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Petrotim: Ngaraaf » ne comprend pas le silence du procureur.

Le président de l’Alliance sauver le Sénégal, Babacar Mbaye Ngaraaf, a été, ce samedi, l’invité du Grand Oral. Sur les ondes de la 97.5 Rewmi Fm, il est revenu sur l’affaire petro-tim, la Libération de Khalifa Ababacar Sall, les retrouvailles Wade-Macky, entre autres sujets d’actualité. Morceaux choisis.

 

L’audition dans l’affaire Petrotim 

Nous avons été entendus en premier parce que nous étions les premiers à porter plainte sur cette affaire Petrotim. Lorsque le Président Abdoulaye Wade avait mis sur la place publique cette affaire, le camp du pouvoir avait préféré installer une polémique autour de cette question pour en faire une affaire entre politiciens. Nous avions dit à l’époque, dans la mesure où il y a une institution compétente en la matière, c’est l’occasion de la saisir pour que la lanterne de nos compatriotes soit éclairée. C’est la raison pour laquelle, à l’époque, nous avions saisi l’Ofnac en 2014. Une enquête a été ouverte et nous avons été auditionnés à plusieurs reprises. Lorsque la question a refait surface avec l’enquête de la BBC, le procureur était saisi du dossier avant de confier l’enquête à la Dic. On a été encore convoqués pour donner notre part de vérité. C’est l’occasion pour moi de dénoncer ce secret de l’instruction qu’on nous objecte à respecter et, malheureusement, on voit après dans la presse tout ce qu’on a dit devant les enquêteurs, et quelquefois même modifié. Je pense que la justice va situer les responsabilités et prendre les sanctions qui s’imposent. Par ailleurs, on a appris que la Dic a terminé son enquête et a remis son rapport au procureur. On ne comprend pas le silence de Serigne Bassirou Gueye depuis que le rapport lui a été remis. Il nous avait habitués, dans de cas pareils, à tenir des conférences de presse. Nous avons aussi appris, à travers la presse, que l’enquête aurait déchargé Alioune Sall sur les accusations relatives à la corruption portant sur 250.000 dollars. Je voudrais préciser ici que nous n’avons jamais accusé Alioune Sall de corruption portant sur 250 milliards versés à Agritrans. Je pense que le procureur ne peut pas décharger Alioune Sall avant d’avoir entendu la journaliste de BBC. Mais, c’est avec beaucoup de surprises et d’interrogations que nous avons appris qu’il aurait déchargé Alioune Sall. La non audition également de certains témoins clés pose problème et nous intrigue. Je veux citer parmi ces témoins l’ancien Président Abdoulaye Wade, Karim Wade, Nafy Ngom Keïta, de même que les inspecteurs Samb et Sarr qui ont rédigé le rapport de l’Ige. Tout cela nous laisse croire que c’était du cinéma. Mais, la vérité finira par éclater un jour ici au Sénégal ou à l’étranger. Mais, nous préférons que le linge sale se lave en famille, c’est-à-dire à l’intérieur du Sénégal.

La grâce présidentielle accordée à Khalifa Ababacar Sall 

Il faut s’en féliciter, même s’il faut condamner la méthode. Khalifa Ababacar Sall ne devrait même pas être en prison. Si on avait appliqué ce qu’on a appliqué à Khalifa Sall à tous les maires qui ont commis les fautes qu’on lui reproche, l’essentiel des maires seraient en prison. Khalifa Ababacar Sall a été ciblé parce qu’on voulait simplement liquider un adversaire politique. On voulait l’empêcher d’être candidat à l’élection présidentielle. Ils sont allés plus loin en lui retirant même le mandat de député que des Sénégalais lui avaient donné, en lui retirant la mairie de Dakar que les dakarois lui avaient donnée. Ce n’est pas normal que les gens, après avoir réglé leur compte politique, libèrent Khalifa Sall. Macky ne devait même pas mettre Khalifa Sall en prison. Et je pense que l’histoire de Khalifa Ababacar Sall doit nous imposer comme enseignement la mobilisation de tous les Sénégalais pour que la justice ne soit pas une arme entre les mains des dirigeants. Depuis Karim Wade, notre justice est devenue une agence de liquidation des adversaires créés. Dans la mesure où Khalifa Ababacar Sall est libéré, on ne peut que s’en féliciter et continuer le combat pour qu’il soit rétabli dans ses droits. Je pense que pour ça, le Président Macky Sall ne devrait pas avoir de difficulté, même si c’est pour des raisons politiques qu’il avait condamné Khalifa Sall. Macky Sall ne va pas briguer un troisième mandat, en tout cas il ne doit pas être candidat en 2024. Donc, il ne devrait pas avoir des difficultés à amnistier Khalifa Ababacar Sall et Karim Wade.

Les retrouvailles Wade-Macky

La veille de l’inauguration de Massalikoul Jinaan, j’ai fait une sortie pour demander au président Sall de saisir cette opportunité que lui offre encore Allah pour se réconcilier avec Abdoulaye Wade, mais également libérer Khalifa Ababacar Sall. Cela pourrait être même un départ pour la décrispation et la concorde nationale. Je disais à l’époque qu’on était en train de fêter une belle victoire de Serigne Touba. J’ai demandé à ce que nos hommes politiques s’inspirent de cet homme de Dieu pour se pardonner. Parce que personne d’entre eux n’a fait à l’autre ce que le « toubab » a fait à Serigne Touba, pourtant il a pardonné. Donc, les retrouvailles, c’est une bonne chose et Wade a beaucoup fait pour Macky. Mais, cela ne veut pas dire que le combat que les gens sont en train de mener pour une gestion sobre et transparente de nos ressources naturelles soit rangé aux oubliettes.

 

90% des alertes viennent du foncier 

Mais qui doit régler le problème du foncier ? C’est le Président Macky Sall lui-même. Il avait engagé des réformes et confié une réflexion à des commissions. Donc, il lui appartient de situer les responsabilités parce qu’il est responsable de cette situation-là. Rien ne l’empêche de dépoussiérer les dossiers ou de remettre au jour les propositions de la commission nationale de réforme foncière et essayer de les remettre en œuvre. Je suis tout à fait d’accord qu’il y a beaucoup de problèmes dans le foncier. Et nous, en ce qui nous concerne à Guédiawaye, nous sommes victimes de ce qu’on appelle un impérialisme foncier. Je suis conseiller à la ville de Guédiawaye et conseiller à Wakhinane. Nous avons voté depuis 2014 un ensemble de projets que nous peinons à exécuter faute de foncier. On nous objecte à chaque fois le caractère classé de la zone des filaos. Paradoxalement, l’Etat n’a aucune difficulté à user de ce littoral-là. La preuve, on a donné aux magistrats un certain nombre d’hectares. Après, ils ont compris que notre combat n’était pas dirigé contre eux, ce que nous combattons c’est cette discrimination. On avait même un problème de cimetière mais, heureusement, on a trouvé solution à cela.

Cheikh Moussa Sarr

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