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Comment la ville à vécu l'annonce du décès du khalife : Le jour où la terre de Touba a tremblé.

le Samedi 27 Décembre 2008 à 21:43 | Lu 1498 fois

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Comment la ville à vécu l'annonce du décès du khalife : Le jour où la terre de Touba a tremblé.
L’info est tombée comme un couperet. Serigne Saliou Mbacké n’est plus. La ville sainte a du mal à se faire à la terrible nouvelle. Quand les radios locales passent en boucle l’info, les fidèles prennent d’assaut la cité religieuse pour rendre un dernier hommage au dernier des fils de Bamba sur terre. Retour sur une longue journée de deuil.

Source : Walf Fadjri


Nous sommes le 28 décembre 2007. Comme d’habitude, les habitants de Touba vaquent tranquillement à leurs occupations. Au domicile de Serigne Saliou Mbacké, une foule fait le pied de grue dans la cour, sous le caïlcédrat.

Curieusement, toute la journée durant, les portes qui d’habitude s’ouvrent aux hôtes de marque dès les premières heures de la matinée resteront fermées. Au grand dam du public et même aux chefs religieux, dont certains se rendent, habituellement, le matin de bonne heure, faire une visite de courtoisie au khalife général des mourides. Jusque-là, personne ne soupçonnait que le dernier des fils de Serigne Touba sur terre a été rappelé à Dieu dans la matinée, vers 6 heures 30, après qu’il a accompli la prière.

Pour éviter que la nouvelle se répande, ses proches collaborateurs à qui il avait instruit la veille d’organiser une journée de prières et de lecture du Coran s’activent à donner des directives aux talibés venus de plusieurs coins de Touba. A 14 heures l’arrière-cour de la maison du khalife est très animée. Toujours personne parmi le grand public n’a encore reçu l’information. Mais vers 20 h, des rumeurs sur le décès du khalife commencent à circuler. Ce n’est que vers 00 heures que les radios locales commencent à diffuser la triste nouvelle. C’est la ruée des fidèles vers la ville sainte de Touba. Les talibés mourides, qui ont du mal à croire la nouvelle, commencent à prendre d’assaut les alentours de la grande mosquée de la ville religieuse et la maison de Serigne Saliou. Et petit à petit la capitale du mouridisme commence à refuser du monde. En un rien de temps, elle semble très petite pour contenir tout ce monde.

S’il restait encore quelques sceptiques dans la foule, il n’y aura plus de place au doute avec l’arrivée d’une voiture blanche conduite par le chauffeur du khalife. Elle s’avance lentement dans la mosquée pour emmener le corps du dernier fils de Serigne Touba sur terre. Il sera inhumé vers 1 heure du matin. C’est la première fois dans l’histoire du mouridisme que des talibés assistent à l’enterrement d’un khalife général. Vers 1 heure 30 mn le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, accompagné par une forte délégation de ministres et de parlementaires, arrive dans la capitale du mouridisme. Quelques minutes plus tard, il ira se recueillir sur la tombe du disparu.

Ainsi Serigne Saliou venait de faire le retour vers son seigneur, laissant la communauté mouride, la population sénégalaise dans une profonde consternation. Trois jours après, le 31 décembre 2007, Serigne Bara Falilou Mbacké, le plus âgé des petits-fils de Bamba encore vivants, dans son nouveau manteau de Khalife général des mourides, s’adresse aux fidèles encore sous le choc. ‘Je suis venu poursuivre la mission de mes pères et prédécesseurs’ leur dira-t-il. Touba fait acte d’allégeance à celui qui préside désormais aux destinées du mouridisme. Une nouvelle ère s’ouvre.

Samedi 27 Décembre 2008 - 21:43




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