SOCIETE

1587 cas de refus de paternité recensés en Casamance- les tristes témoignages de certaines victimes

  • Date : 25 novembre 2015

 Le mouvement « Touche pas à ma sœur » a publié son rapport d’enquête sur des cas de refus de paternité en Casamance. Selon le document qui nous est parvenu, 1587 cas de refus de paternité ont été recensés dans la région du Sud. Ziguinchor est la partie la plus touchée par ce phénomène, avec 512 cas.

« Touche pas à ma sœur » a publié son rapport d’enquête sur les cas refus de paternité en Casamance. Selon le document qui nous est parvenu, force est de reconnaitre que souvent, le mouvement se heurte à des croyances traditionnelles et des réalités socioculturelles qui sont toujours d’actualité dans bien des zones de la Casamance. Cependant, certaines femmes vivant dans ces zones dénoncent les violences dont elles sont victimes de la part de leurs conjoints, mais tout en restant encagoulées, de peur de représailles de la part de leurs propres familles. Par ailleurs, le résultat de l’enquête effectué entre décembre 2012 et septembre 2015 indique que 1587 cas de refus de paternité ont été recensés en Casamance. En Ziguinchor est la partie la plus touchée par ce phénomène avec 512 cas. Il y a ensuite les localités de Sédhiou : 317 cas, Bignona : 259 cas, Oussouye : 254 cas et Vélingara : 246 cas.

Témoignages…témoignages…témoignages

Sylla, 22 ans : « Mon patron m’a dit de coucher avec lui pour rester dans l’entreprise »

« Je travaillais dans la gestion d’une ligne Aftu (Tata) à Dakar. Avant, tout se passait bien et je m’acquittais convenablement de mon travail jusqu’au 15e jour où le gérant de la ligne, qui se trouve être le fils du propriétaire du bus, me demanda de venir récupérer les tickets. Il m’avait fait comprendre, dans un premier temps, que c’était une villa avant que je ne me rende compte que c’était plutôt une auberge. Après l’avoir interpellé sur ses vrais intentions, il me dira par la suite que c’était la voie à suivre pour rester agent de l’entreprise, d’autant plus que d’autres acceptent volontiers ce type de contrat. Vu que je voulais vaille que vaille rester dans cette entreprise afin de venir en aide à mes parents restés à Ziguinchor, j’ai fini par céder et attraper une grossesse par la suite. L’auteur de ma grossesse a refusé la paternité et il est actuellement au Maroc. Non seulement il a trompé ma vigilance mais il m’a chassé comme un mal propre. Ne connaissant rien à Dakar et étant sans assistance, j’ai rebroussé chemin pour me terrer dans mon village natal auprès de mes parents. »

Sakho, 19 ans : « J’ai arrêté mes études en classe de 1e à cause d’une grossesse non désirée »

« J’ai arrêté mes études en classe de 1ère à cause d’une grossesse non désirée. Le père de mon enfant non seulement n’a pas voulu reconnaitre l’enfant que nous avons eu ensemble mais pire encore, je jure que j’ignore là où il se trouve actuellement. Il était venu à Bignona pour une mission et lorsqu’il a su j’étais tombée enceinte de lui, il a pris la tangente, me laissant seul avec mon enfant. C’est d’ailleurs, lui-même, que j’ai connu comme premier homme. Il a pris ma virginité, me laissant avec un enfant et il a fondu dans la nature. Voilà ce qui explique ma « profession » de prostituée à Kédougou, loin des yeux de mes parents, de mon enfant et de mon entourage. »

Coly, 21 ans : « Le père de mon enfant faisait partie de la délégation qui accompagnait le président WADE »

« J’habite à Vélingara. Mon enfant est victime de refus de paternité. Mon histoire remonte de 2012, durant la campagne électorale présidentielle. Le père de mon enfant faisait partie de la délégation qui accompagnait le président sortant Me Abdoulaye WADE qui était venu pour les besoins de sa campagne à Ziguinchor. Donc, c’est dans cette circonstance que j’ai fait la connaissance de ce monsieur qui est même venu jusque chez moi pour me promettre monts et merveilles devant mes parents pauvres, allant même jusqu’à jurer qu’il allait modifier le plan de notre demeure juste après les élections, sans oublier le travail de bureau qu’il m’a aussi promis. Et donc, sans broncher, je me suis donnée à lui et lorsque j’ai été informée de la grossesse que je portais, je l’ai interpellé sur la question mais il m’a abreuvé d’injures avant de changer de numéro. Depuis lors, il reste injoignable et c’est moi-même qui me charge des besoins de mon enfant avec l’assistance de ma mère qui ne m’a jamais abandonnée durant ces épreuves. »

Cheikh Moussa SARR  

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