durement éprouvées mais comme résignées et à l'absence de formes de lutte appropriées au niveau de l'opposition, qui se contente seulement de réactions indignées face aux actes que pose Wade?

Quelque chose a changé aussi bien au niveau du peuple que concernant les stratégies de l'opposition. Il semble qu'en 2004, Idewa (Initiative pour le départ de Wade : Ndlr) était prématuré. En 2008, Godaw arrive à son heure. A l'heure où les reports d'élection enlèvent tout caractère sacré au mandat électif, Wade règne par prorogation de mandats, par dissolutions partielles et partiales, par le tripatouillage de la Constitution devenue un véritable lit de Procuste. Le peuple qui a faim et soif pendant que Wade s'amuse et cherche à amuser la galerie avec ses divers dérivatifs; ce peuple qui souffre dans nos campagnes, nos villes et bidonvilles; ce peuple sénégalais est fondé, au nom de la résistance à l'oppression, à se révolter contre le pouvoir tyrannique de Wade. Notre devoir est de préparer le soulèvement, d'organiser et d'encadrer ces énormes masses humaines décidées à prendre en charge leur propre destin.

Pensez-vous alors que votre projet Godaw rejoint celui du Front Siggil Senegaal avec la perspective de tenue d'Assises nationales centrées sur les problèmes multiformes que travers le pays?

Les Assises nationales sont le prolongement en mieux du point de vue de l'élaboration des rencontres citoyennes que nous avions organisées en juin-juillet 2005. C'est dire que nous les soutenons fermement. Au delà du dialogue national et populaire, se pose la question de l'application des conclusions de ces assises que nous voulons salutaires. Godaw est l'indispensable plan pour rendre la République aux citoyens et faire échec aux stratagèmes des apprentis monarchistes.

Vous vous élevez souvent contre la perspective supposée du Président Wade de se faire remplacer par son fils Karim. Pour défendre cette ambition prêtée au Président, on entend souvent ses défenseurs dire que Karim est un citoyen comme tous les autres. Est-ce un argument opératoire, convaincant pour vous?

Rimzoo (Karim) est le grand absent des combats du peuple et de la jeunesse pendant la «période de tous les dangers». Il n'était pas encore ce citoyen concerné et conscient. Les risques réels, concrets étaient pour nous autres citoyens ordinaires, patriotes et démocrates. Maintenant que son père est devenu Président, par une opération dont seul le pouvoir a le secret, il devient un citoyen hors du commun. Qu'il le reste donc ! Quant à hériter de la Présidence de la République du Sénégal, il n'en est pas question. La seule présidence qu'il peut espérer avoir et pourquoi pas pendant 50 ans, c'est celle d'une cellule de prison à Rebeuss.

Pourquoi donc Karim Wade mériterait la cellule d'une prison, selon vous ? Que lui reprochez-vous ?

Parce que lui et son père sont à la tête de la mafia qui dirige le Sénégal!

Justement, on a annoncé la publication en juin prochain de cinq rapports sur la gestion de l'Anoci par un cabinet. Cela vous rassure-t-il quant à la transparence dans la gestion de cette agence?

Le peuple sénégalais ne sera vraiment édifié qu'après le départ des Wade du pouvoir. C'est une justice saine et indépendante qui pourra traquer la gangrène mafieuse. Tant que cette dernière sera au pouvoir, la transparence ne sera pas de rigueur.

Mais Karim Wade a un mouvement La Génération du concret, on lui prête d'avoir beaucoup d'argent en plus d'être le fils d'un président. Ce ne sont pas quand même des atouts non négligeables pour sa marche vers le sommet du pouvoir...

Après l'alternance, nous avons connu le pire avec le père et nous refusons de connaître le chaos avec le fils. Cette génération dite du concret, et qui n'est que la génération du chaos concret, aura en face d'elle la Génération du Salut. «L'histoire apprend aux hommes que les hommes n'apprennent rien de l'histoire.» Wade a été élu sans grands moyens. Il paraît qu'ils sont déterminés à aller au sommet. Leur «détermination» fabriquée à coup de milliards n'est rien comparée à la nôtre. Ils veulent servir un homme, nous voulons sauver notre peuple. Nos préoccupations ne sont pas les mêmes. A la fin des fins, c'est toujours le peuple qui a le dernier mot.

Lors d'une manifestation dans la banlieue de Dakar, Karim avait déclaré qu'eux, sont le parti de l'action, tous les autres partis gèrent la parole. Récemment, le ministre Aziz Sow, face à la crise alimentaire, accusait les Sénégalais d'être des paresseux. Et dans son autobiographie, Wade déclare ceci: «Si dans toutes les familles des cadres de notre pays, le père, la mère et les enfants travaillaient comme nous, le Sénégal aurait vite changé. Nous, nous ne connaissons que le travail, c'est notre péché, peut-être». Que vous inspirent ces propos?

On est au stade suprême de l'arrogance. Ces gens-là n'ont aucun respect pour les Sénégalais. Un célèbre dictateur disait qu'il avait fait assassiner sa mère, parce qu'il ne savait plus quoi faire de ses extravagances. Paradoxalement, il y a quelque chose de rassurant dans ces propos tous plus choquants les uns que les autres : ils annoncent que le pouvoir a perdu la tête et confirme que la fin est proche.

Est-là des signaux suffisants pour annoncer la fin ?

Les poissons pourrissent par la tête ; les régimes aussi. La misère et la colère du peuple ont atteint leur paroxysme. La révolte que je prône est déjà en cours. Les différentes sections du peuple souverain se mobilisent à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, pour la seule véritable cause qui en vaille la peine : porter secours aux citoyens sinistrés. Le reste ne sera que surprise. «Un homme d'honneur doit toujours refuser d'être réveillé par le clairon.»



Jeudi 15 Mai 2008 - 14:20
Jeudi 15 Mai 2008 - 22:53
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1. Posté par SunuTV le 15/05/2008 14:40
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2. Posté par raby le 15/05/2008 14:43
talla a rézon dé bilay pa bi yalla na gniou yalla atté ak mome rekk


3. Posté par GUNSHOT le 15/05/2008 14:52
talla wahoul lou doul halatam!!! wayè nak pa bi mane mone amatouma diotou wah ay waham bayi na ko ak yalla billahi

4. Posté par Sankara le 15/05/2008 15:41
Nous voulions un changement radical dans les mécanismes de gouvernement pour prendre en compte l'intéret de tout le peuple. Mais Wade n'a pas attendu longtemps pour tout chambouler. Son forfait a été bien mûri, créer le désordre pour ainsi faire perdre aux sénégalais leurs repères. Et au bout du compte il aura réussi, puisqu'au moment ou certains avertissaient d'autres, les plus nombreux se complaisaient dans le fameux refrain « Laissez le travailler ! » et ainsi il a fini par nous étouffer et là tous, nous agonisons.
Il est alors de notre devoir civique ou de notre devoir tout court de continuer le combat. Peu importe les brimades, peu importe les tentatives d'humiliations. Beaucoup ont certes jeté l'éponge, certains parce qu'ils ont eu peur et d'autres parce qu'ils ont été victime du jeu favori de ceux qui nous dirigent, l'achat de conscience. Beaucoup parmi nos concitoyens ont troqué leur honneur à des prébendes laissant à la poubelle leur dignité et leur courage. La situation à laquelle nous assistons actuellement est très compliquée seuls les dévoués et les déterminés peuvent s'en sortir et avoir le souffle nécessaire pour continuer la route si épineuse et si longue. Il faudra s'armer de patience pour faire triompher les valeurs républicaines et sociales qui fondent à la fois tout Etat et toute Nation. Vivre et mourir ensemble ! Voilà comment nous arriverons à sauver notre pays, aujourd'hui dans l'impasse. Dans tous les secteurs, de l'éducation à la santé en passant par l'économie et le social, tout va mal. Les signaux sont tous au rouge !
Ma déception n'est pas seulement liée à tous ces tâtonnements de nos dirigeants obnubilés par le pouvoir et les médailles mais aussi et surtout par mes concitoyens emportés dans un laxisme et un fatalisme qui inhibent toute volonté d'action (en ne prenant que l'exemple non justifié de la hausse des prix des denrées de premières nécessité). Et je me pose la question de savoir à quand le réveil citoyen ? Je ne cesserai de le crier partout, ni les chinois encore moins les vietnamiens ne viendront nous délivrer et se battre à notre place. Nous devons tous être debout et nous engager sans retenus et sans prétentions aucunes pour ce pays qui nous a vu naître et grandir et qui aujourd'hui est entrain d'être transformé en royaume. Le pouvoir nous appartient ceux qui sont aujourd'hui au pouvoir n'en sont que délégataires et à ce propos la constitution est claire « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exprime par la voix de ses représentants ». Personne d'entre nous n'a ni le droit encore moins le devoir de laisser ce gouvernant réduire à néant toutes les sacrifices faites avec les douloureux plans d'ajustement structurel. Le tâtonnement n'a que duré ! Halte devons nous dire et tous en chœur !
Alors que le train de vie de l'Etat ne cesse de grimper le goorgoorlu lambda ne cesse de trinquer face à la cherté de la vie et pourtant le pouvoir est censé lui appartenir. C'est au moment où tout flambe que notre cher »prési » a choisi de fêter en grande pompe sa prétendue vie pour l'Afrique. Quelle insouciance ! Voilà comment le pouvoir, et à la tête Me Wade, considère le peuple qui pourtant l'a élu. Ils n'ont point de remords et ne s'avancent plus masqués, ils n'ont qu'un seul objectif se remplir leurs poches et leurs comptes bancaires.
Il est temps qu'on se réveille et qu'on fasse obstacle à ces dérives qui n'ont de cesse de durer.

Ps:Vous avez le droit de garder le silence, mais tout ce que vous ne direz pas sera retenu contre vous!

5. Posté par KAREN le 15/05/2008 15:47
SUR des articles politiques vous vous acharnez comme des vautours autour d'un cadavres. Hors le vrai problème sénégalaie mençant l'intégrité territoriale du Sénégal c'est la crise casamaçaies qui n'émeut personne surtout vous des autres régions. Tous les articles de presse faisant état de ce conflits passent sans commentaires de votre part et sont vite retirer évidemment puisque pas rentable pour Rewmi. Or chers compatriotes la casamance va mal avec ce conflit et un jour le pays tout entier payera votre parcimonie.

BA?DES DE POLITICHIENS.
rewmi SAIT QUE C4EST WADE QUI vous intéresse et rien d'autre.

Je suis deçu.

6. Posté par kamaj le 15/05/2008 15:50
SENEGALAISES, SENEGALAIS
MES CHERS COMPATRIOTES !!!!!
L'HEURE EST GRAVE!!!!!!
nous en appelons a la revolte populaire : tous les senegalais .
pour defendre la democratie ,pour denoncer le tripatouillage de la constitution par WADE,voila qui nous renvoie au moyen age(1000ans derriere,vraiment le senegal ne merite pas cette situation anti democratique
vive la NATION
vive la REPUBLIQUE
vive le SENEGAL DEMOCRATIque
vive le PATRIOTISME

a BAS les despotes
a bas WADE
a bas le LEG du POUVOIR

SENEGAL DEBOUT COMME UN SEUL HOMME POUR DÉFENDRE LA REPUBLIQUE

7. Posté par kamaj le 15/05/2008 15:50
SENEGALAISES, SENEGALAIS
MES CHERS COMPATRIOTES !!!!!
L'HEURE EST GRAVE!!!!!!
nous en appelons a la revolte populaire : tous les senegalais .
pour defendre la democratie ,pour denoncer le tripatouillage de la constitution par WADE,voila qui nous renvoie au moyen age(1000ans derriere,vraiment le senegal ne merite pas cette situation anti democratique
vive la NATION
vive la REPUBLIQUE
vive le SENEGAL DEMOCRATIque
vive le PATRIOTISME

a BAS les despotes
a bas WADE
a bas le LEG du POUVOIR;

SENEGAL DEBOUT COMME UN SEUL HOMME POUR DÉFENDRE LA REPUBLIQUE

8. Posté par Vive la Godaw! le 15/05/2008 22:55
Oui, Talla merci pour la GODAW!
Nous sommes prets!
Nous attendons que la stratégie!

9. Posté par f le 15/05/2008 23:20
vous n avez rien dit

10. Posté par f le 15/05/2008 23:23
il faut la fermer et laisser Wade traquille car ce qu il a fait nul ne l afait

11. Posté par gorgui le 16/05/2008 00:09
un peu de respect pas de gros mots impoli.

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