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Chef de l’opposition :Tout se joue entre Wade et  Idy

Le statut de Chef de l’opposition, c’est une obligation émanant du peuple à la suite du référendum de 2016. C’est alors une obligation qui s’impose aux autorités étatiques et le retard observé en la matière est un délit continué de violation systématique de la volonté populaire.

Alors, que le Chef de l’Etat décide enfin de concrétiser ce point du référendum, me semble une bonne chose. Cependant, il faudra un décret pour nommer quelqu’un, en vertu de critères qui ne sont guère définis par la loi.

Deux options s’offrent, selon de nombreux experts sur la question : Soit opter pour la majorité parlementaire et, en pareil cas, ce serait le Parti démocratique sénégalais (Pds) et son chef Abdoulaye Wade, ou opter pour la seconde position lors de la dernière présentielle  et, en pareil cas, ce serait Idrissa Seck le leader de Rewmi qui se sera choisi.

Tout se joue, en principe, entre Wade et Idy.

Il y a cependant un piège évident pour l’opposition sénégalaise. Si en effet les 2 milliards annoncés sont confirmés, cela pourrait aboutir non pas à un statut de l’opposition, mais à une guerre de l’opposition.

Voilà une somme colossale qui aiguisera les appétits et fera que le consensus sera difficile sur cette question. Car, en dehors des deux options dont nous avons parlées, il reste évident que seul le consensus à l’issue par exemple du dialogue politique pourrait amortir tous les risques futurs de problèmes sur cette question.

Mais, si l’on commence à avancer une somme d’argent aussi importante, il va de soi que chaque camp important de l’opposition voudra se positionner en revendiquant le poste de Chef.

Or, si l’opposition s’inscrit dans cette dynamique de bataille, elle ne pourra pas se réunir pour de larges coalitions pour les élections locales futures et même législatives.

Les contradictions seront telles que les leaders vont se tourner le dos, se cracher dessus et oublier leurs missions principales et leurs obligations envers les populations.

Déjà, entre le camp de Wade et celui d’Idy, le courant ne passe pas trop. On s’attendait, au sein de la coalition Taxawu Sénégal, que Me Wade qui n’a pas pu participer à la présidentielle, donne un mot d’ordre de vote, ce qu’il n’a pas fait, en  parlant de boycott.

Pis, Wade semble plus se rapprocher d’Ousmane Sonko que d’Idrissa Seck. Et ce dernier semble lui avoir ravi l’électorat mouride de Touba.

Il nous semble donc que le pouvoir cherche, une fois de plus, à exploiter les contradictions qui existent au sein de l’opposition et à en profiter davantage.

Pis encore, le choix porté sur un des prétendants les plus en vue, va susciter incontestablement polémique. Car, l’acte pourrait sembler suspect. La personne désignée par Macky aura ainsi le désavantage d’être suspecté de connivence avec le régime et d’avoir négocié sur le dos du peuple.

Et pourtant, si cela était le cas, ce serait vraiment dommage. Le référendum est une démarche sérieuse. Les points soumis au peuple ont été proposés par la majorité. Et dès lors que le oui l’avait emporté, il n’est plus question de faire de ce point, un enjeu de bataille électorale.

Il y a longtemps que le Sénégal, qui traîne les pieds par rapport à certains de ses voisins, aurait dû concrétiser ce point du référendum. Au Mali par exemple, Soumaïla Cissé bénéficie de ce statut, même s’il y a quelques insatisfactions de sa part.

Tout pour dire que la tâche ne sera pas facile pour le choix de ce Chef de l’opposition qui est trop divisée par un pouvoir qui ne rate aucune occasion de profiter de ses contradictions.

Mais, dans tous les cas, si c’est l’intérêt supérieur du Sénégal qui prime, il ne devrait avoir aucun problème à aboutir à un choix judicieux.

Assane Samb

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