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Biennale de Dakar : Les T. shirts «Y EN A MARRE» de la fête

Dakar est tellement calme, le dimanche, que l’on se demande s’il s’agit bien de la même grouillante habituelle où les voitures et les colporteurs disputent l’espace aux hommes, où les coups d’épaule et les coups de gueule se substituent aux échanges conviviaux, marque de fabrique de la fameuse « téranga » sénégalaise. Cela incite à une petite promenade dominicale placée sous le signe de l’art. Biennale oblige ! La capitale sénégalaise est pleine de surprises, comme par exemple rencontrer un troupeau de moutons sur l’Avenue Léopold Sédar SENGHOR, pratiquement, devant le siège du Sénat et à moins de cinquante mètres du Palais de la République. Pas une dizaine de moutons, mais un vrai troupeau. Inattendu, mais pittoresque et bucolique, à souhait. Après tout, c’est la Biennale ! A « Dak’art », durant cette séquence temporelle dédiée aux arts visuels, tout est permis. Pourvu que l’art s’y retrouve.

L’esplanade de l’Hôtel de Ville est dans le tempo de la fête : une grande exposition qui se dévoile parcimonieusement, à travers les grilles de protection, en attendant le vernissage et l’ouverture au public ! Il y est question, semble-t-il, d’un Festival Miroir de Dakar. Descente vers la Gare devenue « Village de la Biennale ». Le podium, la sono et le tapis rouge, recouvrant un long praticable, indiquent que la nuit a été rythmée par de la belle musique-certainement. Et par un défilé de mode, avec des mannequins aux jambes de rêve mettant en valeur des modèles affriolants, sortis de l’imagination créative de nos stylistes de choc. Dans le hall de la Gare, Monument historique, l’un des fleurons de notre patrimoine historique bâti, le design redonne au lieu une vie toute différente de sa vocation première. Il n’est ici, question ni de supplétifs, appelés « Tirailleurs sénégalais », débarquant de l’hinterland de l’ex-A.O.F pour embarquer dans les bateaux les menant au front d’une guerre qui n’était pas la leur. Ni de voyageurs surchargés de bagages et ivres de palabres et d’exclamations nerveuses ponctuées par le sifflet strident et intempestif d’un chef de gare pressé. C’est l’espace du design, le temps d’une biennale. Des choses simples qui peuplent notre quotidien. Depuis le mobilier urbain, la poussette du vendeur de café, les emballages et autres canettes, les latrines, eh ! Oui, c’est aussi notre quotidien, jusqu’au T shirt/ trac : Y EN A MARRE s’affiche là en toutes lettres. On appelle cela le design people qui revêt une dimension politique assumée. L’art est aussi subversif. Mais c’est la brésilienne Maria Muniz qui attire et séduit avec ses tissages qu’elle a « préféré aux pinceaux, parce que cela vient d’Afrique et parce qu’on tisse avec la main et avec le cœur » ! Les dogons soutiennent que ce n’est pas l’entrelacement des fils qui crée le pagne, mais la parole de l’homme qui tisse ! Maria intègre harmonieusement cet environnement physique et mythique de l’Afrique mère dans cette gare située dans le Marché malien, avec ses Bogolans et ses Kosso, ses ceintures de perle multicolores et suggestives, ses couleurs et senteurs qui transportent ailleurs.

Seyba Lamine Traoré

REWMI QUOTIDIEN

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