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RETARD, DÉFECTUOSITÉ DU MATERIEL… L’Administration transpose ses lacunes dans le forum

  • Date: 11 avril 2016

 L’administration sénégalaise, à l’initiative du président de la République, a organisé, ce week-end, un grand « ndeump » (séance d’exorcisme) pour diagnostiquer ses maux et préparer l’avenir avec sérénité et efficacité. Il s’est agi, selon le président Sall, de s’adapter aux « exigences des citoyens » et de faire preuve de « simplicité », de « disponibilité » et d’ « efficacité ».

Malheureusement, chassez le naturel, il revient au galop. Le forum a enregistré des couacs dignes de notre administration qui, malgré son expérience qui date de l’époque coloniale, reste lourde, archaïque et parfois laxiste du fait des retards de ses pensionnaires et du manque de célérité dans le traitement de certains dossiers.
En effet, les travaux ont été retardés d’une heure trente minutes. Il s’y ajoute une défectuosité du matériel devant servir à la diffusion du film sur l’histoire de l’administration. Des manquements qui ont poussé à bout le Premier ministre, Mahammad Boun Abdallah Dionne. Le patron de l’administration est sorti de ses gongs pour fustiger ces couacs et n’a pas manqué de brandir des menaces : « Je ne peux pas comprendre qu’il y ait des problèmes sur la projection du film qui retrace la vie administrative de notre État. C’est inadmissible, alors que le Président était dans la salle d’attente. En plus, des directeurs n’ont pas assisté à la présentation en plénière de l’étude diagnostique et enquête de satisfaction des usagers, la loi organique relative aux lois de finances, la charte de la déconcentration et le schéma directeur de modernisation de l’Administration. Tous ces manquements ne resteront pas impunis. Il y aura des sanctions », a-t-il laissé entendre.

Il ne pouvait, en effet, en être autrement que durant la séance d’exorcisme pour chasser les démons, que l’administration dérape de cette manière, démontrant qu’elle est toujours envoutée et que ce n’est pas demain la veille pour un changement de taille. Le Pm a perçu cela comme un manque de respect à son égard et à l’égard du président de la République.

Mais, franchement, entre nous, pouvait-on s’attendre à un miracle pendant ces deux jours de réflexions ? Un coup de baguette magique pour changer les choses, « passer de l’administration de commandement (celle du colonisateur) à une administration de développement, celle qui sera adaptée au Plan Sénégal émergent ?

Il faut sans doute saluer l’initiative qui est salutaire, mais, la machine administrative a ses habitudes, réflexes, tares, sources d’immobilisme. Elle est devenue très convoitée au fil des ans, du fait de la précarité de l’emploi dans le privé pour ceux qui arrivent à en trouver. Du coup, certains de ses agents se sont laissé gagner, petit-à-petit, par le confort que procure un statut qui a ses privilèges dont le plus important est la sécurité de l’emploi. À cela, s’ajoute le clientélisme dans la politique de recrutement, les passe-droits, la corruption, le trafic d’influence, la concussion, le poids trop lourd de la tutelle politique, etc.

Certes, l’administration regorge de gens compétents et serviables, mais elle a vieillit. Sa modernisation s’impose. Ses agents ne sont pas tous heureux. À côté des contractuels de l’État qui n’en font pas partie, pullulent des agents de l’administration décentralisée qui ont leurs problèmes liés notamment à la précarité de leurs statuts.

Qui plus est, tous les fonctionnaires n’ont pas les mêmes problèmes. Ceux de l’administration centrale ne sont pas ceux du fisc ou des agents de police et de gendarmerie qui, a côté des actes administratifs qu’ils posent, sont aussi des agents judiciaires. Du coup, ils ont tendance à accueillir les citoyens comme des suspects.

Il faut alors des débats sectoriels, des diagnostics par des experts patentés avant de recueillir les avis des uns et des autres.

Bien sûr, l’autre préoccupation majeure est de savoir si l’on peut faire évoluer les institutions tout en ne travaillant pas à changer les mentalités des hommes qui les animent.

En effet, le problème est moins les institutions que l’homosenegalis dans son éducation, son savoir, son savoir-être et son savoir-faire.

L’École nationale d’administration (Ena) forme des cadres compétents. Il en est de même de toutes les structures de formation et d’encadrement. Il s’y ajoute les nombreux séminaires et ateliers et mise à niveau. Mais, le problème reste notre culture sociétale faite de défauts comme le manque de rigueur, du sens de l’intérêt général, le respect de l’heure, de l’usager, etc. Les mêmes défauts sont observés dans le privé ou beaucoup de gens pensent qu’ils doivent être payés à ne rien faire.

Il faudra alors un travail de longue haleine et le chemin est long.

Assane Samb

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