Alioune Mbaye Nder : La dure chute d’un «cabotin»

le Mercredi 7 Octobre 2009 à 11:10 | Lu 4350 fois



Alioune Mbaye Nder : La dure chute d’un «cabotin»
Chanteur, danseur et percussionniste Alioune Mbaye Nder, au départ, n’était intéressé que par les drums. C’est ce qui explique que les mélomanes sénégalais ont tardé à le découvrir, d’une part, et de l’autre, ses talents de véritable bête de scène.

Ainsi, s’il n’a connu la consécration qu’en 1999, avec la sortie de "Pansement", son
premier CD, auquel a participé indirectement Manu Dibango, il suscitait déjà de l’intérêt dès 95, quand il a formé le Setsima Group. Un pas de géant sera franchi par la suite. Très conscient du niveau intellectuel et des goûts douteux de bon nombre de ses fans ; le musicien va mettre les bouchées doubles. En l’espace de quatre ans, il produit au moins trois albums que sont «Aduna», «Leneen» et «Aladji».

Alioune Mbaye Nder devint vite très (trop ?) populaire auprès des jeunes avec son Mbalax dansant. Il se fera aider par quelques jeunes prétentieux qui lui feront croire qu’il est aussi doué qu’un Youssou Ndour ou un Thione Seck, alors qu’en réalité, l’enfant de Tivaouane était loin de boxer dans la même catégorie.

Mais Nder le savait au fond de lui-même, malgré les fanfaronnades. Ne disposant pas d’une voix particulièrement originale et belle, ou d’oeuvres de facture musicale indiscutable, à son actif, il mit l’accent sur l’exploitation des refrains faciles. Des refrains à la mode que même des gosses de 5 ans reprennent facilement, à la maison et dans la rue.

On peut en effet ignorer jusqu’au nom d’une chanson de Nder, mais dès que quelqu’un bat le rythme ou qu’un autre chantonne «wonala, wonala…» Ou alors «yaye sama sadiabane», tout le monde reprend l’artiste. Et si on y ajoute de jolis pas de danses inédites et inspirées, qui ne durent jamais trop longtemps pour être copiés ou pour constituer une banale mode, on comprendra facilement le succès du chanteur.

Mais ce succès, est-il toujours d’actualité ? Rien n’est moins sûr.

En effet, depuis l’album "Confiance", sorti en Octobre 2007, personne n’entend presque plus parler de Nder. Du moins en bien, car ce sont seulement ses derniers déboires avec le propriétaire de la maison qu’il avait louée pour sa mère, qui l’avaient ramené sous les feux de l’actualité. Et non ses promesses de rebondir comme envisagé, lorsqu’on sait que le jeune Nder est très limité en création et en inspiration.

Mercredi 7 Octobre 2009 - 11:10




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