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Coût de la location de l’avion du fils du Président Wade en 6 ans : Un KRIM DE 7,8 milliardsle Vendredi 28 Septembre 2012 à 13:43 | Lu 2506 fois
Le deal qui permettait au fils du président Wade d’avoir à sa disposition un jet privé à bord duquel il faisait le tour du monde, aura été l’un des secrets les mieux gardés de la gouvernance des Wade. Le Sénégal payait 1 milliard 300 millions de francs par an pour le confort de Karim Wade.
Le Quotidien a fini par établir la vérité à propos du jet privé avec lequel Karim Wade faisait le tour des grandes capitales du monde. De documents relatifs à cet avion, immatriculé jusqu’à une période récente sous le sigle F-Guaj, que Le Quotidien a pu consulter, indiquent de manière nette que l’appareil était la propriété de l’homme d’affaires Franco-Sénégalais, Abbas Jabber, quand Karim en usait. Plus concrètement, l’avion appartenait à un consortium constitué des sociétés de droit français Advens qui détenait environ 10% des parts, et la société luxembourgeoise Vigeo, avec 90% des parts. Il se trouve que les sociétés Advens et Vigeo sont contrôlées chacune à 99% par Abbas Jabber. L’avion avait été acquis par le truchement d’une opération de leasing réalisé par la société Natexis pour un montant de 7 millions d’euros en mars 2004. L’historique de l’avion, un Falcon Mystère 50, révèle qu’il avait été la propriété du gouvernement italien qui l’avait mis à la disposition du patron de la société publique italienne Eni, qui est un «major» de l’industrie pétrolière. Eni est en quelque sorte le pendant de Total en France. L’avion commandé des usines de Dassault aviation en 1988 et sorti sous le numéro de construction 169 était utilisé par le Pdg de Eni pour ses déplacements. C’est après qu’il avait été revendu à Dassault qui l’a cédé à Abbas Jabber. L’homme d’affaires qui va acquérir par la suite Suneor, utilisera l’avion pour ses déplacements personnels mais en confiera l’exploitation à la société française Darnaudet Transports aériens, plus connue sous l’acronyme Darta, qui est une société de location d’avions. Des personnalités comme le Prince Charles d’Angleterre, des vedettes et des patrons de Total France ou d’autres grands noms du Cac 40 auront loué cet avion. Mais c’est à partir d’avril 2005, que Karim Wade commencera à utiliser l’avion de façon régulière. Karim use d’un avion loué par le Sénégal C’était sur la base d’un contrat qui stipulait «une mise à disposition prioritaire de l’avion au profit de l’Etat du Sénégal, notamment de la Présidence de la République». Pour cela, le Sénégal payait annuellement la rondelette somme de 1 million 950 mille euros, soit environ 1 milliard 300 millions de francs Cfa. Ce forfait équivaut à un certain volume d’heures de vol. Si le nombre d’heures de vols était dépassé par le Sénégal, une facture complémentaire était établie. Ainsi, chaque fois que Karim Wade avait besoin d’utiliser l’avion, il avait la priorité sur tout autre client. Des proches de la société Darta rapportent même que Karim Wade était si assidu dans l’avion que l’équipage lui obéissait plus qu’à Abbas Jabber, qui finissait même par avoir du mal à pouvoir disposer de l’avion. Karim Wade a eu à le mettre à la disposition de certaines autres personnalités du Gouvernement du Sénégal. De toute façon, Abbas Jabber n’aura pas perdu au change car l’avion, acheté pour environ 4 milliards de francs Cfa, lui aura rapporté en six ans de location par la seule Présidence de la Répu-blique du Sénégal, une bagatelle de plus de 7,5 milliards de francs. Le Sénégal était on ne peut plus bon payeur. Aucun retard de paiement n’a été enregistré dans les comptes de Darta durant toute la durée de la location de l’avion. Seule autorité à disposer d’un jet Karim Wade, a été le seul responsable de l’Etat du Sénégal, en dehors du Chef de l’Etat, à effectuer régulièrement ses déplacements internationaux à bord d’un avion privé. Depuis qu’il était président de l’Agence nationale pour l’organisation de la Conférence islamique (Anoci) jusqu’au mois de novembre 2011, moment où il était encore ministre d’Etat, ministre des infrastructures, de la coopération internationale, des transports aériens et de l’Energie, un aéronef de type Falcon 50 était à sa disposition pour ses déplacements internationaux. «L’avion de Karim» a longtemps nourri les supputations. Après maintes dénégations, l’intéressé finissait par faire dire par ses proches, à qui voulait les entendre, que cet appareil lui était prêté par des amis arabes. Dans sa livraison n° 141 du 18 au 24 décembre 2010, Week End Magazine levait un grand coin du voile sur cet avion. Une enquête avait permis au journal d’entrer en contact avec Darta, qui exploitait ledit avion. Week End Magazine avait pris contact avec Darta sous prétexte de chercher à louer ledit avion qui se trouvait à l’époque au Sénégal avec son équipage de trois personnes, composé de Robert Burckel de Tell, commandant de bord, de son fils Thibault Burckel de Tell, copilote, et de Nisani Thurair Rajas, hôtesse de l’air. L’équipage de Karim avait établi ses quartiers dans les suites du Méridien Président et leurs longs séjours Dakarois étaient réglés par la présidence de la République du Sénégal. Il ressort aussi de cet article que même si les responsables de Darta contactés ne disaient pas de manière tranchée que l’avion était la propriété personnelle de Karim Wade, ils indiquaient néanmoins que l’avion était à la disposition exclusive de Karim Wade et qu’il faudrait son autorisation pour pouvoir le louer à une tierce personne. Cette enquête de Week End Magazine avait relancé la polémique sur la propriété de l’avion qu’utilisait régulièrement Karim Wade dans ses déplacements. Karim aux gendarmes La section de recherches de la gendarmerie nationale, saisie d’une procédure d’enquête sur les biens mal acquis par les personnalités du régime déchu du Président Abdoulaye Wade, a eu à s’intéresser à la propriété de l’avion qu’utilisait le fils de l’ancien chef de l’Etat. Les gendarmes semblent avoir fait chou blanc car Karim Wade, entendu à deux reprises à Colobane, leur a indiqué que l’avion ne lui appartenait pas mais qu’il lui était plutôt prêté. Le Quotidien peut affirmer aujourd’hui, par rapport à ce qui précède, que Karim Wade avait raison de dire que l’avion ne lui appartenait pas, mais qu’il a menti aux enquêteurs quand il prétend que l’aéronef lui était régulièrement prêté. C’est en novembre 2011 qu’Abbas Jabber a revendu le «Falcon 50 de Karim Wade» à un riche homme d’affaires. C’est ce qui explique que depuis cette date, Karim Wade était vu à l’aéroport de Dakar à bord de vols commerciaux réguliers. LeQuotidien.sn Vendredi 28 Septembre 2012 - 13:43
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