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Babacar diop, président du comité d'organisation des journées de la chambre de commerce « Pour gérer un aéroport, il suffit de recruter parmi les jeunes opérationnels… »

Les journées promotionnelles de la Chambre de commerce d'industrie et d'agriculture de Dakar (Cciad) ont vécu. L'heure est au bilan. Si les autorités attendent des opérateurs économiques une participation active pour la réussite de la Grande offensive agricole pour la nourriture et l'abondance (Goana), ces derniers veulent plus de prérogatives pour la Chambre de commerce. Président du comité d'organisation de cet événement, Babacar Diop, revient en fond sur les nouvelles ambitions de la chambre consulaire qui, après 120 ans d'expérience, doit faire face à de nouveaux défis.

Source : sudonline


Babacar diop, président du comité d'organisation des journées de la chambre de commerce « Pour gérer un aéroport, il suffit de recruter parmi les jeunes opérationnels… »
Quel bilan pouvez-vous tirer au terme des journées promotionnelles de la Chambre de commerce ?

C'est un bilan satisfaisant. Nous avons initié ces journées pour rendre visible ce que fait l'institution. Quand j'y ai pris fonction, je me suis rendu compte beaucoup des actions de la chambre de commerce n'étaient pas connus par le grand public notamment les opérateurs économiques. C'est ainsi que le président Mamadou Lamine Niang m'avait chargé de penser à cela. Ces journées nous ont permis de faire visiter toutes les composantes de la chambre de commerce. Nous avons également débattu autour de thèmes d'actualité ayant trait à la vie économique du Sénégal. L'un des objectifs était de montrer que les opérateurs économiques, en rapport avec la chambre de commerce, peuvent prendre certains leviers économiques du pays. Si vous allez en France, certains aéroports, parking et autres sont gérés par les chambres de commerce. Donc, quand on dit chambre de commerce, c'est l'institution mais également les opérateurs économiques qui, à travers la chambre consulaire peuvent gérer ces ouvrages. C'est l'objet de notre réflexion de ces deux jours pour que demain nous pourrons nous positionner sur tout ce qui se fait. Par exemple, pour le cas du Cices, rien ne nous empêche de nous positionner en cas de privatisation pour le gérer au nom du secteur privé. Il y'a l'autoroute à péage qui vient. Il faut qu'ensemble avec les opérateurs économiques qu'on essaye de faire tout pour s'approprier cela en achetant des actions au lieu que d'autres viennent de l'étranger et les prennent. Aujourd'hui, la chambre de commerce veut amener tous les opérateurs à avoir l'esprit d'initiative pour participer au développement du pays à travers l'actionnariat populaire et prendre part dans ces privatisations. Nous avons créé ce qu'on appelle l'observatoire économique qui, avec des jeunes économistes, nous allons pouvoir donner tous les deux à trois mois les chiffres clés sur la population, les investissements. Ce qui pourra permettre de faire une analyse économique correcte.

Est-ce que réellement la chambre de commerce a la capacité technique et financière pour gérer des projets d'une telle envergure ?

La capacité technique et financière sont des choses qu'on peut trouver. Nous, notre budget n'est pas grand. Il tourne aux environs de 800 millions de F Cfa où l'État participe pour un peu moins de 10%. C'est la volonté et l'esprit d'initiative qui soulèvent des montagnes mais non l'argent. Il y'a beaucoup de jeunes qui sortent des écoles de formation. Pour gérer un aéroport et faire des recettes, il suffit de recruter parmi ces jeunes opérationnels et leur mettre sous la direction d'une personne qui a les compétences et la chambre de commerce sera au déçu de tout ça. En ce moment, c'est l'esprit d'initiative et d'organisation qui est important. Si vous avez des idées, vous pouvez avoir de l'argent. Comme le dit souvent M. le Président de la république : « l'argent existe, il est quelque part ».

A travers ces journées, on a senti que la chambre de commerce a revu ses ambitions à la hausse en demandant l'élargissement de ses prérogatives. Est-ce qu'il y'a une stratégie spécialement développée dans ce sens ?

Bien sûr ! Comme l'avait dit le président de la Chambre de commerce dans son discours, on est dans un réseau de chambres consulaires. Tout ce que nous avons créé, c'est-à-dire, l'observatoire, l'espace économique et consort, c'est dans le réseau qu'on l'a fait. Ce réseau est prêt à nous soutenir. Je vous ai dit qu'en Europe, il y'a des chambres de commerce qui gèrent des aéroports, si nous voulons faire la même chose, il faut qu'on y aille en partenariat avec ces gens qui nous donnent des indications, des voies et moyens pour pouvoir arriver à cela. Ces mêmes chambres de commerce européennes nous ont confié qu'elles étaient parties de rien et pourtant aujourd'hui, elles parviennent à gérer des aéroports. Pour notre ambition, c'est tout à fait normal qu'elle soit revue à la hausse parce que moi je ne crois qu'aux hommes et que l'argent n'est que quelque chose d'accessoire.

Ce qui veut dire que, après plus d'un siècle d'existence, la chambre de commerce va pas continuer dans son carcan habituel ?

Les journées promotionnelles qu'on vient d'organiser vont tout changer. Maintenant, nous allons vers les populations pour mieux les sensibiliser et les imprégner sur les activités économiques. On vient d'ouvrir une antenne à Rufisque qui prend en charge les opérateurs économiques de cette ville. A partir de cela, nous voulions faire savoir à l'autorité que la chambre de commerce à changer ; que la chambre de commerce va être comme les grandes chambres de commerce. Nous sommes l'une des chambres de commerce les plus grandes d'Afrique et maintenant que le monde à changer, on ne peut plus être statique. Au moment où le gouvernement lance des initiatives importantes et demande un Partenariat public-privé, bien que la chambre de commerce soit une structure publique, sa mission est de fédérer les énergies de tous les opérateurs économiques. En s'engageant dans la gestion des grandes infrastructures, nous pouvons demander à d'autres opérateurs qui ont les moyens, d'y adhérer parce qu'ils savent que la chambre de commerce y est une garantie. Pour l'autoroute à péage, par exemple, si c'est la chambre de commerce qui est au centre, les opérateurs économiques se diront qu'il y'aura quelqu'un qui va leur expliquer et les accompagner. Ce qui est le rôle de la chambre de commerce qui n'est pas la participation en tant que telle pour gagner de l'argent mais de drainer tous ceux qui sont derrière elle vers des opérations de développement.

Dans ce nouvel élan, quelles sont les ambitions de la chambre de commerce pour le secteur informel ?

Vous avez vu que nous avons impliqué le secteur informel dans nos journées promotionnelles. Il faut leur dire que c'est bon de vendre sur tel endroit mais demain est ce que vous ne pouvez pas gagner plus en exploitant la terre. Il y'a eu des réflexions autour de cette question pendant notre manifestation. Les gens ont parlé d'aménagement en citant les parcelles assainies comme exemple de bon lotissement. C'est ce que nous demande, la Sodida. On a mis des parcelles, des routes pour les industriels et les entreprises mais aujourd'hui, ce que nous allons dire à l'État, c'est maintenant que nous avons les commerçants, les jeunes ambulants, nous allons aménager des terres. Si on nous l'accorde, nous pouvons aller trouver des financements, aménager des terres mettre les tuyaux d'arriver, drainer de l'eau pour permettre aux jeunes d'exploiter. Nous allons les encadrer en les mettant avec des États comme l'Arabie Saoudite ou le roi à donner l'ordre d'aller vers l'Afrique et ailleurs pour voir les gens qui ont des potentialités dans la culture de riz, de les aider de les appuyer pour que ces gens-là puissent avoir de quoi consommer et le reste l'Arabie Saoudite va l'acheter. Moi-même j'ai signé un partenariat avec des gens qui vont bientôt venir pour étudier les possibilités d'investir. C'est de cette manière qu'on va pouvoir aider les jeunes. On va penser à la création de parking public, de domaines où on peut faire de petits cafés qu'on louerait à des gens qui vont l'exploiter et créer des emplois. Nous avons beaucoup d'idée et si l'État nous permet, nous pourrons les réaliser et intéresser les opérateurs économiques.

Quelles solutions préconise la Chambre de commerce face au fort taux de mortalité des Petites et moyennes entreprises ?

Ce problème existe parce que l'entreprise n'est pas quelque chose de simple. C'est pourquoi la chambre de commerce met l'accent sur l'encadrement. On ne doit pas se dire qu'on créé une entreprise et qu'on doit être riche demain. L'entreprise ce n'est une course de vitesse mais une course de fond. C'est vrai qu'il faut vivre et se faire des revenues mais il faut avoir l'idée que : quand on créé une entreprise, qu'on va créer des richesses, des emplois, faire sa part du développement. Avec cette idée, c'est sûr qu'on ne va pas disparaître de sitôt. D'abord, il faut savoir ce que l'on veut faire puis aller à la chambre de commerce pour acquérir le maximum d'informations, demander la possibilité d'avoir des partenaires et vous former. Ce qui va vous permettre de faire des chiffres d'affaires de votre dimension mais ne pas chercher tout de suite à dire que maintenant je suis quelqu'un, je vais me chercher une 4X4, voyager en classe business. L'objectif, c'est de se dire, je vais vivre et je vais faire vivre d'autres personnes. Avec cette idée, il y'aura moins de mort-né au niveau des Pme. Dans la formation que nous donnons aux gens qui viennent à la chambre de commerce, on essaye d'inculquer l'esprit d'entreprise. Il ne faut pas aussi perdre de vue que l'entreprise c'est les difficultés. Chaque fois qu'on est en face de ces difficultés, il faut trouver les moyens parce que rien n'est impossible surtout quand on voit ce qui se passe dans les pays développés.

Mardi 01 Juillet 2008 - 12:17
Mardi 01 Juillet 2008 - 12:25
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