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INNOVATION : A la découverte d’une école de robotique aux Mamelles

Former les plus jeunes au monde de demain. Telle est la mission que s’est fixée Happy coders academy, une école située à Mamelles Aviation.

A l’aide de quatre bananes, Mor Talla, un des formateurs de Happy coders acedmy (école de coding et de robotique pour enfants), nous fait une démonstration. Il prend une carte qui sert d’extension de clavier. Sur l’objet, des flèches directionnelles remplacent les touches d’un ordinateur. Il suffit de relier le câble à la machine et la carte sera de facto connectée avec toutes sortes d’objets. On peut associer cette carte à des fruits, à des dessins, afin de pouvoir la manipuler. Ces objets servent de conducteurs au courant électrique. De plus, il faut qu’un des fils soit également relié au corps. Le but est d’être capable de jouer sur des logiciels tels que scraft. La banane peut donc être utilisée comme support pour ouvrir un fichier ou encore jouer au piano, etc. Les circuits sont ainsi reliés à la carte. A partir des fils branchés sur les bananes, Mor Talla arrive à commander le personnage juste en touchant les fruits. Il manipule donc les bananes comme des touches. Ce genre d’exercices, les élèves de Happy coders academy y sont habitués. C’est en 2015 que cette startup a été créée au Maroc par un Français, une Marocaine et une Sénégalaise. Trois labs existent actuellement dans ces 3 pays. Celui du Sénégal n’a ouvert ses portes qu’en 2018. Mais depuis, au moins une quarantaine d’élèves ont été formés. Et sur l’ensemble des trois écoles, on en compte plus de 5.000. « Le but de l’école, c’est de permettre aux enfants de 4 à 15 ans d’avoir accès à un apprentissage du coding et de la robotique, de les entreprendre à acquérir un certain nombre de skills. On entrevoit déjà le monde de demain, donc le langage du futur. Et l’homme est amené à être entouré de machines pour comprendre ce monde-là, il faut donc le maîtriser. Pour la démarche pédagogique, nous passons par plusieurs applications. Nous sommes donc là pour aider les enfants. On les amène à avoir le reflexe créatif », explique la manager Lab de Happy coders academy Dakar, Annie Ralambo D’oliveira. Le coding et la robotique sont de plus en plus étudiés pour parfaire les connaissances. Les apprendre dès l’enfance est donc un plus. Pour permettre aux enfants d’être à un niveau supérieur, souligne-t-elle, Happy coders academy s’inscrit dans une dynamique avant-gardiste de proposer ces disciplines en Afrique. Les enfants arrivent ainsi à obtenir un certain nombre de compétences à travers des ateliers annuels et des stages momentanés. Les inscrits annuels reçoivent des cours à raison d’une heure par semaine pour les plus petits, voire 1h30 pour les collégiens. « Il y a deux types de cours : l’atelier annuel et les stages pendant les fêtes. De plus, les formations sont spécifiques pour les 4-5 ans. Nous avons un groupe de 4-7 ans, et des sous-groupes de 4-6 ans et 4-5 ans, sans compter les collégiens », précise Annie Ralambo D’oliveira. Selon celle-ci, le système qu’utilise le lab de Dakar est le même pour tous les deux autres. « Nous avons une ligne pédagogique qui dépend de nos trois labs. Ce qui suppose qu’un élève formé à Dakar peut aller poursuivre sa formation à Casablanca ou à Abidjan », fait-elle remarquer. Même si les enfants obtiennent des connaissances à travers les cours, Happy coders academy se propose aussi de les préserver selon leur niveau. « On évite de mettre les enfants entre 4 et 5 ans devant les écrans. Nous préférons les faire jouer avec des robots en leur permettant de déjouer des labyrinthes jusqu’à un certain niveau », indique Annie Ralambo D’oliveira. D’après elle, cette école de coding et de robotique se veut être un moyen de rendre simple le langage des technologies.

SOULEYMANE TOURE, FORMATEUR EN ROBOTIQUE : L’homme qui veut démystifier les robots

Formateur dans plusieurs écoles de la place, Souleymane Touré est un passionné de robots. Son souhait, c’est de voir un jour, le Sénégal sur le toit du monde en matière de technologies.

La main sur le clavier de son ordinateur, il se fait un plaisir de nous montrer ses nombreux projets filmés. Souleymane Touré est un passionné de robots qui enseigne au moins dans cinq écoles supérieures de formation à Dakar. Depuis son enfance passée entre le Sénégal et l’Afrique centrale, son amour pour les robots le poursuit. Curieux, toutes sortes d’objets le fascinaient. Une passion dense se lit à travers les traits de son visage. Dans son parcours, il a fait plus de soixante projets. Souvent, c’est en collaboration avec ses étudiants. Regard perçant, sourire à tout bout de champ. Souleymane a la bougeotte. Il a ce désir ardent de rendre simple, à travers ses explications, la technologie qu’il enseigne, quitte à se répéter ou à donner des exemples. L’homme de 44 ans semble être de ces intellectuels sénégalais conscients de la richesse de leur pays. « Nous sommes dans la bonne voie. Il n’y a pas mal de développeurs au Sénégal, mais le problème, c’est qu’on travaille en individuel. Nous devons plutôt travailler en synergie », explique-t-il. Sa vision est que tous les acteurs liés à la robotique et aux nouvelles technologies doivent s’associer afin d’arriver à développer leurs capacités ainsi que celles de leur pays. « Le Sénégal peut arriver au même niveau que les autres. Pourquoi ne pas être le premier pays industriel en Afrique et même aller jusqu’à talonner la Chine, les Usa, la France ? », estime-t-il. Pour arriver à tout cela, le natif de Bosséabé (Matam) pense que l’aide de l’Etat est primordiale. Sa participation à l’effort collectif que doivent consentir les acteurs pour le développement dénote de son vœu de continuer à former des étudiants intéressés par l’électronique (électronique analogique, électronique embarqué), les cours en architecture des ordinateurs (langage linéaire), entre autres formations qu’ils dispensent. Après avoir fait des études en électronique au Sénégal, puis en Chine, Souleymane prend conscience des différences de niveaux de formation, mais surtout des manquements qu’il y avait dans son pays. Il se donne alors comme défi de contribuer à faire connaître les systèmes embarqués encore appelés Internet des objets. Un domaine qu’il considère important pour l’émergence d’un pays.

Un mini robot dédié aux étudiants
Il n’hésite pas à partager son savoir qu’il veut léguer aux autres. Dans ce sillage, il a créé un mini robot. Il l’a conçu dans le but de montrer à ses étudiants « que rien n’est extraordinaire ». C’est à titre pédagogique qu’il a donc créé cette machine. « Mes propres inventions, je les ai faites dans le cadre de l’enseignement », fait-il savoir. Ce robot fonctionne grâce à des moteurs électroniques qui sont contrôlés par des circuits à partir d’une carte Arduino (technologie qui permet la fabrication des robots). C’est une carte équipée d’un microcontrôleur qui dispose de capteurs sous forme de contacts. Ces derniers permettent d’enclencher la carte qui, par la suite, reçoit des instructions. « C’est un projet qui date de cinq ans, mais c’est toujours au point expérimental parce que je suis tout le temps pris par les cours », dit-il. Posé sur la table, il pointe du doigt le robot qu’il a créé. Quatre petits pneus, des circuits, une carte et des fils s’offrent à notre vue. Avec dépit, il nous informe que c’est par « faute de temps et de financements » qu’il a dû délaisser ce projet. Le temps de se consacrer entièrement à ses propres desseins, Souleymane avoue ne plus l’avoir depuis qu’il a commencé à enseigner en 2007.

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