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17e Session des assises économiques du MEDS- A bâtons rompus avec le Vice-président du MEDS, Amadou Ly Bocoum

Le Patronat sénégalais veut aller de l’avant à l’occasion de la tenue de la 17e session des Assises économiques annuelles du MEDS. Lancées en 2000, les Assises économiques du Meds sont devenues l’un des principaux rendez-vous annuels de haut niveau et regroupe les leaders les plus influents des secteurs public et privé nationaux et africains, bref d’Europe. A travers des panels interactifs, ces Assises, cuvée 17, abordent des questions d’envergure auxquelles le développement du Sénégal, de l’Afrique en général, est confronté et comprend un panel innovant où les voix d’experts auront l’occasion de débattre des infrastructures comme levier de développement pour le Sénégal. Le vice-président du Meds, Amadou Ly Bocoum, par ailleurs expert en Conseil Investissement et en Ingénierie des projets, nous donne ici un avant-goût de ces Assises économiques. Très belle rencontre avec un homme passionné, bouillonnant d’idées et dont le discours engagé allie force et sensibilité.

Le Meds organise aujourd’hui la 17e Session de ses Assises économiques autour du thème « Les infrastructures sont-elles un levier de développement pour le Sénégal ? ». Qu’est ce qui justifie le choix de ce thème ?

Je pense que c’est un thème d’actualité car le Sénégal est aujourd’hui dans une politique dynamique de promotion et de développement des pôles territoriaux. Et pour ce faire, il faut impérativement qu’il y ait un soubassement infrastructurel. Donc, les infrastructures, il faut les développer pour que les pôles-territoires soient accessibles. C’est l’un des défis pour combler le déficit d’infrastructures qui demeurent un impératif économique pour le Sénégal et une Afrique dans un monde globalisé. Si le déficit d’infrastructures en lui-même est actuellement un frein au développement, il représente dans le même temps un besoin et une demande bien réelle, et par conséquent, une réserve de croissance et un gisement d’emplois pour le Sénégal. Et ce n’est pas pour rien que le volet Infrastructures est l’un des supports principaux du Plan Sénégal Emergent (PSE). C’est d’ailleurs toute la problématique de cette thématique, laquelle est extrêmement pertinente et d’actualité. Et je vous donne rendez-vous demain (NDLR : aujourd’hui) aux Assises où le conférencier va mettre en exergue toute l’importance des infrastructures comme levier du développement économique, surtout au Sénégal.

Quelle est l’implication du secteur privé dans le développement des infrastructures ?

Les partenariats public-privé représentent une solution adaptée pour le financement des infrastructures. Les PPP sont donc la forme la plus évoluée, la plus adaptée à mobiliser des fonds pour de grands projets structurants. La loi a déjà pris certaines dispositions pour encadrer les PPP parce que ce sont des offres spontanées et des bailleurs peuvent, à la suite d’une étude ou d’échanges avec le secteur privé, identifier des niches sur lesquelles des investissements importants peuvent être faits, et ensuite avoir un retour sur l’investissement parce que c’est des secteurs porteurs. Donc, ces PPP ont commencé aujourd’hui à émerger. L’on peut citer l’autoroute à péage, le ZES, le TER… On commence aujourd’hui à avoir beaucoup de PPP qui sont en train de résoudre les équations logistiques ou d’infrastructures qui se posent. Donc, je pense que c’est une tendance qui est en train de croitre et que cela va aller de l’avant. Et je pense que pour arriver à ce niveau, il faut aller vers les PPP. Et le secteur privé sénégalais a un rôle à jouer parce que la loi dit que 30% de ces marchés-là, sont réservés au secteur privé national, aux Pme/Pmi et aux grandes entreprises sénégalaises. Donc, cela permet d’avoir une acquisition de compétences et une plus-value en termes d’expertise et de gains en richesses.

Le secteur privé national est lésé par rapport au secteur privé étranger. Que faut-il corriger?

C’est vrai que c’est un souci majeur, mais je pense que le secteur privé national en est conscient et, aujourd’hui, on doit réfléchir sur des mécanismes alternatifs et apporter des propositions alternatives. Et je pense que le Meds a trouvé la parade avec la publication de son ‘’Livre blanc’’ qui pose la problématique de la participation du secteur privé de manière efficace et efficiente. Dans les critères d’éligibilité, il ne faudrait pas que l’Etat mette la barre très haut. Il y a une distorsion qu’il faut corriger et nous, au Meds, on a proposé de remobiliser la structuration des entreprises sénégalaises et que la loi PPP s’adapte un peu à cette réalité afin que les entreprises sénégalaises puissent entrer dans ce créneau et jouer pleinement leur rôle. Car le pays ne peut pas se construire sans les Sénégalais et sans les entreprises sénégalaises.

Parlez-nous un peu du ‘’Livre Blanc’’ du Meds

Nous avons écrit un ‘’Livre Blanc’’ pour faire des propositions alternatives par rapport aux problématiques auxquels l’entreprise sénégalaise est confrontée. Donc je pense que ce sont des indicateurs de la bonne santé du dynamisme du Meds qui est sur plusieurs fronts. Le « Livre Blanc » a trois axes. L’Axe 1, c’est l’amélioration de l’environnement des affaires au Sénégal et du Développement des échanges intracommunautaires. En d’autres termes, nous voulons parler d’harmonisation de la charte PME au sein de l’Uemoa et de la définition d’une PME au plan communautaire. Mieux, le Livre Blanc propose l’adoption d’une nouvelle définition de l’entreprise nationale. L’Axe 2 consiste à réformer les dispositifs actuels de financement et de la formation professionnelle technique, mettre en condition de performance les entreprises par la structuration, par le financement, pour que les ressources humaines soient aussi adaptées aux exigences techniques de l’heure. Et pour l’Axe 3, le Livre Blanc propose une bonne protection sociale et une meilleure amélioration des conditions du travailleur dans une économie solidaire, avec des mécanismes innovants. Le Livre Blanc, c’est donc trois axes majeurs, quinze idées et cinquante propositions. Le Livre Blanc du Meds sera diffusé et présenté lors des Assises à l’Etat, au Premier ministre, aux membres du Gouvernement, aux corps diplomatiques et Institutions internationales et onusiennes, au secteur privé national, bref à tous les syndicats du patronat. On va faire déjà une première communication là-dessus et je pense que le Président Mbagnick Diop avait pensé à une remise officielle au Premier ministre Mouhamad Boun Abdallah Dionne. Nous allons organiser des plateaux pour vulgariser le ‘’Livre Blanc’’ pour susciter le débat, la réflexion pour l’enrichir afin que tous les acteurs puissent participer à ces propositions. Le gouvernement doit également capter les propositions de ce Livre dans lequel il y a des idées sur la composante travailleur, la composante patronale et la composante étatique. La rédaction de ce « Livre Blanc » montre que le Meds dispose en son sein des ressources humaines de qualité et des gens qui ont énormément d’expertises et d’expériences.

Quelles sont les relations entre le Meds et l’Etat du Sénégal…?

Nous avons de très bonnes relations avec l’Etat. Je magnifie les excellentes relations qu’entretiennent le Meds et l’Etat du Sénégal. Car le dialogue public-privé, déjà en progression constante depuis quelques années, a emprunté une nouvelle trajectoire, grâce notamment à cette volonté du gouvernement de faire jouer pleinement au secteur privé sa partition, dans le cadre d’un processus de transformation de notre économie. Quid de l’Etat, le Meds est un patronat qui reste très ouvert aux organisations patronales. En effet, le partenariat avec le secteur privé est illustré, avec ces Assises au cours desquelles le thème du jour sera débattu par M. Mor Talla Kane, Directeur exécutif du CNES. C’est à lui qu’échoit l’honneur d’animer la conférence sur le thème des infrastructures. Nous sommes en train de bâtir une nouvelle vision du dialogue social. Donc, je pense qu’on a un esprit d’ouverture et de collaboration parce qu’en notre sein, on aurait pu le faire. Mais, c’est une preuve d’ouverture et de collaboration.

Comment se porte le patronat sénégalais ?

Le patronat sénégalais se porte comme le Sénégal. Cela veut dire avec toutes ses richesses et toutes ses contradictions. Mais je pense que nous sommes dans une bonne dynamique. Par conséquent, il ne faut surtout pas qu’on verse dans l’autosatisfaction. Il faut tout le temps se remettre en question pour essayer d’avancer, avoir une ambition qui vous pousse continuellement à vous améliorer. Tant qu’on est dans cette dynamique-là, c’est positif, parce que l’environnement des affaires change à une vitesse extraordinaire. Il ne faut pas que les organisations patronales censées en être les représentants, soient en décalage ou en déphasage. Donc, il faut énormément de réactivité, de pragmatisme et d’esprit d’entreprise et d’innovation pour réussir. En tout cas, l’un des slogans du Meds est le pari de l’action. Et ce défi doit être une dynamique partagée pour tous. C’est à nous, secteur privé national, de créer toutes les conditions d’un développement économique qui passe par le secteur privé. C’est au secteur privé de jouer ce rôle et l’Etat doit seulement nous accompagner à créer les conditions d’un environnement favorable. L’animation et le leadership doit revenir au secteur privé.

Qu’est ce qui fait la différence entre le Meds et les autres ?

C’est très difficile de parler de soi. L’innovation, le dynamisme, la solidarité, le dévouement et le génie créateur sont les piliers fondamentaux du MEDS. L’esprit d’initiative qui est la sève nourricière de son action, lui impose d’être un grenier du tissu productif national. Le poids sociétal du MEDS est extrêmement important. Pour preuve, nous avons organisé de nombreux événements dont le Forum du 1er emploi, Cauris d’or, Business breakfast… Les Assises économiques sont des moments de réflexion, des moments de communion. Ensuite, vous avez les Cauris d’or, qui sont un peu la récompense de tout ce qu’on a comme excellence en termes de leaders économiques, chefs d’entreprise, projets novateurs… Je pense que ça aussi, c’est le couronnement d’un succès de chefs d’entreprise qui sont partis souvent de rien. Au Meds, il y a plein d’énergie, plein d’initiatives, beaucoup d’idées et d’ambitions. Le Meds, c’est le pari de l’Action.

La Rédaction

 

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