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Absence de concertation entre opposition et pouvoir : La gouvernance politique mise à l’épreuvele Mercredi 19 Septembre 2012 à 07:47 | Lu 253 fois
Avec l’annonce de la suppression du Sénat, la classe politique a tenu le peuple en haleine, pendant plusieurs semaines. Or, toute cette énergie propagée aurait pu être économisée, si le dialogue et la concertation entre acteurs politiques, avaient précédé l’annonce de la mesure de suppression.
Aussi loin qu’on remonte le cours de l’histoire politique au Sénégal, il apparait que toutes les fois que la majorité présidentielle et l’opposition se sont affrontées, il y a eu, en amont, absence de dialogue politique. Chaque partie s’arcboutant sur des convictions qu’elle se serait taillée sur mesure. En l’espèce, l’opposition parlementaire qui s’est dressée contre la majorité, hier, à l’Assemblée, est revenue, comme un leitmotiv, sur l’absence de dialogue qui a précédé l’annonce de la suppression du Sénat par le président Macky Sall. Par ce geste, l’opposition a convenu que ce sont les principes sacro saints de la démocratie, en l’occurrence, le dialogue et la concertation qui ont fait défaut dans le projet de loi de suppression du Sénat. Or, en vertu des principes de la gouvernance politique, les populations, comme toujours, sont les principales perdantes dans ces manœuvres de diversion entre l’opposition et le pouvoir. L’on a encore en mémoire les récents évènements dits du M23, motivés, dans le fond, par l’absence de concertation entre acteurs de la scène politique. « On veut nous imposer le ticket présidentiel », s’étaient égosillés l’opposition et les mouvements sociaux, à l’époque. La conséquence, tout le monde s’en souvient : l’embrasement du pays. Les analystes étaient unanimes à reconnaitre que la montée de la spirale de la violence, à l’époque, était motivée par la volonté du peuple de ne plus se laisser imposer, par les politiques, certaines décisions tirées de leurs calculs politiciens. Avec l’annonce de la suppression du Sénat, il est évident que si la concertation des acteurs politiques avait précédé l’annonce de la décision, tout le Sénégal se serait fait l’économie des débats convoqués, aussi bien à l’Assemblée qu’au niveau du Congrès. Et c’est la démocratie sénégalaise qui en sortirait ragaillardie. Comme ce fut le cas en 1996, avec le code électoral consensuel qui avait vu l’implication de tous les acteurs politiques dans sa conception, son élaboration et sa rédaction. C’est donc dire qu’à toutes les étapes du processus démocratique, les maitres mots que sont le dialogue et la concertation doivent être érigés en règle. Il y va de la stabilité sociale, mais aussi, du crédit des institutions. Moussa DIA REWMI QUOTIDIEN Mercredi 19 Septembre 2012 - 07:47
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