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Bien qu'elle n'a jamais conduit une voiture, Daniela croule sous les PVle Mercredi 19 Septembre 2012 à 12:13 | Lu 634 fois
Daniela n'a jamais eu de permis de conduire. Elle n'a même jamais tenu un volant de sa vie. Depuis trois ans, elle est pourtant assaillie de PV pour excès de vitesse et l'administration persiste à lui demander 3000 euros.
Daniela A. n'a jamais eu son permis de conduire et n'a jamais tenu un volant de sa vie. Pourtant, depuis trois ans, elle est assaillie de PV pour excès de vitesse et ne cesse de se voir retirer des points qu'elle n'a pas! Son tort: se prénommer Daniela et porter le même nom que celui qui s'appelle Daniel et qui multiplie les infractions routières à Toulouse, où il réside. Par un tour de passe-passe dont seule l'administration a le secret, tous les procès-verbaux atterrissent à l'adresse de Daniela en Seine-Saint-Denis.
«C'est une grossière erreur informatique», répète-t-on à cette non-conductrice tantôt au commissariat, où l'on a d'ailleurs refusé sa plainte, tantôt au sein des services de la préfecture de son département. Une erreur donc, bel et bien admise, mais qui n'empêche pas Daniela de se voir réclamer aujourd'hui par l'administration la somme de 2956 euros. Une saisie bancaire qui pourrait aboutir à une saisie sur salaire si elle ne paie pas. «Cette histoire est un scandale de plus. Le système génère trop de situations de ce genre», s'insurge Daniel Merlet, le responsable de l'Andevi (l'Association nationale de défense des victimes d'injustices), cette structure qui se charge de ces affaires ubuesques, de plus en plus nombreuses. Daniel Merlet poursuit: «Une fois en marche, la machine administrative ne parvient pas à s'arrêter.» Pourtant, elle aurait dû très vite se retourner contre le véritable auteur des écarts sur la route. Dès 2009 et préoccupée par ces PV, Daniela en effet a arpenté les couloirs de toutes les administrations concernées pour signaler la méprise et fournir tous les justificatifs possibles. Elle finit par se procurer auprès de la préfecture de son département l'historique de son soi-disant parcours de chauffard. Un document édifiant: le nom de Daniel A. y figure en toutes lettres avec son son adresse à Toulouse. Celui d'un homme donc. Daniela s'étrangle au guichet et lance: «Et moi, je suis une femme!» Mais cette preuve imparable semble toujours insuffisante pour l'administration qui lui réclame les 3000 euros. «Nous allons demander des comptes à la préfecture de Seine-Saint-Denis», indique Daniel Merlet qui s'y rend dès ce mercredi. Après avoir frappé à la porte de Beauvau, il sera reçu le même jour dans la soirée au ministère de l'Intérieur. «Trop d'automobilistes sont victimes d'erreurs qui, au lieu d'être prises en compte, perdurent et font vivre un enfer à bien des gens. Il faut que cela cesse», dit-il. LeFigaro.fr Mercredi 19 Septembre 2012 - 12:13
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