Trois domaines de réforme ont fait émerger le Sénégal dans le classement des meilleurs réformateurs : la création d’entreprise, le transfert de propriété et le commerce transfrontalier. Le Guichet unique mis en place pour la création d’entreprise dans un délai de 48 heures a permis de réduire les procédures administratives et alléger la tâche aux investisseurs. Avec cette réforme, plus de 4 mille entreprises, essentiellement des Petites et moyennes entreprises (Pme) ont été créées sur une année. Les délais imposés au Registre foncier et à la Direction des impôts et des domaines ont accéléré le transfert de propriété. Le rapport du Doing Business 2009 attribue la première place du réformateur mondial dans la facilitation du commerce transfrontalier au Sénégal. En effet, notre pays s’est beaucoup déployé pour le traitement électronique des documents de dédouanement. Aussi la douane sénégalaise fonctionne-t-elle 24 heures sur 24. Le Sénégal a créé un guichet unique pour le dédouanement, ce qui a réduit de moitié le nombre de documents à fournir. Le Sénégal a, par ailleurs, mis en œuvre des inspections axées sur le risque, allongé les horaires d’ouverture des services de douanes et amélioré l’infrastructure portuaire.
Selon Gilberto de Barros, spécialiste principal secteur privé à la Banque mondiale, le classement du Sénégal dans le Top 10 mondial des pays réformateurs est ‘le résultat de l’engagement du gouvernement’ pour améliorer l’environnement des affaires. ‘C’est un très bon résultat’, dira-t-il, mais ‘le Sénégal a la capacité d’être mieux classé’. Aussi, M. de Barros estime-t-il que notre pays est sur la bonne voie pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) ainsi que ceux de la stratégie de croissance accélérée (Sca).
Dans le classement général du Doing Business 2009, le Sénégal occupe la 149e place alors qu’il figurait au 168e rang mondial dans le rapport de l’année précédente. Le directeur général adjoint de l’Apix, Amadou Seydou Bâ, affirme que si notre pays a réussi à progresser de 19 places, c’est parce que le Sénégal a appliqué d’autres réformes qui vont au-delà du Doing Business, notamment le Conseil présidentiel sur l’investissement et la Sca.
Pour sa part, Abdoul Mbaye, président du groupe de travail numéro un du Cpi et, par ailleurs, patron de Attijari Bank, déclare : ‘nous avons accueilli ce résultat avec un grand soulagement.’ Selon lui, le pari était énorme parce que le président de la République avait fixé la barre haut. Après un travail concerté entre le secteur privé et le secteur public qui a abouti a des formulations de stratégies capables de booster l’environnement des affaires, Abdoul Mbaye soutient tout faire pour maintenir le cap. Même si ‘il n’y a pas de contestation possible, un esprit de réforme s’est installé au Sénégal ’, souligne-t-il. Mais, une chose est claire pour le président du groupe de travail numéro du Cpi, ‘c’est qu’il y a eu un gros progrès mais nous sommes loin d’atteindre les objectifs qui sont énormes’.
Doing Business classe les pays en fonction de dix indicateurs de la réglementation des affaires. Ces indicateurs relèvent les délais et les coûts d’application de la réglementation nationale relative à la création, à l’exploitation, et à la fermeture d’une entreprise, au commerce transfrontalier et à la fiscalité des entreprises. Il est à signaler que les classements ne tiennent pas compte de la politique macro-économique des pays, de la qualité des infrastructures, de la volatilité des taux de change, des perceptions des investisseurs ni des taux de criminalité dans les pays. Singapour, pour la troisième fois consécutive, occupe la tête du peloton mondial dans le Doing Business. Viennent ensuite la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis qui sont classés deuxième et troisième mondiaux. L’Afrique du Sud est le seul Etat du continent noir à faire partie du Top 25 pour le Doing Business qui classe 181 pays en matière de facilité d’investissements.