Le 1er portail Sénégalais En Afrique Francophone

An 2000: " Mon combat avec Lac 2 s'impose "

le Mardi 29 Janvier 2013 à 17:02 | Lu 760 fois


C'est en slalomant les flaques d'eau ayant envahi des rues de Guinaw Rail, dans la banlieue de Pikine, qu'on a fini par se frayer un chemin qui mène vers la demeure du lutteur An 2000. Trouvé hier dans sa chambre en compagnie d'une bande de copains fêtant la victoire sur Bébé Saloum autour des trois normaux, le sociétaire de l'écurie Jap a réaffirmé sa volonté de défier Lac de Guiers 2 du Walo.


An 2000: " Mon combat avec Lac 2 s'impose "
D’où tirez-vous votre surnom An 2000 ?

An 2000, c’est un surnom qui vient des séances de Mbappattes. Et ce sobriquet est resté. Le fait d’avoir choisi ce surnom s’explique par le fait que c’est en 2000 que j’ai commencé à faire mon apprentissage dans la lutte. J’ai subi l’influence de lutteurs comme Yékini et de l’ancienne gloire, Robert Diouf avec qui je vivais à Joal.

Justement quel rôle Yékini joue-t-il dans vos combats ?

Yékini fait partie de ceux qui m’ont conseillé lors de ce combat. J’ai toujours bénéficié de son assistance. C’est mon grand frère. Et à chaque fois qu’il m’a conseillé, je suis sorti vainqueur de mes duels. La seule fois qu’il ne m’a pas conseillé c’était lors de mon combat perdu contre Garga Mbossé. Je n’ai pas eu le temps de me rendre à Joal du fait que j’étais occupé à préparer le Magal de Touba. On m’appelé pour m’informer que Yékini a esquissé des pas de Bakk pour fêter ma victoire à Joal. Ça m’est allé droit au cœur, et cela ne m’a surpris.

Revenons sur votre victoire face à Bébé Saloum. Comment en êtes-vous arrivé à le battre ?

Je voulais en finir le plus rapidement avec mon adversaire. Mais mon staff m’en a dissuadé en me demandant de ne pas faire dans la précipitation pour ne pas donner l’occasion à mon adversaire de profiter de la moindre erreur de ma part. C’est un combat dont la défaite était bannie de mon vocabulaire. J’ai réussi par un crochet du droit à toucher Bébé Saloum. J’avais même la possibilité de l’achever en lui envoyant un autre coup. Mais j’ai joué la carte de la prudence pour ne pas commettre une erreur qui profiterait à mon adversaire. En fait, j’ai respecté les consignes de mon encadrement pour privilégier ma technique et remporter ce combat.

Comment avez-vous vécu les deux reports qu’a connus le combat ?

Ces deux reports m’ont fait perdre beaucoup d’argent. Il m’est arrivé de revenir des entraînements sans avoir de quoi manger et de me contenter de boire de l’eau avant d’aller au lit. J’ai vu Bébé Saloum conduire un scooter le jour qu’il a déclaré être dans l’incapacité de disputer le combat (le 27 décembre) exigeant un second report. A trois jours de notre combat de ce dimanche, je l’ai encore aperçu sur un scooter. S’il était tombé de son scooter et qu’il se retrouve avec des blessures, ce que je ne souhaite pas, le combat allait connaître un énième report. Il a retardé l’échéance de sa défaite. Mais je n’avais jamais intégré l’idée de perdre ce combat. Je sais que je suis plus outillé que lui sur le plan technique et j’ai plus d’atouts dans la boxe.

Pourquoi avoir réaffirmé l’option de défier Lac 2 au sortir de votre victoire ?

Je veux qu’on me mette aux prises avec Lac de Guiers 2. Mon combat avec le porte étendard de l’écurie Walo s’impose d’autant que je suis venu à bout de Alioune Sèye qui se trouve être celui qui lui a appris à lutter. Je n’en peux plus d’en découdre avec des lutteurs de seconde zone. J’avais même attiré l’attention sur la manière avec laquelle je compte m’y prendre pour mettre fin à l’invincibilité d’alors de Lac 2, en soutenant qu’il suffisait de s’emparer de sa jambe pour y parvenir. Je l’avais dit avant que Eumeu Sène ne réussisse cette prouesse pour lui infliger la première défaite de sa carrière. A défaut de Lac 2 que Gris Bordeaux accepte d’en découdre avec moi pour éviter de connaître une année sabbatique.

Certains spécialistes trouvent que vous êtes prétentieux en réclamant Lac 2 dont le palmarès est de loin meilleur que le tien ?

Son palmarès n’est pas plus étoffé que le mien. Ses derniers combats ne sont sanctionnés que par des matchs nuls et des sans verdicts. J’ai un palmarès riche de douze victoires contre deux défaites seulement. J’ai aussi gagné comme lui le Championnat de lutte avec frappe (Claf). Qu’il accepte que je lui tende la perche pour lui éviter de vivre une année blanche.

En quoi votre passage en Equipe nationale de lutte vous a-t-il été bénéfique ?

J’ai été champion de la Cedeao en 2008 avec l’Equipe nationale du Sénégal. Mon passage dans la Tanière m’a aidé à acquérir une expérience dans la gestion de mes combats. Il n’est pas donné à n’importe qui d’être sélectionné en Equipe nationale. Il y a des fils de lutteurs qui se targuent d’être des champions et qui sont recalés lors des préliminaires. Plusieurs d’entre eux ont eu à subir la loi du plus fort sous l’ombre des arbres du stade Léopold Senghor ou du Cneps sous la supervision de l’arbitre Khalifa Sow. Leur difficulté réside dans la lutte simple qui impose qu’on ne saisit pas le pagne de l’adversaire pour le battre. Si ces fils d’anciennes gloires ve­naient à défendre les couleurs nationales, le Sénégal n’aurait même pas récolté des médailles d’argent (rire).

Amadou Mbodji le Quotidien

Mardi 29 Janvier 2013 - 17:02


Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


 
IMAGE DU JOUR