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« ENTRE 100 ET 150 MILLIONS D’ARMES EN CIRCULATION SUR LE CONTINENT’’ (EXPERT)

L’expert Marc Finaud, conseiller au Centre de politique de sécurité de Genève (Suisse), a relevé, lundi, à Dakar, la difficulté d’une évaluation du nombre d’armes en circulation en Afrique, évoquant des chiffres comprises entre 100 et 150 millions d’unités.

« En Afrique, on estime peut être à plus de 100 à 150 millions, le nombre d’armes en circulation. C’est difficile à savoir parce qu’on peut avoir une production artisanale d’armes et de munitions », a-t-il déclaré.
M. Finaud intervenait au cours d’un atelier portant sur le développement des capacités pour la mise en œuvre efficace du Traité dur le commerce des armes (TCA).
Cette formation, organisée par le Centre de politique de sécurité de Genève dont le Sénégal est membre, propose des cours sur la sécurité pour des fonctionnaires civils et militaires, portant sur l’application du nouveau Traité sur le commerce des armes, afin de le réglementer et de lutter contre le trafic d’armes.
 L’Algérie, le Maroc et l’Egypte « sont les trois principaux pays africains importateurs d’armes. Ils sont ravitaillés par la Chine, l’Ukraine et la Russie », a-t-il indiqué.
« C’est un marché à deux vitesses qui oppose l’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud contre l’Afrique Subsaharienne », a dit M. Finaud, selon qui les importations africaines d’armes ont augmenté de 19% entre 2011 et 2015 par rapport aux cinq années précédentes.
Selon lui, cette augmentation s’explique par le renforcement des mesures sécuritaires, les conflits, le terrorisme, l’insécurité maritime, la croissance économique de certains pays ainsi que l’apparition de nouveaux besoins.
L’Afrique « est un énorme continent et on peut y avoir des ventes avec des contrats licites entre gouvernements, mais dans 80% des cas, on peut retrouver ces armes sur les marchés illicites », note cet expert.
Cette situation s’explique par le fait que les armes « sont détournées, volées, transférées par des intermédiaires corrompus et se retrouvent dans des zones de conflits ou entre les mains de groupes terroristes, et c’est difficile à quantifier on n’arrive pas à avoir de données très précises », a-t-il expliqué.
Il invite à une coopération impliquant l’ensemble des pays concernés, pour que des solutions soient apportées à ce problème, de manière à ce que la société civile, les industries, les importateurs d’armes et les entreprises privées puissent jouer leur rôle en aidant les gouvernements qui ne peuvent seuls lutter contre la prolifération des armes.
Sur un plan global, entre 100 millions et un milliard d’armes de petit calibre se trouvent en circulation à l’échelle du monde, dont les 2/3 entre les mains de privés, a indiqué M. Finaud.
Seul 1/3 de ces armes sont sous le contrôle des forces armées ou de la police, « ce qui rend leur contrôle beaucoup plus difficile », a ajouté le conseiller du Centre de politique de sécurité de Genève.
« Chaque année, 14 milliards de munitions, des balles de révolver aux grenades, sont fabriquées, de quoi tuer la population mondiale deux fois », a-t-il dit.
Les dépenses mondiales militaires, dans le même temps, sont évaluées « à près de 1700 milliards de dollars », avec les Etats-Unis, le Japon et la Chine étant en tête des pays qui dépensent le plus dans ce domaine.
« Au Sénégal, il est difficile d’avoir le nombre d’armes en circulation », a de son côté soutenu le directeur de cabinet du ministre des Forces armées du Sénégal, Demba Diouf.
« Pour le quantifier, il va falloir créer la traçabilité des armes et toutes les nations ont l’obligation de se plier à cette politique », a-t-il dit.

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