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10e place, selon l’indice Mo Ibrahim: Le Sénégal peut mieux faire 

Le Sénégal s’est hissé à la 10ième place sur 54 pays africains, selon l’indice Mo Ibrahim, qui présente le rapport de bonne gouvernance qui tient aussi compte des performances en matière de lutte contre la pauvreté, de santé, etc.

Selon les estimations faites, notre pays se serait amélioré de 3,7 points au cours des dix dernières années. Des améliorations ont été notées notamment dans la lutte contre la pauvreté et l’amélioration de la santé des populations.

En termes de ‘’gouvernance globale’’, le Sénégal aurait progressé d’un point. Nous sommes en tous cas loin derrière des pays comme le Cap-Vert.

C’est vrai qu’il ne s’agit que d’indications et d’estimations faites sur la base de critères pas toujours objectifs de choix avec une marge d’erreur qui peut être importante, mais, depuis quelques années, la Fondation Mo Ibrahim a pu se bâtir une réputation qui donne assez de crédits à ses travaux.

Sans sous-estimer le résultat ainsi obtenu, nous pensons que le Sénégal peut mieux faire.

En termes de ‘’Gouvernance globale’’, la réduction du train de vie de l’Etat aurait été un choix raisonnable. La Mauritanie d’Aziz vient de nous en donner l’exemple avec un nouveau gouvernement de 23 Ministres. Cela aurait aussi possible pour le Sénégal.

L’application obligatoire des résultats du référendum de 2016 avec un statut pour l’opposition, le chef de l’opposition et autres points ‘’oubliés’’ aurait aussi fait avancer les choses.

Il s’y ajoute la transparence dans la passation des marchés, l’égalité des citoyens devant la Justice, le traitement à part égale des citoyens face notamment aux institutions de contrôle, etc. nous auraient sans doute fait gagner des points.

Toutes choses et bien d’autres qui étaient largement à la portée de Macky.

Notre pays s’est ankylosé dans des poursuites sélectives d’opposants, la concentration des pouvoirs entre les mains d’un seul homme, l’interdiction de certaines manifestations publiques avec l’anachronique arrêté Ousmane Ngom, la création d’institutions budgétivore à utilité douteuse, etc.

Nous avons ainsi créé les conditions de notre propre souffrance. Une quarantaine de Ministres, pourquoi faire ? Il fallait, à ce propos, respecter les promesses électorales. C’était possible.

La propension à ne pas tolérer la contradiction par un débat politique au rabais n’a pas été pour faire rayonner une démocratie qui avait pris une sérieuse option en Afrique.

Les passe-droits, le clientélisme et autres actes de mal-gouvernance ont confiné une bonne partie de la population dans la misère et le découragement.

La dette intérieure n’a pas été pour faciliter le recrutement de ces milliers de jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi. A ce propos, l’émigration est devenue une sérieuse option. Malheureusement, elle se fait dans des pirogues de fortune à cause d’une relative liberté dont jouissent des convoyeurs. Des centaines de jeunes meurent ainsi en mer.

Pour combler le tout, les deux secteurs les plus névralgiques de notre société, à savoir la santé et l’éducation, sont minés par des grèves cycliques d’acteurs qui passent le clair de leur temps à en découdre avec les autorités.

Or, tant qu’il en est ainsi, il sera difficile de parler d’émergence. Sans instruction de qualité et sans soins de santé de base, un pays ne saurait se mettre valablement au travail.

Or, lors de son arrivée à la Primature, Boun Abdallah Dionne avait bien expliqué que le Président lui avait donné comme mot d’ordre : ‘’Au travail’’.

Il y a certes du ‘’travail’’, mais aussi beaucoup de polémiques, de règlements de compte, de politique politicienne, de temps perdu à écraser des adversaires, de transhumance, etc. Toutes choses qui font que nous ne sommes pas encore parmi les 5 premières places.

Ce qui est dommage car c’était bien possible.

Assane Samb

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