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DIADJI SARR APRES SA RELAXE POUR INCESTE «Même si c’est juste pour trois jours, ma fille et sa mère goûteront à la prison»

le Vendredi 11 Mai 2012 à 12:40 | Lu 1646 fois



DIADJI SARR APRES SA RELAXE POUR INCESTE «Même si c’est juste pour trois jours, ma fille et sa mère goûteront à la prison»
Aujourd’hui, un nouveau jour se lève pour Diadji Sarr. Il fêtera ses 49 ans en compagnie de ses deux femmes et de ses 7 enfants qu’il n’avait plus revus depuis 8 mois. Huit longs mois qu’il a dû passer loin des siens, pour une affaire d’inceste. En septembre dernier, sa fille aînée, Oulimata Sarr, fruit de sa relation chaotique avec Aminata Diop, clamait urbi et orbi que c’est son père qui l’avait engrossée. L’annonce a eu l’effet d’une bombe au quartier Fass de Rufisque où vit le «présumé coupable». Horreur ! Abomination ! Les mots sont trop peu pour qualifier son geste.

Accusé à tort d’«une cabale montée contre lui par une ex haineuse» et embastillé à la prison de Reubeuss, Diadji ne cessait de clamer son innocence. Allant même jusqu’à exiger que soit pratiqué un test Adn pour rétablir la vérité des faits et laver son honneur souillé. Les résultats plaideront en sa faveur. Diadji recouvre la liberté le lundi 7 mai dernier. Heureux d’avoir été rétabli dans sa dignité d’homme bafouée, il est, aujourd’hui, accueilli en héros dans son quartier natal.

Hier, son domicile familial ne désemplissait pas. Amis, parents, voisins et même l’imam du quartier ruent chez lui pour lui témoigner leur soutien et leur sympathie. Diadji est libre, a repris son travail à la police de Sicap-Mbao où nous l’avons trouvé mais, sa rancune envers sa fille Oulimata et la mère de cette dernière, est tenace. Il jure, épaulé par l’une de ses douces moitiés, Ndiémé Guèye Sarr, qu’elles goûteront à la prison. «Même si c’est juste pour trois jours.» Dans cet entretien, fourré dans un «demi-saison» blanc, Diadji qui est devenu tristement célèbre par un vilain coup du sort raconte sa part de vérité. La main sur le cœur.

PAR MAKHALY NDIACK NDOYE & NDEYE FATOU SECK


«Je m’appelle Diadji Sarr. J’ai 49 ans. J’ai fait 20 ans sous les drapeaux. J’ai été aussi un athlète. Je suis passé au Saltigué où j’ai fait une année, puis j’ai porté les dossards de l’As Douanes. C’est par la suite que j’ai intégré les rangs de l’Association sportive des Forces Armées (Asfa). J’ai été champion du Sénégal et champion d’Afrique en 1993. La même année, j’avais remporté les 20 kilomètres de Dakar. Je travaille au service des Cartes d’identité à la police de Sicap-Mbao. Je travaille toujours là-bas, d’ailleurs ils ont voulu que je reprenne aujourd’hui (hier : Ndlr), mais j’ai besoin d’un peu de repos.

Je suis le père d’Oulimata Sarr et c’est d’ailleurs elle qui m’avait accusé de l’avoir violée et engrossée. Cette accusation m’a valu huit mois de prison. Mais depuis lundi dernier (le 7 mai 2012 : Ndlr) mon innocence a été établie et j’ai été libéré. Je suis fier de la tournure des événements. Depuis le départ, et surtout le jour du premier procès, le 20 septembre 2011, j’ai exigé que des tests d’Acide désoxyribonucléique (Adn) soient effectués. Même quand mes avocats demandaient ma mise en liberté provisoire, je n’étais pas tout à fait d’accord. Comme je savais que je n’étais coupable de rien du tout. Cela ne me dérangeait pas d’attendre la délivrance de ma fille pour que les tests se fassent. Il faut reconnaître que ce n’était pas simple. C’était très dur même. Faire emprisonner une personne sur la base de fausses accusations, le maintenir loin de sa famille, c’est une épreuve très douloureuse. Mais j’ai toujours gardé un bon moral et la foi en Dieu, puisque je n’avais rien à me reprocher. Chaque fois qu’un membre de ma famille venait me rendre visite, il avait la tête de quelqu’un qui revenait d’un enterrement. Pour les rassurer, je leur disais à chaque fois que je revenais d’une séance d’entraînement, même si ce n’était pas vrai. Je voulais leur garantir que j’étais dans d’excellentes conditions. Et c’était la vérité. J’étais détenu dans la chambre 43, celle qu’on appelle «hôtel» à Rebeuss. Ma première nuit a été un calvaire, bien que je ne m’en étais pas rendu compte. Quelques jours plus tard, mes compagnons de cellule me taquinaient en me disant que j’ai passé ma première nuit à monologuer à voix haute. Mais Dieu sait que je ne m’en étais pas rendu compte. Je partageais la même chambre avec Barthélemy Dias. Le jour de mon élargissement, Barthélemy a tenu à ce qu’on joue au Lido pour qu’il m’administre une dernière défaite en guise de souvenir. Il est sympa et sans problème.

«Il est hors de question que je pardonne…»


La suite à donner à cette histoire n’est pas encore définie. Mes avocats m’ont conseillé de prendre du recul pour savoir qu’est-ce que je vais décider. Mais il faut d’ores et déjà savoir qu’il est exclu que je pardonne à Oulimata Sarr et à sa mère Aminata Diop. Et puis, mes parents et amis ont aussi voix au chapitre. Je ne veux pas faire d’erreur, donc il faut que je me concerte avec mes proches. Cependant, même si c’est trois jours, il faut qu’elles (Oulimata Sarr et sa mère : Ndlr) les passent en prison, ou même plus. Cela servira d’exemple aux autres filles qui seraient tentées par ce genre d’accusations fallacieuses. Ma relation avec ma fille aînée n’est plus qu’un souvenir. On ne va plus se voir, ni se parler. J’ai définitivement coupé les ponts avec elle. Même si on devait la marier demain, je n’assisterais pas à la cérémonie. C’est fini entre elle et moi. Je leur (Oulimata et sa mère) en veux terriblement. De mon côté, l’amour que je lui portais est complètement anéanti. Puisque si leur machination avait abouti, j’allais passer injustement 10 ans en prison.

Je parlais de complot dans cette affaire, je maintiens mes déclarations. Il faut aussi savoir que cela ne remonte pas à d’aujourd’hui. Cette haine viscérale que me voue Aminata Diop, la mère d’Oulimata, remonte à 19 ans. J’avais noué une relation amoureuse avec elle. Cela a duré 5 ans. Je fréquentais en même temps Ndiémé Guèye qui est, aujourd’hui, devenue ma première épouse. Elle m’aimait et m’aime toujours, mais je n’ai jamais eu l’intention de l’épouser parce qu’elle n’avait pas une bonne réputation. Elle est tombée enceinte de mes œuvres. Deux mois après la naissance d’Oulimata Sarr, j’ai épousé Ndiémé Guèye Sarr. Elle ne m’a jamais pardonné mon choix et a toujours nourri une haine animale à mon encontre. Il y a aussi le problème de héritage de ma mère qui constituait un lot de terrains. Aminata qui connaissait les tenants et les aboutissements de cette affaire a voulu en profiter bien que ce soient les biens de ma mère. Même si je suis son seul fils. Au premier procès, les avocats de ma fille réclamaient 50 millions FCfa à titre de dommages et intérêts. Ce qui m’a conforté dans mes soupçons de complot. Dans un autre côté aussi, Aminata cherchait toujours (avant les accusations : Ndlr) à reconquérir mon cœur et à s’unir avec moi. Aujourd’hui, la vérité a éclaté puisque tout le monde connaît l’auteur de la grossesse de ma fille. C’est un certain P.N, il habite dans le même quartier qu’Oulimata. Mais elle et sa mère refusent d’admettre l’évidence.

«Aminata et sa famille continuent de m’adresser des menaces de mort»

Quand on m’a accusé de cette ignominie, j’ai aussitôt pensé à des tests Adn. C’est pourquoi, j’ai soulevé cette thèse devant le commissaire qui était chargé de l’enquête. Je savais que seuls ces tests pouvaient laver mon honneur. Même si le tribunal me relaxait sans ces tests Adn, cela ne m’aurait pas suffi. J’ai une famille, des enfants qui vont à l’école, deux épouses qui se rendent au marché et dans les cérémonies de tout genre et je ne sais pas quand je vais tirer ma révérence, donc je ne pouvais que faire démontrer de manière scientifique que je ne suis pas mêlé à cette histoire, ni de près ni de loin. C’est pourquoi, j’ai accepté de débourser 350 000 FCfa pour ça. La famille d’Aminata Diop n’a pas encore baissé les bras. Après le délibéré du tribunal ordonnant ma relaxe, Aminata et les siens ont menacé de me tuer, moi et ma conjointe. Il faut savoir que je prends très au sérieux ces menaces, je m’en suis ouvert à mon avocat et je vais déposer une plainte contre elle.

Mon séjour carcéral a été dur pour les membres de ma famille bien qu’ils n’aient jamais douté de mon innocence. Ma femme m’a beaucoup soutenu dans ce calvaire. Durant tous les huit mois, elle venait à chaque visite, chaque mardi et vendredi, et les visites contacts les jeudis. J’ai aussi beaucoup appris de mon séjour carcéral. Il y a des personnes qui sont en prison depuis 13 ans ou 7 ans alors qu’ils sont encore en détention provisoire. La vie est très dure en prison. C’est pourquoi je peux affirmer maintenant que je me suis départi de toute méchanceté envers quiconque. Dix personnes se partagent une miche de pain, imaginez ça ! C’est horrible ! Cette expérience m’a ouvert les yeux. On parle toujours des victimes de viol en oubliant les victimes de fausses accusations de viol. Je suis en contact avec Adama Sow de Grave et je compte m’impliquer davantage pour aider ces personnes.

Source L'Observateur

Vendredi 11 Mai 2012 - 12:40



1.Posté par moulaye le 11/05/2012 14:03
Mon cher Djadji
J'espere que tu comprendras vite que ta fille est victime certainement d'une manipulation orchestree par sa mere qui est la seule responsable du tort qu'on t'a fait. Bon courage !

2.Posté par Tcheyyy le 11/05/2012 17:06
Wallahi...Jiguene amoul loumou sanioul defff; khana loumou defagoul kay laniouy wakh....

3.Posté par ndiagamar le 11/05/2012 18:28
Teng ko bagna wat,jiguen ak guor niep pa sagn

4.Posté par fal le 12/05/2012 14:26
Je ne comprends pas pourquoi c'est l'accusé qui doit payer les tests ADN. C'est l'état qui doit avoir l'obligation de moyen pas le citoyen.thiey sénégal même la justice est pauvre.

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