Dallas se souvient de JFK et prie pour Obama

le Samedi 22 Novembre 2008 à 14:02 | Lu 1313 fois


L'anniversaire de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy ravive les inquiétudes avec l'arrivée à la Maison-Blanche d'un jeune élu noir qui lui est souvent comparé.


Dallas se souvient de JFK et prie pour Obama
Pour Kenneth Salyer, le souvenir de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy le 22 novembre 1963 n'a jamais été si vivant que depuis la victoire de Barack Obama. Il partageait ses impressions cette semaine au 6th Floor Museum de Dallas, le musée érigé à la mémoire de JFK dans l'entrepôt de livres, d'où Harvey Lee Oswald tira depuis une fenêtre du 6e étage sur le président.
Ce n'est pas tant le souvenir de son impuissance face au président mourant qui fait surgir des larmes dans ses yeux, que le sentiment d'avoir vu disparaître à ce moment-là «l'espoir» que JFK symbolisait pour l'Amérique et qu'il retrouve aujourd'hui en Barack Obama. «Ce fut le jour le plus triste de ma vie, mais les deux hommes m'inspirent de la même façon, confie-t-il, tout comme Kennedy, Obama porte en lui cette promesse que l'esprit américain est bien vivant, qu'on peut construire un monde meilleur».
Kenneth Salyer était de garde au Parkland Hospital de Dallas, lorsque le président mortellement blessé arriva aux urgences peu après 12 h 30. Placé sur sa droite, du côté où une partie du crâne avait disparu, il avait pour mission d'enlever un corset que JFK portait en permanence, afin de pratiquer un massage cardiaque. Celui-ci s'avéra très vite inutile. Le plus jeune président des États-Unis fut déclaré mort à 13 heures. «Contrairement à ce qui se dit, Jackie Kennedy était bien restée dans la salle tout ce temps-là», tient à préciser le chirurgien. «Ce jour-là, dit-il avec émotion, je me suis promis que la ville de Dallas ne resterait pas seulement dans les mémoires pour avoir été celle où a été assassiné John Kennedy.»
Le pays où quatre présidents ont été assassinés
Kenneth Salyer deviendra des années plus tard un neurochirurgien mondialement connu pour avoir été le premier à séparer des frères siamois rattachés par la tête. Aujourd'hui, cet homme de 72 ans au regard plein de compassion croit en Barack Obama : «Avec lui, nous avons retrouvé l'espoir, la fébrilité des années JFK. Le style n'est pas tout à fait le même, mais l'éloquence est la même, le message d'enthousiasme et de changement est le même. Je prie très fort pour que rien ne lui arrive.» Beaucoup comme lui admirent la position d'Obama sur la guerre en Irak et sont persuadés que JFK ne se serait jamais engagé dans celle du Vietnam.

Sanyu Musoke, étudiante de 24 ans venue écouter le neurochirurgien, prie, elle, pour le premier président noir des États-Unis. «J'ai pleuré de joie le soir de la victoire, mais j'ai aussi ressenti un drôle de sentiment, comme un mélange d'excitation et de peur», déclare-t-elle.
Cette jeune Afro-Américaine est bien placée pour savoir que les divisions raciales ne se sont pas miraculeusement évanouies la nuit du 4 novembre. «Une amie m'a dit avoir vu des Blancs insulter des Noirs pour avoir élu un “nègre”. Moi-même, il m'est arrivé de ne pas être servie dans un bar à cause de la couleur de ma peau.»

Des dizaines d'attaques raciales ont été répertoriées par les médias dans tout le pays depuis l'élection. Début novembre, un tribunal du Tennessee a inculpé deux néonazis après l'annonce de leur projet d'assassiner Barack Obama ainsi que des dizaines de Noirs. En août déjà, quatre personnes avaient été arrêtées à Denver en possession de fusils à lunette, puis relâchées faute de preuve.
«Ce serait horrible pour notre pays si quelque chose arrivait à Obama, on replongerait dans le chaos des années 1960», soupire la jeune fille, qui ne connaît cette époque qu'à travers le récit de ses parents. La mort de JFK avait été suivie par celle de Martin Luther King puis par celle du frère du président assassiné, Bobby Kennedy, grand défenseur des droits civiques, en 1968.


Source: LeFigaro

Samedi 22 Novembre 2008 - 14:02