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Asecna : Le syndrome ‘Air Afrique’ hante le sommeil des travailleurs

le Samedi 3 Novembre 2007 à 11:17 | Lu 2565 fois


Créée pour gérer l’espace aérien de ses pays membres, l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna) traverse une zone de turbulence. Et si on n’y prend garde, ses travailleurs risquent de connaître le même sort que ceux de la défunte compagnie aérienne multinationale ‘Air Afrique’.

Source : Walfadjri


Asecna : Le syndrome ‘Air Afrique’ hante le sommeil des travailleurs
Le syndrome ‘Air Afrique’ hante le sommeil des travailleurs de l'Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna). Par les temps qui courent, c’est le moins qu’on puise dire du côté de l’Avenue Jean Jaurès où se trouve son siège. Et nombreux sont les signes prémonitoires. D’abord, c’est le gouvernement malgache qui annonce la couleur en décidant de sortir du giron de cette agence pour, argumente-t-il, mieux exploiter son espace aérien. En attendant, le pays devra s'acquitter des six mois de préavis exigés par la structure. Autrement dit, le retrait malgache ne peut être effectif qu’au mois de mai de l’année prochaine. ’La relation de Madagascar avec l'Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna) ne joue pas en notre faveur’, annonçait récemment le ministre des Transports et du Tourisme malgache, Julien Laporte Ravelonarivo, pour qui la part de son pays dans le budget alloué par l'Asecna n'est pas suffisante malgré ses conséquentes redevances à l’agence. Dans leur argumentaire, les pouvoirs publics de la grande île jugent insuffisant le budget qui leur est octroyé. Une enveloppe qui n'a pas permis les investissements escomptés. ‘Les redevances seront désormais réorientées vers l'extension et la modernisation des aéroports malgaches’, mentionnait le ministre. La Mauritanie et la République du Congo ont aussi menacé de suivre les pas de Madagascar. Et comme par enchantement, le Sénégal entre dans la danse pour demander une redistribution des cartes. ‘Nous voulons, nous décidons et nous exigerons la redistribution de la gestion de notre espace aérien’, claironnait le ministre des Transports terrestres et des Transports aériens, Farba Senghor qui révèle que le gouvernement va notifier à l’Asecna la dénonciation du contrat particulier qui lie les deux parties. Ce qui sonne comme une volonté de reprendre la gestion technique et commerciale de l’aéroport international de Dakar et des aérodromes nationaux même le Sénégal reste membre à part entière de l’Asecna. En outre, les autorités sénégalaises exigent la répartition équitable des ressources provenant de la gestion de l’espace aérien sénégalais et de la Fir océanique, c’est-à-dire, l’espace aérien dont la gestion est confiée au Sénégal par l’Oaci). S’invitant à ce cocktail déjà explosif, le Syndicat autonome des travailleurs de l’aéronautique (Sta ) a tenu une assemblée générale pour tirer à boulets rouges sur leur direction générale. Le chargé de communication de l’entité, Lucien Mendy, estime que le temps est venu de mettre fin à la cooptation des représentants du personnel aux organes du dialogue social. Une requête que leur direction semble mettre sous le coude depuis des années malgré l’arbitrage de l’inspection du Travail qui leur a donné raison. Pire, annonce-t-il, les agents d’exécution, le tiers du personnel, ne bénéficient plus de couverture médicale malgré leurs cotisations aux institutions de retraite et à la Caisse de sécurité sociale. Autant d’ingrédients qui risquent donc de mener cette agence à la faillite comme le fut la défunte compagnie aérienne panafricaine ‘Air Afrique’ qui a fait un dépôt de bilan en 2002. Un dépôt de bilan consécutif à la situation financière de la compagnie, caractérisée par un endettement de 232 milliards de francs Cfa, un déficit d'exploitation mensuel de 5 milliards, un effectif pléthorique et démobilisé de 4 000 agents. Toutes choses qui ne plaidaient pas pour une continuité de son exploitation. Son impossibilité à payer ses créanciers ainsi que ses salariés et la reprise de ses aéronefs par les loueurs d'avions constituaient également quelques manifestations patentes des difficultés de la multinationale.

Samedi 3 Novembre 2007 - 11:17



 
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