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19e Assises économiques du Meds: Le Cfa au cœur des débats

Garantie de stabilité, martèlent les uns. Frein au développement des pays africains, profitant surtout à la France, rétorquent les autres. Des deux côtés, la question du franc CFA divise et certains estiment qu’il faut sortir du franc CFA, cette monnaie commune à quatorze pays francophones d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique. Le Meds pose le débat et propose des pistes de réflexion, à l’occasion de ses assises économiques annuelles prévues ce jeudi 12 septembre 2019.

 

La polémique monétaire sur le franc CFA agite le continent depuis deux ans, sur la sortie ou le maintien du franc CFA. Ce débat a ressurgi ces derniers mois en raison de la crise internationale liée à la baisse du dollar, notamment dans l’hexagone, en Europe, et de l’aggravation de la crise des migrations, et dans les pays intéressés situés en dehors de l’Europe.

Le Mouvement des entreprises du Sénégal (MEDS) qui tient, ce jeudi 12 septembre, la 19e session de ses assises économiques annuelles, propose des pistes de réflexion.

En atteste le thème de cette année qui porte sur « L’avenir de notre monnaie commune : le franc CFA ».

Les Assises économiques annuelles du Meds, qui visent à réfléchir sur la situation actuelle du franc CFA et son avenir, ambitionne de « définir de nouvelles stratégies’’. Ce, pour faire face efficacement aux défis qui interpellent l’économie nationale et celle du continent africain ».

Boucar Samb, président de la Commission Emploi-Rse-Stratégies et Perspectives du Meds, explique le choix du thème. « Nous sommes partis aujourd’hui du débat public qui a marqué, au cours des deux dernières années, l’avenir du Franc Cfa. Et ceci ne pouvait pas être en marge pour le secteur privé en général et du Meds en particulier. Nous avons senti le besoin d’informer et de communiquer sur cette question car la monnaie est aujourd’hui l’intérêt d’abord de tous les acteurs économiques, les ménages, bref de l’Etat », a-t-il indiqué, dans un entretien accordé à Rewmi Fm.

Le président du comité scientifique du Meds, d’ajouter : «Le secteur privé ne s’est pas prononcé sur la question, bien entendu on comprend pourquoi. Aujourd’hui, il faut savoir que c’est un sujet sensible qui fait le tour du monde, ce qui peut amener certains décideurs à avoir des attitudes et cela peut constituer un frein à l’investissement au Sénégal. C’est pourquoi nous avons besoin de poser le débat et d’entrer. Car on est à une étape ou l’autorité monétaire, la banque centrale, l’UEMOA, parlent d’une monnaie éventuelle : Eco. Il faut aborder le thème avec beaucoup de connaissances techniques et ceux qui doivent en parler doivent être au niveau central », recommande-t-il.

A son avis, il est impérieux de rassurer les investisseurs et donner la bonne information. « Il nous faut, nous secteur privé, avoir le maximum d’informations sur toutes les questions avant d’y aller », conseille-t-il.

Rappelant la crise monétaire et financière au sein de l’Uemoa vers les années 80, il se réjouit du cadre institutionnel et réglementaire qui est solide. « Nous avons résisté à la crise de 2009 qui a affecté les pays occidentaux, avec évidement les accords de Bale. C’est dire qu’aujourd’hui, il ne faut pas qu’on se démarque d’un système qui marche pour un système qui pourrait désarticuler notre monnaie. Nous devons discuter calmement et trouver des pistes de solutions », recommande Samb. En termes plus clairs,  il ne s’agit surtout pas de jeter le bébé CFA avec l’eau du bain.

 

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