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BIODIVERSITE ET GESTION DES ZONES HUMIDES : Les oiseaux d’eau en quête de nouveaux paradisle Jeudi 15 Janvier 2009 à 09:19 | Lu 1279 fois
Pendant longtemps, les civilisations africaines ont marqué leur évolution par la présence de quelques grands oiseaux qui leur servaient d’emblème mais aussi à orner la cour des rois et des empereurs. Dans la mythologie égyptienne, comme dans les cercles plus récents, des riches et marabouts, certains oiseaux comme l’aigle, le pélican ou le perroquet ont eu une place assez importante dans la cour. Mythe ou signe d’opulence d’un genre nouveau, que reste-t-il de tous ces mythes pour les enfants d’Afrique ? Que représente l’oiseau pour le jeune d’aujourd’hui ?
Source : Sud Quotidien Enfant ou adolescent, s’il leur arrive des fois, de passer à côté d’un pigeon rônier, d’une sterne, d’un tisserin, pour eux, les oiseaux sont les mêmes partout. L’enfant africain surtout celui de la ville ignore tout de la vie et de la place d’un oiseau dans la société. A quoi sert-il d’ailleurs de lui conter, ou de lui rappeler que certaines espèces sont aujourd’hui en voie de disparition s’ils n’ont pas été exterminés par l’homme. On peut citer les cas du francolin commun, du grand calao d’Abyssinie qu’on ne trouve plus que dans les parcs, pour les besoins de l’exotisme. Aujourd’hui, grand ou petit, l’Africain ne fait aucune différence entre un oiseau de marais, de fleuve, ou d’une forêt primaire ou d’une savane arborée. D’ailleurs, quelle est la relation et le regard de l’enfant africain d’aujourd’hui sur les oiseaux ? Pour dire qu’il lui est bien difficile de reconnaître l’utilité d’une pintade en dehors d’un plat rôti. Le canard ne l’intéresse point ; l’albatros est loin de son univers virtuel. Il ferait d’ailleurs fuir nombre d’enfants. Alors que dire donc des oiseaux d’eau propres au terroir villageois de la Casamance, du delta du Saloum, des berges de la Gambie et de la vallée du Sénégal ? Ils ont noms : pélican, sterne, bécasseau, barge, mouette, cormoran, qui sont encore vus dans les zones humides et au niveau du littoral ? Et pourtant, touts petits, nombre de jeunes africains pouvaient citer tous les noms africains, des oiseaux d’eau douce, de marais ou de la savane qui passaient au cours de leur migration ou sur le chemin de la recherche de la pitance pour les poussins. Aujourd’hui, le seul oiseau que connaissent les enfants d’Afrique pour l’essentiel se résume au poulet. Or, en Afrique, il existe pourtant nombre d’espèces d’oiseaux qui jouent un rôle important dans la construction de nos économies. Pigeons, sternes ou encore cormorans, la plupart sont des indicateurs de changements climatiques, de présence de richesse en mer ou sur terre. Entre 2002 et 2004, les différents dénombrements qui ont été effectués ont montré qu’un total de 262 espèces d’oiseaux avaient été recensées sur la période. Parmi les plus importantes, on peut retenir les Grèbes, les pélicans, le cormoran, le héron, la cigogne, l’ibis, les flamants entre autres. Mais, au-delà des constats d’experts, que reste-t-il aujourd’hui de toutes ces espèces ? Pour répondre à cette question, des acteurs de la recherche, accompagnés par l’Ong international Wetlands International se sont lancés depuis quelques années à faire une opération de dénombrement des oiseaux d’eau douce. L’opération de lancement de la campagne 2009 a démarré ce jeudi 15 janvier. La Journée du 15 janvier, note Wetlands, est ainsi « une occasion pour prendre connaissance des effectifs d de populations d’oiseaux d’eau en Afrique et dans le reste du monde dans la plupart des zones humides… » L’ong de révéler ainsi dans son rapport sur l’état de la conservation des oiseaux publié en 2008, que « 41% des espèces d’oiseau d’eau sont en déclin ». Un signal d’alarme qui s’appuie sur le fait que selon elle, « 19 espèces parmi les oiseaux d’eau douce sont aujourd’hui classées globalement menacées… » Menaces sur des sites d’importance internationale Dans leur évolution, les oiseaux migrateurs qui viennent en Afrique pendant l’hiver, ont vu leur espace se réduire dans certaines zones à cause des changements climatiques, de certaines maladies comme le grippe aviaire due à la forte concentration sur les rares espaces de partage des ressources naturelles. Le bassin du Lac Tchad qui fait partie avec le parc national du Banc d’Arguin en Mauritanie, le parc national du Djoudj au Sénégal, des zones humides qui reçoivent le nombre le plus important d’oiseaux en Afrique de l’ouest et du centre, a perdu une bonne partie de ses réserves d’eau en l’espace de 25 ans, passant de 25.000 à environ 2500 km2, soit 10 % de son ancienne superficie. Et au niveau de la Communauté du Bassin du Lac Tchad qui est composé du Cameroun, du Niger, du Nigeria et du Tchad, on craint pour les années à venir, que cette surface ne soit réduite à moins de 2000 km2. Rappelons que cet espace faire vivre aujourd’hui quelque 20 millions de personnes entre les quatre pays et autant d’espèces animales dont les oiseaux. Aujourd’hui, nombre d’espèces d’oiseaux d’eau douce, ont ainsi choisi de migrer vers le delta du Niger. Ainsi, si on trouve beaucoup d’espèces d’oiseaux propres à ces espaces ou en migration, on ne peut remarquer, selon les rapports sur les dénombrements des espèces d’oiseaux, la disparition d’espèces comme la poule d’eau de certains marais et zone de rivières. Pour le cas du Sénégal, la région de Dakar, qui compte marais, Niayes, souffre aujourd’hui, de la menace qui pèse sur l’occupation d’espaces réservés naguère aux oiseaux d’eau comme sur la corniche et la Niaye. Si dans le document publié par Cheikh Amala Diagana et Tim Dodman, sur les « Effectifs et Distribution des oiseaux d’eau en Afrique 2002-2004 », il a été avancé que la région de Dakar comptait quelque 2932 oiseaux d’eau, dénombrés dans certains sites de grande diversité comme les Niayes de Hann et de Pikine, (1506 espèces sur 101 espèces), on peut se poser la question sur l’état réel de la situation d’aujourd’hui. Que reste-t-il encore de l’effectif recensé de goéland railleurs, de la barge à queue noire, des bécasseaux cocorli, et de la sarcelle à oreillons ? Il est presque sûr que les espèces se raréfient au niveau de la région de Dakar. Et cela même au niveau du parc paysager de Cambérène, un domaine qui manque de moyens pour renouveler ou conserver ses belles espèces de palmiers à huile, les seules encore présentes au niveau de la ville de Dakar qui produisent des régimes. Dans un tel contexte, que dire encore de la disparition de la partie terrestre du parc des îles de la Madeleine réservé au béton et aux immeubles de prestige. Au business pour dire…Le « massacre » n’a plus de nom… Avec sa politique de prestige sans « intelligence », le président Abdoulaye Wade qui a sans doute oublié le nom de tous les oiseaux qu’il a vus ou rencontrés au cours de son enfance sur le chemin des champs, a choisi de rayer certaines zones humides comme la Niaye de la carte de la région de Dakar. Cela, pour faire une autoroute à péage, une nouvelle corniche etc. Et pourtant, l’homme n’hésite pas souvent à donner à ceux qui lui rendent visite, (fussent-ils des spécialistes) des cours d’environnement et de gestion des ressources naturelles. Mais que veut dire l’environnement pour M. Le président ? Voilà donc tout l’enjeu de l’exercice de dénombrement des oiseaux d’eau au Sénégal. Et au-delà des parcs nationaux somme toute protégés, il reste que le premier indicateur, sera les petites poches d’humidité au sein des villes où la raréfaction de certaines espèces habituées à nicher à l’intérieur, permettra de constater ce déclin dont parle Wetlands International dans son rapport 2008. Jeudi 15 Janvier 2009 - 09:19
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