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Paco Jackson Thiam, président du Mouvement «Sénégal La Gueum» : «Youssou Ndour fera très mal en politique. Mieux vaut l’avoir avec que contre soi…»

L’OBS – On lui reconnaît le courage de ses idées, son franc-parler a fait tâche d’huile sous nos cieux. Très influent dans le milieu du sport et de la musique, il s’est récemment jeté dans la mare politique, son mouvement «Sénégal la Gueum» en bandoulière. C’est donc un Paco Jackson new-look qui s’est prêté au jeu de nos questions. Sa nouvelle vie, son mouvement, le référendum sont abordés, sans détours…

 Votre contentieux avec Cheikh Gadiaga a fait les choux gras de la presse. Il vous a accusé d’user de pratiques mystiques pour tenir en laisse le puissant homme d’affaires, Cheikh Amar, avant de se rétracter devant les enquêteurs…

Pour couper court aux supputations, il a ravalé ses propos, s’est rétracté et excusé. Je pense que ce débat ne fait pas avancer ni vos lecteurs ni le peuple sénégalais. Considérons-le comme faisant partie du passé.

Peut-on s’attendre à ce que vous jouiez les prolongations de cette affaire devant le tribunal ?

Aucune suite. Personnellement, j’ai décidé de me consacrer à l’essentiel et d’éviter les polémiques. D’ailleurs, j’en profite pour remercier mon jeune-frère, Kader Ndiaye, vice-président du groupe Amar Holding, qui s’est battu contre l’injustice et les complots dont j’ai été victime.

Il se dit que depuis lors, Cheikh Amar a donné un coup de balai dans son entourage. Faites-vous partie des rayés de sa liste d’amis ?

J’ai comme l’impression que c’est vous, les journalistes, qui entretenez cette polémique autour de Cheikh Amar…

Vos relations sont-elles toujours au beau-fixe ?

Je n’ai aucun problème avec Cheikh Amar mais, posez-lui toujours la question.

 «Ma nouvelle vie n’est pas compatible avec le showbiz»

 Paco se fait plus rare dans le monde du showbiz. Pourquoi ?

Mes activités actuelles ne sont plus compatibles avec le showbiz, mais cela ne m’empêche pas, si mon temps le permet, d’aller écouter de la musique sénégalaise.

Est-ce à dire que le terrain politique dans lequel vous vous investissez, n’est pas conciliable avec votre ancienne vie d’épicurien ?

A juste raison…

 Parlez-nous de votre mouvement «Sénégal la Gueum» ?

C’est un mouvement de contribution, de surveillance et de soutien, que je mets au service du peuple, spécialement des couches les plus vulnérables. Je pense que chaque citoyen a son mot à dire sur la marche du pays.

Avez-vous des sympathisants ou des adhérents ?

Ma base naturelle, c’est la Médina. J’y suis né, y ai grandi et fait mes humanités. Étant très populaire dans le milieu du sport et de la musique qui constituent un réseau d’influence très puissant, j’ai 10.000 visiteurs chaque jour, sur Facebook. Sant Serigne Saliou rek (je rends grâce) à mon vénéré marabout.

On vous a récemment vu aux côtés de Youssou Ndour, lors d’un meeting pour le référendum du 20 mars dernier. Qu’est-ce qui a motivé votre implication à ces joutes ?

Comme j’aime à le dire, professionnellement, Youssou Ndour est un exemple de réussite pour la jeunesse sénégalaise. Donc, lorsque je considère qu’il défend une cause juste, je n’ai aucun problème à me mettre à ses côtés et me battre pour l’émergence du Sénégal.

Il s’est autoproclamé patron de la ville de Dakar. Êtes-vous d’avis ?

C’est vous que cela étonne, moi guère. C’est lors de la Présidentielle 2012 que j’ai réellement su ce que Youssou Ndour représentait dans le monde, au Sénégal, particulièrement à Dakar. Tous les observateurs avertis sont unanimes quant à son apport et son importance dans la politique sénégalaise. Youssou Ndour a été parmi les premiers à prôner le Oui. Son apport a été des plus déterminants durant la campagne référendaire. Malgré les critiques qu’il a essuyé, il n’a pas rechigné à continuer dans sa lancée. Au final, ça a porté ses fruits.

Il fera très mal, mieux vaut l’avoir avec que contre soi. Demandez à Me Wade…

Le Ministre Abdoulaye Diouf Sarr lui avait répliqué que l’heure n’était pas opportune pour ouvrir ce débat…

Le moment venu, je suis convaincu qu’ils pourront travailler ensemble, en parfaite intelligence.

 Le vote référendaire dépassé, son bilan divise les leaders, chacun se disant plus déterminant durant la campagne. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Je ne sais pas pour les autres, mais à la Médina, El Hadj Malick Sy Souris, Seydou Guèye, Youssou Ndour, Maïmouna Ndoye Seck et le respecté Papa Abdoulaye Seck ont été déterminants et n’ont pas lésiné sur les moyens, pour que triomphe la voix de la démocratie.

Pensez-vous avoir personnellement contribué à renverser la tendance à la Médina, pour que le Oui l’emporte ?

Bien entendu ! Avec l’aide des personnalités que je viens de citer, il m’a été facile d’apporter ma pierre à l’édifice.

Un sentiment de revanche sur Bamba Fall ?

Il faudrait que les gens fassent le distinguo entre un scrutin électif et un vote référendaire. La Constitution renforce les acquis démocratiques, y compris ceux du maire et de la population. Donc, il n’y a aucune revanche à prendre sur mon maire, Bamba Fall. Ce qui m’importe, c’est de l’accompagner à réussir sa mission, au bénéfice des populations de notre localité.

 «L’opposition a voulu transformer un vote référendaire en motion de censure contre Macky Sall»

 En tant que fervent Mouride, comment interprétez-vous l’échec du Oui à Touba ?

Il n’y a d’unanimité nulle part dans le monde. Toutefois, il faut noter que l’opposition a beaucoup parlé d’homosexualité, de laïcité et de déperdition des mœurs. Touba étant une ville religieuse, à mon avis, cela a fait pencher la balance dans le camp du Non. C’est un argumentaire tellement vulgaire, irrévérencieux et mal approprié que je n’ai même pas envie d’en parler. Il faut vraiment être à court d’arguments pour soulever ces points qu’ils sont les seuls à avoir notés, par ailleurs. Et surtout devant les chefs religieux et coutumiers.

Est-ce à dire que l’opposition n’a pas joué franc ?

L’opposition a voulu transformer un vote référendaire en motion de censure contre Macky. Toutefois, cela a été à ses dépens. Macky a démontré que si c’était une élection présidentielle, il aurait battu l’opposition à plates coutures et au premier tour. Que ses leaders arrêtent de déblatérer et qu’ils proposent des programmes alternatifs pour qu’en 2024 Inchallah, quand le Président aura achevé ses deux mandats électifs, pour avoir la chance de gouverner. Mais je pense que si transition devra exister, elle se fera avec une nouvelle vague d’opposants.

 Quid de l’argument du taux d’abstention ?

En 2000 en France, il y a eu un référendum pour passer du septennat au quinquennat, avec un taux d’abstention de presque 70%. Ceux qui agitent le taux d’abstention, faisant toujours référence à la France, n’ont qu’à revoir leurs copies.

 Les échéances législatives sont prévues en 2017. Peut-on s’attendre à vous voir briguer un mandat à l’Assemblée nationale ?

Pour l’instant, mon ambition, c’est, d’accompagner le Président Macky Sall à asseoir une bonne démocratie, le soutenir dans le Pse (Plan Sénégal émergent) et particulièrement, pour les populations de la Médina, Centenaire Gibraltar… Le reste viendra à son heure…

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