Ces villages à l'avenir compromis par l'absence d'eau potable
Si l’eau est la source de la vie, les populations de certaines localités de la Casamance ne vivent pas alors. Il suffit de mettre le pied dans des villages comme Eloubalire et Batighère, dans le département d’Oussouye, pour se rendre compte de la pertinence de cette affirmation. Dans ces localités qui risquent d’être rayées de la carte d’ici une décennie, les activités de la population se résument à la recherche d’eau potable pour survivre dans ce milieu hostile.
Source : Walfadjri Comment des hommes ont-ils à un moment de l’histoire décidé de s’installer ici ? On n’arrive jamais à Eloubalire ou à Batighère sans se poser cette question. Si la pêche a guidé le choix des habitants de ces localités, il reste que faire fi des conditions de vie inadéquates pour s’installer dans ces villages relève du suicide. Cela est d’autant plus vrai que l’hostilité de la nature menace l’avenir de ces villages qui se dépeuplent d’année en année. Ici, le premier et le plus grand obstacle à l’épanouissement humain est l’absence d’eau potable. Si bien que, depuis des années, la quête de ce liquide précieux s’est imposée aux populations comme un combat quotidien. Un combat au cœur duquel se trouvent les femmes. Comment des hommes ont-ils à un moment de l’histoire décidé de s’installer ici ? On n’arrive jamais à Eloubalire ou à Batighère sans se poser cette question. Si la pêche a guidé le choix des habitants de ces localités, il reste que faire fi des conditions de vie inadéquates pour s’installer dans ces villages relève du suicide. Cela est d’autant plus vrai que l’hostilité de la nature menace l’avenir de ces villages qui se dépeuplent d’année en année. Ici, le premier et le plus grand obstacle à l’épanouissement humain est l’absence d’eau potable. Si bien que, depuis des années, la quête de ce liquide précieux s’est imposée aux populations comme un combat quotidien. Un combat au cœur duquel se trouvent les femmes. A Eloubalire par exemple, chaque semaine, ce sont des pirogues remplies de dames et de bidons qui quittent les villages pour aller chercher l’eau potable. Le parcours du combattant dans ces embarcations de fortune conduites par les femmes elles-mêmes dure huit heures, le temps qu’il faut pour parcourir la distance qui sépare Eloubalire du village d’Edioungou ou d’Oussouye. Parties donc le matin, elles ne retrouvent leurs époux et leurs enfants que le soir, complètement épuisées par tant d’efforts. Mais, c’est le prix à payer pour avoir l’eau potable. Depuis des décennies, ce voyage de la survie est devenu une routine pour les femmes de ces localités prises sous l’étau des eaux salées. C’est d’ailleurs ce sel qui est à la base de tous les malheurs des habitants de cette zone dénommée, le Bandial. Outre la chaleur et la nature du sol qui freinent le développement de l’arboriculture, bref, de l’agriculture tout court, les ‘bandials’ (nom donné aux habitants de cette localité) sont, pendant la saison hivernale, envahis par les eaux fluviales qui prennent leurs maisons en otage. Si bien que durant cette période de l’année, marcher pieds nus devient la mode. L’hivernage, c’est aussi la saison de toutes les difficultés dans cette zone, comme nous le confie cet habitant de Eloubalire : ‘Pendant l’hivernage, le déplacement sur le fleuve est difficile. Ce qui fait que l’eau potable devient rare.’ Ces conditions difficiles expliquent tout le mal que des villages comme Eloubalire, mais surtout Batighère rencontrent pour ‘grandir’. D’ailleurs, ces localités enregistrent une véritable saignée. Si bien qu’en arrivant sur place, la première chose que l’on constate est l’absence des jeunes. Un des rares que nous avons rencontré à Eloubalire, Ibrahima Bassène, nous confie : ‘Il n’y a rien dans ce village. Ce qui fait que les jeunes préfèrent partir ailleurs pour pouvoir aider les parents et les enfants restés sur place.’ A Batighère par exemple, nous dit-on, à l’âge de six ans, les enfants sont envoyés dans d’autres villages pour suivre une scolarité, laissant derrière eux des parents en perpétuel combat contre une nature pas du tout clémente. Mais, depuis quelques années, ces derniers commencent à entrevoir une lueur d’espoir qui est venue d’Enda. En construisant en 1991 à Eloubalire une citerne à impluvium, cette Ong donne une raison de vivre aux habitants dudit village. Avec cet ouvrage qui permet de capter les eaux de pluie, les populations ont trouvé un début de solution à leur principale difficulté : l’approvisionnement en eau potable. Seulement, la baisse de la pluviométrie notée ces dernières années empêche les insulaires d’Eloubalire de couvrir leurs besoins pendant toute l’année. A partir de mai, nous confie Ibrahima Bassène, ‘la citerne tarit. Pour le reste de l’année par conséquent, les femmes reprennent le fleuve à la quête du liquide précieux’. Cette situation est inévitable malgré le rationnement imposé aux populations, mais aussi, en dépit de la construction par Enda d’une deuxième citerne. S’ils se réjouissent de cette solidarité qui maintient la vie dans les villages du Bandial, les habitants demandent cependant plus de soutien. Puisque même si ces citernes abrègent la souffrance des populations, elles sont loin par contre de régler le problème d’insalubrité que posent ces ouvrages. Cette question est d’ailleurs au cœur des préoccupations de la secrétaire exécutive d’Enda qui a bouclé, il y a quelques jours, une tournée dans le sud du Sénégal. En attendant d’apporter une solution à ce problème de santé, Eloubalire et Batighère qui refusent la fatalité se battent contre les difficultés pour ne pas appartenir au passé, comme le craignent certains de leurs habitants interrogés sur l’avenir de ces villages dans dix ans. Lundi 03 Mars 2008 - 13:08
Lundi 03 Mars 2008 - 13:11
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