Accueil / ACTUALITÉ / Election des maires: Le suffrage universel  direct, une avancée démocratique

Election des maires: Le suffrage universel  direct, une avancée démocratique

Nos confrères des Echos nous ont appris, hier, que l’élection des Maires se fera désormais au suffrage universel direct.

En clair, les Maires ne seront plus élus par un collège de conseillers municipaux qui, eux, avaient déjà été élus par les citoyens. Car, auparavant, quand une liste gagnait les élections, tous les conseillers, y compris des listes minoritaires proportionnelles des candidats supposés perdants, étaient réunis pour élire le Maire en vertu de l’article 95 de la loi de 2003.

Naturellement, ils élisaient la tête de liste majoritaire ou proportionnelle de la liste gagnante parce que celle-ci avait logiquement plus de conseillers. Car, les autres auront déjà perdu les conseillers qui figuraient sur leurs listes majoritaires. Mais, ce n’était pas toujours le cas.

Car, malheureusement, on a pu constater, dans certaines communes, que du fait des capacités de manœuvre et de corruption de certains, des conseillers ont élu quelqu’un qui n’avait pas forcément l’assentiment de la majorité des populations parce qu’il a pu avoir la majorité des conseillers.

Car, dans la tête des électeurs, le scrutin est direct. Les citoyens ne votent pas en général pour une liste, mais pour une personne désignée souvent tête de liste et qui s’occupe de la campagne, qui vient vers eux pour leur demander leurs bulletins.

Si, comme on a pu le constater, une autre personne était élue, cela irait à contre-courant de la volonté populaire.

Tout ceci pour dire que la décision d’élire désormais les Maires au suffrage universel est la bienvenue. Elle cadre en effet avec la volonté des citoyens qui, dans leurs têtes, élisaient directement leurs Maires.

Mieux, ceci irait aussi dans le sens de l’esprit de la décentralisation.

En effet, comme tout le monde le sait, la décentralisation vise à transférer aux populations des domaines réservés jusqu’ici au pouvoir central et qui sont d’une importance capitale.

Bien sûr, il existe des domaines dits partagés ou complémentaires comme l’éducation et la santé, mais neuf domaines de compétences ont été transférés aux collectivités locales dans les secteurs suivants : les domaines, environnement et gestion des ressources naturelles, santé, population et action sociale, jeunesse, sports et loisirs, culture, éducation, planification, aménagement du territoire, urbanisme et habitat.

Mieux, les populations doivent élire quelqu’un de connu, dont la loi dit qu’il doit résider dans la localité. Ce qui est loin d’être souvent le cas.

On ne peut pas ainsi voir parachuter des individus sortis de nulle part et penser respecter l’esprit de la décentralisation.

Il faudra ainsi réformer l’article 95 de la loi de 2003 qui remplace celle de 1996 et qui stipule en son alinéa 1 que : ‘’Le conseil municipal élit le maire et les adjoints parmi ses membres sachant lire et écrire dans la langue officielle’’.

Et il est important que le toilettage du texte permette en effet d’éviter tout blocage futur des travaux du Conseil municipal, soit à l’issue de cas fortuits ou de situations judiciaires défavorables au Maire ou en cas de décès.

Qui plus est, c’est tout l’Acte III de la Décentralisation qui mérite, d’après les élus, un réel réaménagement à la lumière de la pratique. Il se trouve que de nombreux dysfonctionnements ont été constatés, notamment sur l’autonomisation de ces communes qui ont du mal à fonctionner correctement malgré les fonds de dotation et de concours de l’Etat.

Bref, à côté de cette mesure fort salutaire, il faudrait penser à prendre en compte les réserves formulées par les élus  et les experts à propos de l’Acte III afin de s’inscrire dans une vraie dynamique de transfert de compétence aux communes qui pourront, ainsi, se charger de leur propre développement.

Assane Samb

One comment

  1. Assane, l’élection du Maire au suffrage universel direct n’est pas une avancée démocratique pour les populations des collectivités locales, qui revendiquent leur participation dans la gestion de leurs affaires locales et un pouvoir de contrôle sur le Maire et les Conseillers municipaux. Au lieu de cela, on veut faire du Maire, une  » autorité « qu’elles ne peuvent ni contrôler ni sanctionner qu’en fin de mandat! Et c’est ce recul dans la démocratisation du pouvoir local que tu salue comme une avancée, juste parce que le Maire qui tire ainsi sa légitimité directe du peuple échappe même au contrôle de son Conseil municipal? ON érige ainsi , au niveau local, un pouvoir autocratique, au nom de lutte contre la corruption des conseillers municipaux? Ainsi tous ceux qui applaudissent ce tournant ne sont pas en fait, des démocrates! Ce sont les démocrates qui construisent la Démocratie, et les  » autocrates », le  » pouvoir personnel » qui est tout son contraire!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *