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« 2017, C’EST MIEUX »- Le maire de Guédiawaye, Aliou Sall, explique pourquoi il préfère la tenue de la prochaine Présidentielle dans deux ans

Dans cette deuxième partie de l’entretien qu’il a accordé au Soleil, le maire de Guédiawaye, Aliou Sall, souligne la particularité de l’Alliance pour la République (Apr), parti au pouvoir quatre ans après sa naissance. Sur le mandat du président de la République, il est favorable à un quinquennat, mais propose de se référer au Conseil constitutionnel pour déterminer la formule adéquate.

Peu après votre élection à la tête de l’Association des maires du Sénégal (Ams), vous aviez indiqué que la réforme de la gestion des collectivités locales figure en bonne place sur votre feuille de route. La situation est négativement marquée à propos des ressources humaines. Comment y remédier ?

Cette situation est notée dans la quasi-totalité des collectivités locales du Sénégal. Et personne ne peut dire que c’est la faute d’untel. C’est le résultat d’une sédimentation de plusieurs décennies, de pratiques politiques et politiciennes que tous nos partis ont connues. Cela a consisté à recruter du personnel politique parce que, bon, il faut recruter !

Et à la longue, les mairies sont devenues des sortes de refuges pour des demandeurs d’emploi. Mais, ce sont des personnes qui ne sont généralement pas préparés à exercer les fonctions pour lesquelles elles ont été recrutées.

En tout cas, il y a une pléthore de personnel dont les collectivités locales n’ont pas toujours besoin ; et quand elles en ont besoin, les payer devient un autre problème. J’en appelle à un diagnostic des ressources humaines des collectivités locales au-delà de l’expérience de l’intégration dans la fonction publique locale qu’il faut saluer.

Souvent, des gens se trompent à ce sujet. Ce n’est pas parce qu’on a intégré la fonction publique locale que l’on est payé par l’Etat. C’est toujours la collectivité locale qui assure les salaires. Peut-être avec l’appui des partenaires au développement, il nous faut un plan pour évaluer les ressources humaines des collectivités locales et aider ces dernières à se restructurer, en termes de formation, de revalorisation, dans le recrutement.

L’Assemblée nationale vient de voter un projet de loi réformant son règlement intérieur. On a vu de fortes dissensions naître au cœur de la majorité parlementaire. C’est un problème…

Médiatiquement, oui. Mais politiquement, non. Notre démarche est claire et nette. Après le vote, on a découvert, après coup, que la tension qui avait entourée les débats était, disons, le fait d’effets de manche.

Mais seuls quatre députés ont voté contre. C’est dire que l’Assemblée nationale, dans son écrasante majorité, a fait son choix. Comme d’habitude dans notre pays, ça bavarde beaucoup, mais au finish, on découvre que la réalité politique est différente de ce que l’on croyait.

Différente de la réalité médiatique. Une réforme qui consiste à protéger les partis et notamment les suffrages exprimés pour le compte de ces partis est louable. Il est inadmissible de permettre à des gens qui ont été élus parce que principalement sélectionnés par leur parti, de revenir après leur installation ramer à contre-courant de l’élan qui les a amenés là où ils sont.

On ne peut leur permettre de se positionner contre leur propre parti ou la coalition qui les a fait élire. C’est clair. De la même manière, nous saluons le retour du mandat de cinq ans pour le président de l’Assemblée nationale, car on renforce l’institution par ce procédé.

Je ne comprends pas les points sur lesquels l’opposition s’appuie pour nous critiquer…

On s’achemine vers des échéances électorales majeures. Comment appréciez-vous l’état de la coalition « Bennoo Bokk Yaakaar » ?

L’écrasante majorité est aux côtés du président de la République, mais c’est une coalition fébrile. Aujourd’hui, que ce soit le parti au pouvoir, ou les partis membres de la coalition, tous auront du mal à imposer une vision unifiée des positions.

De sorte que des individus, tout en restant militant ou cadre de ces partis, se donnent la liberté de s’exprimer en public, de manière déphasée par rapport à ce que dit officiellement leur parti.

Aujourd’hui, tout le monde sait qu’il y a des relations fortes, des relations de confiance entre le président de la République, patron de la coalition, et les dirigeants nationaux de ces principales formations alliées que sont l’Afp, le Ps, le Pit, la Ld, etc…

Mais ce n’est pas le cas d’autres militants qui peuvent s’exprimer librement. Il faudra en tenir compte sans s’en émouvoir. Ceci dit, on sera obligé, à un certain moment, de vider la question de la candidature à la présidentielle.

A ce moment, il faudra que les partis puissent dire au pays et à leurs militants, avec qui ils sont, que veulent-ils, quel est leur programme… C’est un débat qu’on ne pourra pas éviter. Tout le monde gagnerait à ce que ce débat soit clarifié le plus tôt possible.

On est dans l’expectative à propos du mandat présidentiel. On ne sait pas encore à quelle date le scrutin présidentiel aura lieu. Alors, où va votre choix, quinquennat ou septennat ?

Si cela ne dépendait que de ma modeste personne, le scrutin aurait lieu en 2017. C’est mon intime conviction. D’abord parce que, politiquement, je ne pense pas que les adversaires du président de la République soient prêts à cette date. Le président Sall risquerait d’être le seul candidat crédible en 2017, et l’on ne peut imaginer meilleure situation que celle là pour nous (rires).

Ensuite, même sans avoir raison, l’opinion selon laquelle le président de la République ayant exprimé le désir de réduire son mandat, et qu’il aurait ensuite eu des velléités de revenir sur cet engagement, est fallacieuse. Cette opinion, encore une fois fallacieuse, prend forme et nous n’en avons pas besoin.

Personnellement, je souhaite que le scrutin ait lieu en 2017. Mais une élection dans notre pays ne peut se tenir en dehors du cadre de la loi. En dehors de la Constitution. La chose la plus simple est de nous référer au Conseil constitutionnel. Pour connaître le moyen constitutionnel le plus adéquat pour faire respecter cet engagement présidentiel, engagement qui n’est pas divin, il faut le souligner…

L’Apr est-il actuellement dans les meilleures dispositions en vue des échéances électorales ?

L’Apr n’est pas un parti suffisamment politique, qui prend en charge correctement les questions politiques. C’est-à-dire qui supporte, qui accompagne, qui renforce les actions de développement du président de la République. Je le pense sincèrement.

Car il y a des manquements graves de notre parti dans ce domaine. Par contre, c’est une machine de guerre électorale qui est en passe de remporter les élections qui auront lieu dans les cinq ans à venir. Ses militants sont déterminés à développer une forte proximité avec le président Macky Sall.

Nous militants, il nous arrive de nous reprocher des formes d’indiscipline, mais au moment véridique, nous sommes en ordre de bataille. Notre capacité de mobilisation derrière les mots d’ordre de notre leader sont notre principale force.

Il y a beaucoup de bavardage et de polémiques médiatiques. Mais la réalité, c’est le terrain. Or, le terrain, l’Apr l’a. Nous ne parvenons pas encore à gagner la bataille de l’opinion et c’est lié à l’histoire récente du parti.

Le Soleil

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