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COUMBA GAWLO : « ... Je me vois bien aux Etats-Unis en train de jouer de grands rôles dans les films »

le Samedi 7 Mars 2009 à 01:56 | Lu 3581 fois

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COUMBA GAWLO : « ... Je me vois bien aux Etats-Unis en train de jouer de grands rôles dans les films »
Elle s’appelle Coumba Gawlo et n’est plus à présenter. De père auteur compositeur et de mère chanteuse, elle a une chance que les autres n’ont pas. C’est d’appartenir à une famille de griots par tradition depuis des centaines d’années. En d’autres termes, elle a la musique dans le sang. « Mes grands parents et arrières grands parents étaient des griots dans le domaine religieux et traditionnel » lance-t-elle aux reporters. Elle a grandi dans la musique parce qu’elle a commencé à accompagner ses parents à la répétition depuis l’âge de sept ans.

Source : Le Matin


Et c’est elle qui tapait non seulement la calebasse qui servait de percussion, mais aussi jouait la choriste de sa mère. A quatorze ans elle a gagné le prix du concours de chant, « la voix d’or ». Après 20 ans de musique, Coumba Gawlo s’est trouvée une bonne place au soleil. Et pas n’importe laquelle. Dans son bureau, quelque part à Sacré Cœur non loin de Liberté VI, elle se confie au journaliste en ces mots : « J’avoue que je rêve de faire du cinéma. Je me vois bien aux Etats-Unis en train de jouer de grands rôles dans les films».


Faire vingt ans de musique n’est pas donné à quiconque. Coumba Gawlo l’a fait. Celle qui était la star des Lycéens est devenue aujourd’hui une star internationale. Pouvez-vous nous faire le bilan de vos 20 ans de musique ?

Le bilan, il est très positif. Je pense qu’au cours de ces 20 années, j’ai acquis beaucoup d’expériences et beaucoup de choses. Il m’arrivait parfois de chuter, de trébucher et de me relever comme ça peut arriver dans la vie de tout homme. Mais après je me relève en gardant de bonnes leçons, de bons souvenirs et en essayant de laisser derrière moi les mauvais souvenirs. Ces vingt ans sont très positifs pour moi car je suis la première femme sénégalaise à entrer dans le milieu de la musique moderne. Depuis je suis restée dans la même direction et j’essaie chaque jour de faire meilleur pour satisfaire les fans de la musique.

Les relations entre Coumba Gamlo et Myriam Makéba sont connues de tous. Aujourd’hui qu’elle n’est plus, est ce que vous préparez quelque chose en hommage à cette grande diva de la musique africaine ?

Ça mort a été un grand choc pour moi. Elle représentait beaucoup dans ma vie et m’a appris beaucoup de choses. Pour sa mémoire, je vais travailler à une plus grande implication dans la culture sud africaine. Et au-delà, maîtriser le répertoire sud africain. Je pense que pour ça mémoire, ça sera une bonne chose. Myriam Makéba est une grande de la musique africaine. Elle est connue partout dans le monde. Sa musique montre la diversité et la richesse du répertoire sud africain. Il y a de grandes icônes de la musique africaine telle Yvonne Chacaca. Peut être qu’elle n’est pas connue comme Myriam Makéba, mais c’est une grande personnalité de la musique africaine.

En parlant d’Yvonne Chakaka, c’est une occasion pour nous de revenir sur cette grande diva de la musique sud africaine qui a complètement disparu. Qu’est-elle devenue ?

Elle est toujours là. Vous savez, elle n’est plu jeune. Yvonne est une des pionniers de la musique sud africaine. Même que les gens ont plus les nouvelles de « Mama Africa », Myriam Makéba mais Yvonne est toujours là et évolue à sa façon dans son pays. C’est vrai qu’aujourd’hui, il y a beaucoup de jeunes qui émergent, mais Yvonne se porte très bien.

Dans la vie de l’homme, il y a des moments qu’on n’oublie jamais. Qu’est ce qui a de plus marqué Coumba Gawlo ?

Comme tu l’as bien dit, dans la vie d’une personne, il y a des choses qui l’a marquent selon l’évolution, le temps, les années. Chaque jour que vous vous réveillez, il y a une chose qui vous marque, mais il y a des choses particulières qu’on oublie jamais. Aujourd’hui (Ndlr jeudi 26 février 2009) la chose qui m’a le plus marqué, est la réhabilitation de l’école Mouhamadou Mansour Sy de Tivaouane. D’abord parce que c’est ma ville natale. J’y suis née, j’y ai grandi et j’y ai vécu. J’ai beaucoup emprunté les rues de Tivaouane, d’un quartier à un autre, en marchant jusqu’à l’âge de quatorze ans. Il n’y a pas d’autres moyens et parfois, il fait extrêmement chaud. Ensuite parce que ma famille y vit. Cette réhabilitation de l’école Mouhamadou Mansour Sy m’a permis en tant que Sénégalaise de pouvoir apporter ma pierre à l’édifice nationale. Au delà de l'état actuel des travaux, je suis satisfaite de l'idée du projet, celle de réhabiliter cet espace pour les enfants.

D'un montant de 84 507 818 fcfa, ce projet est financé à hauteur de 56 350 000 f cfa par le coopération française. Il vise à réhabiliter les 13 classes que compte cette école vieille de cent ans et dont l'état de délabrement avait atteint un niveau inquiétant à en croire potaches et enseignants qui la fréquentent. Nous projetons d'organiser un festival dénommé "aidons les enfants à grandir" dont les recettes iront intégralement aux enfants par des actions similaires pour améliorer leur condition de vie et d' études en réhabilitant un peu partout des écoles à travers le Sénégal. Ce que nous pensons, c’est quelque chose qui sera éternelle, car elle va permettre à des générations et des générations d’apprendre. Je pense que la journée d’aujourd’hui a été très particulière pour moi parce qu’elle marque une étape importante de ma vie.

Depuis quelques années beaucoup d’organismes internationaux vous ont choisi pour être un Ambassadeur de bonne volonté. Que représente pour vous ce choix porté sur votre personne ?

Ça représente beaucoup pour moi. C’est un challenge, beaucoup de responsabilités et de fierté. C’est quelque chose que j’aime faire. Moi je suis quelqu’un de très patriote et citoyenne. J’aime beaucoup le Sénégal et je crois beaucoup en mon pays. Je pense que si nous acceptions tous à mettre la main à la patte on arrivera à développer le Sénégal. Je suis contente que des organisations internationales portent leurs choix sur ma personne. C’est une marque de confiance, de sérieux et du travail bien fait.

Dans votre carrière, vous avez eu à faire des déplacements dans des camps de réfugiés. Vous avez rencontré des gens qui ont perdu leurs pères, leurs mamans, leurs frères ou sœurs. D’autres ont même tout perdu. Quel message vous avez retenu de ces déplacements ?

Le message que j’ai retenu est simple : Il n’y a rien de meilleur que la paix. Les guerres et les disputes, ne créent que du désordre et de la désolation. Aujourd’hui quand on va dans ces camps de réfugiés, on comprend bien c’est quoi la guerre. Nous devons oeuvrer pour la paix. C’est la paix qui permet l’union d’une nation, l’échange, l’épanouissement etc. A chaque fois que j’ai été visitée des camps de réfugiés à Kwenella en Gambie à Thiès, j’ai été vraiment touchée. Un jour on m’a appelé pour me dire qu’une des femmes qui étaient au camp de Thiès venait d’avoir une fille et que son père lui a donnée le nom de Coumba Gawlo. Ce qui m’a beaucoup touché.

Aujourd’hui on assiste à l’entrée de beaucoup de musiciens dans le monde du cinéma. Est-ce que Coumba Gawlo serait tentée par le cinéma ?

Ah oui ! Moi mon rêve, ce serait de faire du cinéma. Moi je suis une artiste et une artiste au fond de moi-même et au plus profond de mon âme. Et quand je suis là, je suis profondément culturelle parce que c’est la seule chose qui me permet de sortir de mon carcan sérieux. Dans ma vie de tous les jours, je reste une personne extrêmement sérieuse. Peut être parce que j’ai eu des responsabilités très tôt en restant dans un environnement carré, enfermé.

La culture me permet de vivre et de m’éclater. Et mon rêve aujourd’hui, est de faire du cinéma. A chaque fois que je regarde les films, je m’imagine aux Etats-Unis en train de jouer de grands rôles. Je me suis dit : Coumba, continue de chercher. Je cherche. Je veux. J’aimerai bien. J’avoue que j’ai été contactée par des scénaristes pour jouer tel ou tel film. Mais ça n’a pas donné grande chose parce que je n’ai pas aimé le scénario. J’ai trouvé prématuré parce que je n’étais pas encore prête. Mais bon, j’avoue que s’il y a un rôle intéressant, je suis prête à prendre.

Est-ce que vous avez une fois fait un casting pour un film et que vous n’avez pas été retenue ?

J’ai failli être choisie pour jouer le rôle de Joséphine Becker quand j’ai sorti mon album « Pata-Pata ». Mais c’est ma taille qui m’a privée ce rôle parce que j’étais trop grande. La rencontre avec les scénaristes et le producteur a eu lieu à Paris. J’étais triste parce que je serais ravie de jouer ce rôle là, mais eux, ils étaient beaucoup étaient plus tristes que moi. Mais quand, ils m’ont vu, ils ont dit : « Ay yaya, elle est très grande celle-là ». (Rire…) Je leur dis, si vous voulez, vous pouvez couper mes jambes pour l’occasion. Et pourtant quand, ils m’ont vu à la télé, ils ont dit, « c’est celle-là qu’il faut chercher. Elle est noire, belle, charmante. Elle a tout ce qu’il faut. » Malheureusement, ma taille me l’a privée. Ça m’a un peu fait mal quand même. Mais ce n’est que partie remise.

Samedi 7 Mars 2009 - 01:56




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