"L'urgence de promouvoir le secteur agricole dans les stratégies nationales de réduction de la pauvreté" a figuré en tête des résolutions de la conférence sur la relance de l'agriculture ouverte mercredi, indiqué la BAD dans un communiqué à Tunis, siège provisoire du groupe.
Les participants --parmi lesquels des représentants d'organismes internationaux-- ont aussi appelé à trouver des "solutions urgentes" aux problèmes posés par la flambée des prix des céréales, prônant dans le même temps "des solutions à moyen et long termes" dont l'affectation de ressources financières supplémentaires".
La réunion, appelée à identifier les lacunes du financement, a insisté sur l'efficacité des appuis qui "doivent être concertés et complémentaires".
Ses résolutions seront soumises à une réunion consultative des banques multilatérales, organismes de l'ONU et donateurs privés (Fondations Gates et Rockefeller) vendredi à Tunis.
Zeineb El-Bakri, vice-présidente de la BAD avait indiqué mercredi que la conférence était la première du genre réservée à l'Afrique depuis l'émergence de la crise, qui menace les équilibres macroéconomiques et la stabilité dans plusieurs pays d'Afrique.
Outre des politiques agricoles "inefficaces", elle avait mis en cause les effets dévastateurs du changement climatique, l'envolée des prix du pétrole et la faible gouvernance.
L'Afrique traîne un déficit alimentaire estimé à 36 millions de tonnes de céréales et la crise provoquée par la flambée des prix y affectera quelque 135 millions de personnes, selon la BAD.
Une dizaine de pays sont particulièrement menacés, notamment le Cap Vert, la Guinée, la Gambie, Djibouti, l'Egypte, le Soudan, la République démocratique du Congo et le Tchad.
La BAD a augmenté en mai à 4,8 milliards USD son portefeuille agricole, activé un fonds de 15 millions de dollars pour les fertilisants et prévoit 250 millions de dollars pour l'achat des engrais sur les douze prochains mois.