Les jours de la Françafrique sont-ils comptés? La Françafrique survivra-t-elle au mandat de François Hollande ? Ces questions méritent justement d’être posées. Car, le président Français qui entame une nouvelle étape de son mandat, vendredi 12 octobre, en se rendant à Dakar, sur les traces de son prédécesseur Nicolas Sarkozy, devrait aborder la question. En effet, le socialiste devrait ainsi matérialiser sa volonté de revoir le partenariat avec l’Afrique. En effet, pendant sa campagne, le candidat socialiste avait promis, s'il était élu, de faire tout pour « rompre avec la Françafrique » et avec une « certaine vision paternaliste et ethnocentrée ». Et devant les parlementaires réunis à l’Assemblée nationale du Sénégal, les mots de François Hollande seront épiés et son message décrypté pour deviner les axes politiques que le nouveau gouvernement français comptera mener sur ce continent. Qui sera François Hollande sur la scène africaine ?
Qu’il s’agisse d’enjeux financiers, militaires, économiques, si le président Français est resté, jusqu’à présent, discret -jusqu’à hésiter à se déplacer pour le XIVème Sommet de la Francophonie qui se tiendra du 12 au 14 octobre à Kinshasa, en République démocratique du Congo-, il n'en reste pas moins que la politique « françafricaine », empreinte d’uni-interventionnisme qui n’a cessé de se maintenir depuis l’ère du Général de Gaulle, poursuit son cours dans les bureaux de l’administration française.
Pourtant, le président Français semble déterminé à incarner une rupture. Face à un Nicolas Sarkozy qui déclarait, en 2007, à Dakar, que « l’homme africain » n’était « pas assez entré dans l’histoire », François Hollande se veut novateur. Sur la question, il a marqué quelques points. Pour preuve, Le ministère de la Coopération a ainsi été transformé en ministère du Développement. À sa tête, un écologiste non-spécialiste des questions africaines, Pascal Canfin. Mieux, c’est le ministère des Affaires étrangères, Laurent Fabius à sa tête, qui est chargé des questions africaines. Ainsi, les questions africaines, qui ont longtemps été l’apanage de l’Élysée, avec une cellule spéciale qui avait la charge de travailler directement pour le président de la République, avant d’être remplacée par un unique conseiller, sous le mandat de Nicolas Sarkozy), sont désormais entre les mains de la diplomatie générale.
Autre signe de changement, la tête pensante des relations avec l’Afrique, au Quai d’Orsay, s’est féminisée. Désormais, sous l’égide d’Hélène Le Gal et des conseillères Elisabeth Barbier et Sophie Makamé, les affaires franco-africaines devraient emprunter une nouvelle voie. En tout cas, le discours de Dakar déterminera la chute ou la survie de la Françafrique.
Sambou BIAGUI
REWMI QUOTIDIEN