Je n’ai demandé, ni conseils, ni avis de quelques frères, alliés, parents ou conjoint.
Quand l’heure est grave, se taire quand on a quelque chose à dire est une abdication devant la fatalité.
Depuis quelques jours, la tension est en train de monter dans le pays, à cause de la décision prise par le nouveau Gouvernement de confisquer les voitures que Me WADE a achetées en son nom soit pour les offrir à différentes personnalités et structures du pays (Chefs Religieux, partis ou mouvements divers), soit pour les allouer, au nom de l’Etat, à des Chefs de village pour tenir lieu de voitures de fonction.
Cette mesure intervenant à la veille du démarrage de la campagne électorale des législatives, a, naturellement, été interprétée comme une volonté de priver le PDS de ses moyens d’action, afin de l’empêcher de participer à la campagne et d’obtenir dans la nouvelle Assemblée Nationale, une représentation importante.
Cette situation a donné naissance à une escalade verbale et à des comportements qui auraient pu dégénérer.
Dieu merci, les choses semblent bien évoluer, puisqu’un premier lot de 3 véhicules a été restitué, ce qui ne représente qu’un très faible pourcentage du parc immobilisé. Il n’empêche qu’un geste a été fait. Il faut le saluer.
Les actions de riposte qui étaient prévues le Mercredi 13 Juin 2012 à la Place de l’Obélisque viennent, semble-t-il, d’être suspendues. Il faut, également, saluer ce geste. C’est la preuve que, d’un côté comme de l’autre, existe une volonté de ne pas envenimer les choses. Il faut s’en féliciter, parce la paix civile n’a pas de prix et que le Sénégal n’a besoin ni de se donner en spectacle devant le monde entier, ni de tension sociale au lendemain de la 2ème Alternance exemplaire saluée par le monde entier comme un modèle du genre.
C’est pourquoi, je lance un appel à tous les Khalifes Généraux, au Grand Serigne de Dakar, à tous les autres Chefs Religieux, ainsi qu’à toutes les personnes de bonne volonté (Leaders économiques, sociaux, culturels, citoyens), pour qu’ils mettent à profit cette relative éclaircie, pour prendre leur bâton de pèlerin, afin d’aider à résoudre les contentieux encore pendants, dans un esprit de paix et de respect mutuel, en se fondant sur le droit, la justice, l’égalité de tous les citoyens et le rejet de toute forme de discrimination.
Qu’on me comprenne bien ! Il ne s’agit pas de contester les audits.
L’Alternance en avait organisé 30 au lendemain de sa prise de pouvoir, sur lesquels 10 avaient été abandonnés et 20 déférés à la Justice, sans aucune suite véritable, pour ne pas plonger le pays dans un climat de revanche, en le transformant en un vaste bagne. Il ne s’agit, donc, pas d’une démarche nouvelle.
Etaient concernées, les entreprises, sociétés et services suivants : la SODEVA, la SODIDA, la LONASE, Le SOLEIL, l’IPRES, la SN-HLM, la SODEFITEX, divers agents du Trésor Public et des TP, La Poste, les accords de pêche, la SICAP, le PDIS, les ICS, le FPE, la SONAPAD, la Caisse de Sécurité Sociale, etc., etc.
Le travail d’audit avait été confié à des cabinets privés, après un appel d’offres qui avait permis de procéder à un choix indiscutable.
Si la même procédure avait été suivie et si toute la période allant, au moins, de 2000 à Mars 2012, avait été prise en compte et les principes du droit respectés, personne n’aurait trouvé à redire.
Il n’est pas trop tard pour corriger, parce que l’audit est un simple outil de gestion. Il ne présage pas d’une culpabilité préétablie. Il permet simplement d’avoir un état des lieux, à condition que les personnes auditées le soient dans les règles définies par la Constitution, les lois et règlements de la République.
Pour ce qui concerne la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite, sans que son utilité soit remise en cause, la démarche qu’elle implique suscite d’interminables contestations et choque les spécialistes du Droit.
Pourquoi, ne pas remettre simplement les textes qui sont à l’envers à l’endroit, de manière que les choses se passent dans le respect du droit et des droits de toute personne humaine incriminée, en veillant à ce qu’aucun battage médiatique malveillant et rancunier n’anticipe les résultats des investigations qui seront entreprises, à cause de la présomption d’innocence si importante dans tout pays de droit.
N’est-il pas possible, sur la base de ces quelques idées, de chercher une solution sans vainqueur, ni vaincu, pour le seul intérêt du peuple sénégalais ?
Dans le même état d’esprit, il ne me parait pas heureux que l’ancien Gouvernement ait quelques problèmes que ce soit avec une organisation de la société civile aussi représentative et aussi équilibrée que le Forum civil.
Pour avoir entendu le jugement sympathique que Me Abdoulaye WADE a tenu sur Me Félix SOW, lorsque son ONG œuvrait avec les syndicats, pour dénouer la crise scolaire et universitaire, je ne souhaite pas que les déclarations qui ont été faites, ici et là, ne se règlent que devant le Prétoire.
Là aussi, une bonne intermédiation devrait permettre de s’asseoir, de tout mettre sur la table et d’échanger des informations au seul profit de l’intérêt supérieur de la nation, sans que cela n’empêche l’Etat d’exercer, en cas de besoin, ses fonctions d’investigation et de contrôle, parce qu’il s’agit de l’intérêt supérieur de la nation.
Le Forum Civil a montré, au cours de ces dernières années, son esprit de responsabilité, d’équilibre et de mesure, sans que cela n’altère jamais le respect des principes qui fondent et justifient son existence.
Cette attitude mérite, à mon humble, avis le respect.
Voilà pourquoi, tout en réaffirmant mon ancrage dans l’opposition, je lance un appel à tous, pour que la belle image que nous avons donnée au monde soit, une nouvelle fois, consolidée par une campagne électorale apaisée et des élections libres, justes, démocratiques, transparentes sereines, dans le respect mutuel, afin que le peuple souverain puisse exprimer librement ses choix, de sorte qu’au soir du 1e Juillet 2012, il donne une nouvelle leçon de démocratie pacifique au reste du monde.
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