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Abus de pouvoir: Les réseaux sociaux brisent l’omerta

Le Commissaire Bara Sankharé, fonctionnaire de Police, aurait été relevé de ses fonctions, hier, pour avoir violenté un docteur en pharmacie, Dr Cheikhouna Gaye.

D’ailleurs, dans un communiqué rendu public, la Police assure  qu’elle ‘’ne ménagera aucun effort pour prévenir de pareils incidents dans la manière de servir de ses différentes unités’’ non sans auparavant avoir certifié que ‘’toutes les mesures disciplinaires avaient été prises’’.

La Police qui par ailleurs tend la main aux Pharmaciens, s’inscrit dans une dynamique d’apaisement.

C’est dire que le Ministère de l’Intérieur a été particulièrement sensible à la vague d’indignation suscitée par cette affaire qui relève d’un cas d’abus de pouvoir. Car, manifestement, le fonctionnaire de Police a outrepassé ses prérogatives, a abusé de son autorité, en usant de harcèlement, de trafic d’influence, de violence sur autrui non-justifiée par l’action coercitive de l’Etat, etc.

Ce fait est d’autant plus inexplicable, qu’il s’agit d’un officier de haut rang, un Commissaire de Police que la formation et l’expérience ont préparé aux conséquences possibles d’actes d’abus dans le cadre de sa fonction. Il dirige un Commissariat, ce qui veut dire qu’il a la responsabilité d’orienter, de diriger, de rectifier en cas d’abus venant surtout d’agents moins bien formés que lui.

Qu’il soit lui-même coupable pose un sérieux problème d’approche entre les citoyens et qui ceux qui sont chargés de leur sécurité.

En effet, on peut se demander pourquoi, certains éléments des forces de défense et de sécurité regardent de haut les citoyens ? Pourquoi cette façon parfois, de les appréhender, de les accueillir avec mépris, même pour de simples formalités administratives ? Pourquoi cette violence parfois inutile dont ont été victimes Dr Mbacké et bien d’autres qui ont maille à partir avec la Justice ?

Des questions et bien d’autres qui posent des problèmes de fond et dont les réponses nous viennent peut-être de la Colonisation. Nous avons hérité d’une Police et d’une Gendarmerie affidées à un régime colonial donc autoritaires pour qui il y des citoyens de série A et des citoyens de série B.

Les forces de sécurité étaient le bras armé d’un Etat colonial autoritaire. Indépendants, nous aspirons à autre chose.

Or, ces pratiques dénoncées aujourd’hui, sont plus fréquentes qu’on ne le pense. Nous avons, parfois, le sentiment, que l’uniforme confère à ceux qui la portent, un sentiment de supériorité et offre des privilèges non-écrits sur les citoyens.

Ce qui a changé, maintenant, ce sont les réseaux sociaux. Ce sont eux qui ont brisé l’omerta.

En effet, dans la recherche de preuve, l’arrestation de supposés délinquants, il n’est pas rare que certains fassent preuve d’un excès de zèle qui irrite même leurs collègues.

Mais, avec les réseaux sociaux, il n’y a plus de tabou. On filme et on met les  faits à la disposition du grand public, qui, en définitive, a le pouvoir suprême. Ainsi, l’omerta est brisée. Tout finit par se savoir.

Conséquence, tous les ‘’Jack Bauer’’ de la Police ou de la Gendarmerie, parce qu’ils sont peu à cheval avec le règlement, doivent, un jour ou l’autre, payer les pots cassés.

On peut faire son métier avec fermeté et rigueur et dans le respect des citoyens et de leurs droits.

C’est ce dosage nécessaire et utile qui doit être préservé à tout instant, même si les forces en question ont une tâche ingrate, se sacrifiant jours et nuits et sont peu dotés en matériels et logistiques.

Ce qui veut dire que certes le Commissaire a commis une faute ou des fautes, mais on ne peut pas pousser l’ingratitude jusqu’à tout rejeter par rapport à tout ce qu’il a fait pour les populations des Parcelles Assainies et du Sénégal.

Si on le surnomme ‘’Cobra’’, c’est qu’il a empêché les délinquants de dormir.

En somme, nul n’est parfait. Des fautes même graves, on peut en commettre, à tout moment.

Mais, il faudra que la hiérarchie veille au grain pour prendre les mesures qui s’imposent et tourner la page.

Car, entre la Police, la Gendarmerie et les citoyens, il ne peut y avoir que des relations de confiance, d’affection, de solidarité et de respect mutuel.

Et chacun doit travailler à cultiver cela, pour le bien de tous.

Assane Samb

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