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Couverture des risques pour le bétail:Les éleveurs pour une assurance indicielle

L’assurance du bétail reste méconnue pour beaucoup d’éleveurs. C’est ce qui ressort d’une étude sur la perception des éleveurs pastoraux sur l’assurance. Ainsi, dans la zone sylvo-pastorale, ils ont porté leur choix sur une assurance indicielle comparée à l’assurance classique.

Suite aux intempéries de juin 2018 qui ont conduit à la mort de plus de 20 000 bêtes de bétail, des initiatives ont été prises pour faire face à cette perte énorme. C’est ainsi que les autorités en charge ont pensé à une assurance contre ces types de risques. Mais l’assurance classique ne s’adapte pas facilement au mode extensif qui est très mobile et surtout pratiqué dans la zone sylvo-pastorale. De plus, elle ne prend pas en compte de manière efficiente, à cause notamment des couts élevés de vérifications, la couverture des risques covariants liés à la variabilité climatique tels que les pluies hors saison et le manque de pâturage lié au déficit pluviométrique. C’est ainsi qu’une étude sur la perception des éleveurs pastoraux sur l’assurance indicielle bétail au Sénégal, a été partagé lors d’un atelier organisé par l’Initiative prospective agricole et rurale (IPAR). Ladite étude révèle qu’environ 53,6% des ménages considèrent l’insuffisance des pluies comme un choc qu’ils ont subi les 12 derniers mois. Il s’en suit les maladies qui constituent le deuxième choc le plus déclaré, suivi des pauses pluviométriques et ensuite du vol du bétail en quatrième position. En ce qui concerne les stratégies d’adaptation, le lissage de la consommation (vendre des actifs pour garder un niveau moyen de la consommation) est la stratégie qui prévaut le plus car 50% des ménages enquêtés soutiennent que durant les 12 derniers mois, ils ont vendu plus de bétail que d’habitude pour faire face aux choix. On note également que près de 60% n’ont qu’une seule stratégie pour faire face aux chocs et 85% n’ont que deux stratégies, à savoir lisser les actifs ou d’endetter.

Pour les risques à assurer, le déficit pluviométrique reste dans tous les cas de figure le premier risque auquel les éleveurs veulent s’assurer en général. Le vol du bétail vient en deuxième positon suivi des maladies du bétail. En ce qui concerne les connaissances de l’assurance, les éleveurs ne connaissent principalement que l’assurance automobile (87% des éleveurs) et ceux qui ont entendu parlé de l’assurance bétail classique (36%) n’y ont jamais souscrit presque, car seul 1% a déclaré l’avoir au moins acheté une fois. Sur l’appréciation de l’assurance, l’on note que sur son principe de fonctionnement, 80% des éleveurs trouvent que l’assurance est une bonne chose. Toutefois environ 17% des éleveurs ont déclaré avoir beaucoup de confiance aux systèmes des assurances, 39% environ ont assez de confiance, 22% ont peu de confiance et 20% ne souhaite pas se prononcer témoignant une certaine prudence. Les éleveurs ont une fore préférence pour l’assurance indicielle comparée à l’assurance classique. Environ 70% au moins de l’ensemble des participants à l’enquête préfèrent l’assurance indicielle et ce résultat est valable par tous les départements considérés.

Pour les bovins, les consentements à payer varient entre 1700 FCFA environ quand il s’agit d’assurer un seul bovin, et 6500 FCFA environ pour assurer tous les bovins. Pour assurer les 5 bovins les plus importants, les éleveurs sont prêts à débourser environ 4400  FCFA et un peu plus de 4500 FCFA pour avoir une assurance de chaque valeur de 100 000  FCFA de leur troupeau. Pour les caprins, le consentement à payer moyen pour une seule bête est de 1100 FCFA environ alors que pour tout le troupeau il tourne autour de 5800 FCFA.

 NGOYA NDIAYE

 

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