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Discours dénonciations: Sonko vers un sentiment de dégoût national ?

Il veut le beurre et l’argent du beurre. Et à ce rythme vocabulaire, il risque de perdre même la fermière. L’impôt de Macky versé aux Usa, Petrotim, Mamour Diallo et 94 milliards, aujourd’hui le fer. Qui trop embrasse, … !

A ses débuts, beaucoup de citoyens l’adulaient. Il était un fonctionnaire lanceur d’alerte. A ses risques et périls, il a joué avec la chandelle d’Etat et s’est vu offrir une retraite. Par anticipation. Cette sanction aveugle de l’Etat le propulse au sommet d’une élite dont les circonstances ont joué en sa faveur. Humilié et combattu avec la force d’Etat, il refuse toute compromission et fait face. Il crée « Pastef » les patriotes et tend la main aux électeurs dans une consultation législative qui l’honore d’un siège au Parlement. Et le rouleau compresseur, telle une idée en mouvement, l’élève sur la grille politique. Il sort un livre et se lance dans la campagne présidentielle. Comme chômeur, il donne une sévère raclée au président Macky Sall dans tout Ziguinchor, puis se classe troisième derrière la lourde coalition Idy 2019. Pour dire, le parcours honorifique d’un jeune cadre qui veut « changer le système ». Toutefois, en prenant comme modèle de conquête démocratique du pouvoir la Dénonciation à tout-va, Ousmane Sonko joue, sans le savoir, avec son image. Par ricochet, use et abuse d’une sympathie nationale née de l’injustice administrative dont il était victime. En oubliant le caractère de son électorat composé d’intellectuels et d’étudiants pour la plupart, cette forme de lutte contre le régime Macky Sall est à ajuster. Peut-il s’inspirer d’un Macron en France qui, après un livre, a proposé de véritables solutions avec son mouvement « En marche » ? D’un coup de maître, son programme a séduit l’écrasante majorité de Français qui l’ont plébiscité. Alors, sur les urgences de l’heure, les sénégalais l’attendent pour une thérapie de choc. Le chômage des jeunes, des étudiants qui attendent un an avant d’être orientés, le malaise social, la dégradation des unités hospitalières, la gestion des ressources énergétiques, les difficultés des entreprises privées, les problèmes du monde rural, les trois repas, et la liste n’est pas exhaustive. La réalisation d’un destin présidentiel requiert une intelligence pragmatique et non une effervescence aveugle contre un régime dont celui qui l’incarne est à son dernier mandat. Le leader du Pastef pourra-t-il continuer sur cette lancée, au point de risquer de saturer une démarche connue et approuvée dans les milieux instruits ? L’électorat sénégalais est complexe et multiforme. Ce regard national de l’assiette des demandes, pour être dans le cœur des électeurs pour 2024, ne gagne rien en étant fixe. Il est salutaire pour une gestion saine de nos ressources de veiller aux intérêts des générations à venir, mais l’Etat ne se limite pas au pétrole et au gaz. Sans être complice d’un régime, Sonko peut alléger son discours tout en restant varié et ferme. En faisant peur à Macky Sall et en le menaçant d’emprisonnement, le leader du Pastef devrait lire le discours de Wade dans les années 90 sur la transition démocratique en Afrique. Le Président Wade conseillait aux opposants des régimes en place de « coopérer et en assurant les Présidents qu’il ne leur arrivera rien, s’ils perdent le pouvoir… »

Pape Amadou Gaye

2 Comentaires

  1. C’est quoi ce torchon, vous parlez bien de dégoût, SONKO dénonce des scandales pour informer les Sénégalais.

  2. Pape Amadou Gaye, est ce qu’il doit se taire et laisser faire?

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