Pour la petite histoire, il faut rappeler que l’une des toutes premières sorties officielles du Président Abdoulaye Wade, après avoir présidé la cérémonie de prise d’armes marquant la célébration de la commémoration de notre indépendance, était précisément consacrée à la cérémonie officielle de lancement de la quatrième édition de la Biennale de Dakar au théâtre national Daniel SORANO. Autres temps, autres pratiques, le folklore bruyant des militants, la claque de service, n’a pas vraiment manqué aux invités qui, pour une fois, ont pu écouter, en toute quiétude, les discours prononcés à l’occasion. Et ils étaient de bonne facture. Gérard Sénac, dont le propos avait tout d’un adieu, il semble anticiper la fin de sa mission, en qualité de Président du Comité d’Orientation, a plaidé, avec conviction, pour la consolidation et le renforcement des moyens d’action de la biennale. Nadira Aklouche-Lagoune, commissaire aux expositions et critique d’art, a eu la lourde charge de présider le collectif des commissaires. Cette instance assume la responsabilité de la sélection officielle et se mue en jury, l’espace d’une soirée, aux fins de décerner les différents prix, mis en compétition. Ce travail, inévitablement délicat et long, aura pris une bonne partie de la nuit des jurés, ce qui a laissé des séquelles audibles au niveau de la voix de la courageuse Nadira Aklouche-Lagoune. Pour rappel, il s’agit du Grand prix « Léopold Sédar Senghor », décerné, pour cette édition, au marocain Younes Baba Ali, du prix de l’O.I.F, qui revient à Zouggar Sofiane d’Algérie, du prix du Ministre de la culture et du tourisme remporté par Nsengiyamva Laure, Rwanda/Belgique. Ngqinambi Ndikhumbule, de l’Afrique du Sud, s’attribue le prix de la Fondation BLACHERE et Mba Bikoro Nathalie rafle le prix du Centre Soleil du Mali. On passera sur l’absence notoire d’artistes sénégalais au palmarès.
Pour sa part, le Président Macky Sall n’aura pas raté son entrée en scène. Dans son superbe boubou traditionnel, en phase avec l’évènement, il a véritablement séduit son public, pourtant réputé difficile, en la matière. Après des considérations appropriées sur l’esthétique et les conditions de travail des artistes, dans une rhétorique subtile, il a su rendre hommage, sans avoir l’air d’y toucher au mouvement « hip-hop », qui a annoncé et accompagné, dans une large mesure, les changements politiques que nous avons connus. Son élan spontané, et fort sympathique, en direction du sculpteur des géants, Ousmane Sow et du musicien muséologue et député écologique Ousmane Sow Huchard, est allé droit au cœur des artistes, écrivains et hommes de culture nombreux dans la salle. Reste maintenant que les dakarois prennent part à la fête, en visitant les diverses expositions qui se tiennent aux quatre coins de la ville.
Seyba Lamine Traoré
REWMI QUOTIDIEN