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CHEIKH EL HADJI MALICK SY ET LA TIJANIYA: Une force tranquille pour la perpétuation d’un singulier destin

L’œuvre de Cheikh Omar al-Foutiyou Tall a permis une large expansion de la Tijaniyya dans toute l’Afrique occidentale. C’est par son biais, en passant par Cheikh Al-Fahim Yoro que Seydi El Hadji Malick Sy reprit le flambeau et porta, au plus haut, la bannière de la confrérie avec, notamment, un travail inouï de vulgarisation.
A l’image de celui dont il a hérité, Cheikh El Hadji Malick Sy n’a pas bénéficié de circonstances paisibles, pour dérouler sa méthode et sa philosophie. Le fameux principe soufi de Haml adhal wara : supporter les adversités afin de progresser et mieux servir Dieu les hommes, a guidé son action. Serigne Alioune Gueye l’exprime, dans sa Marthiya (Ala nafsihi kam Aktharal Durra wal Adha / linaf ‘il baraya wal-ilahi bi marsaddi). Maodo a trouvé le Sénégal où il a réussi à implanter la Tijaniyya, dans une situation plus que désespérante qui pourrait saper le moral des plus déterminés (Ata wa biqaul ardi Zulmun wa Zulmatun, nous rappelle Serigne Alioune Gueye). Mais, il a réussi à illuminer les cœurs et sauvegarder la flamme de l’Islam dans son expression la plus vitale.

Cette fierté du Sénégal et de la Umma islamique consolidera le caractère Muhammadien de la conduite du Tijani, en dédiant sa vie entière au prophète de l’Islam. L’œuvre de Cheikh El Hadji Malick Sy est dense et d’une grande variété. Mais, la thématique la plus commune est celle du Madîh, panégyriques dédiées au Prophète de l’Islam. Le Khilâçu Dhahab, ce joyau poétique mais aussi, mine inépuisable, pour tout féru de Sîra (Hagiographie du Prophète), est devenue le symbole et l’illustration de son inimitabilité dans ce genre, trouvant ses origines depuis l’aube de l’Islam. De Ka’b Ibn Zuhayr et Hassan Ibn Thabit à Muhammad Al-Busayrî, on ne peut dénombrer les personnages illustres qui se sont distingués dans cet art prisé des soufis et dans lequel Cheikh El Hadji Malick Sy est un maître incontesté. A qui d’autre doit-on, d’ailleurs, la démocratisation du Gamou, évènement qui est rentré dans l’ordinaire et célébré un peu partout dans ce pays ?

Grâce à Cheikh El Hadji Malick Sy, le musulman sénégalais a ceci d’enviable : vivre en permanente connexion avec la Sira du Prophète, à tel point que ce dernier lui devient tout à fait familier. Il a su traduire ce caractère Muhammadien de la Tijaniyya, développé plus haut, en une réalitéj, non seulement, conçue mais, sentie et vécue. Qui d’autre, mieux que lui, a su rendre à Seydina Muhammad (PSL), ce qui lui revient ! Dans chaque facette de sa vie, Seydi El Hadji Malick renvoie tout au Prophète Mouhammad (PSL). Le point d’orgue de cet amour du Sceau des Prophètes et la volonté d’élever, autant que possible, celui-ci, à son plus haut degré, est l’inimitable Khilâsu Dhahab fî Sîrati Khayril ‘Arab dans lequel il adopte la rime en «m» (d’où l’appellation mîmiyya) et le mètre al-basît, tel que le fit Muhammad al-Bûsayrî, l’auteur de la Burdah, quelques siècles avant.

Mais, là où Seydi El Hadji Malick Sy innove, c’est dans sa connaissance du contexte socio-historique dans lequel vécut le Prophète. Il navigue, constamment, entre la vie du Prophète et l’évocation de ce contexte, avec une culture historique qui peut étonner plus d’un. Malgré le manque chronique d’ouvrages de références qui caractérisa son époque, la difficulté de les acquérir, sans parler de la complexité de l’environnement historique qui vit la naissance du Prophète (PSL), Maodo nous abreuve de connaissances sur Rome, Byzance, Chosroes, Anou Shirwân et les autres. Sa connaissance géographique, doublée de sa maitrise de l’histoire qui se dégage de nombreux écrits, reste encore une énigme et une source d’admiration pour quelqu’un qui n’a quitté le Sénégal que pour le pèlerinage à la Mecque. Lorsque Seydi El Hadji Malick Sy, dans son approche de la vie du Prophète et du berceau de la révélation, le Hijâz, en arrive à donner, avec une précision inouïe, les noms de lieux et de repères, encore méconnus, par les habitants-mêmes de ces régions, l’on ne peut qu’encore admirer ses efforts inestimables pour l’acquisition du savoir.

S. BIAGUI (source tidianya.com)


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