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Doudou Seck Yaye Katy, chanteur de l’arène sénégalaise : «Etre resté six mois sans être informé du décès de ma mère, m’a fait mal»

le Samedi 23 Juin 2012 à 19:18 | Lu 6932 fois


Entretien Devenu l’un des chanteurs attitrés de l’arène sénégalaise, Doudou Yaye Katy Seck est l’un des observateurs les plus avertis du milieu. Lui qui est dans la discipline depuis quarante cinq ans. Le verbe cru, l’homme dont le franc-parler dérange, s’est dit très honoré d’être désigné par Palla Mbengue comme parrain du combat Sococim-Cargo, remporté par le premier, dimanche dernier.


Doudou Seck Yaye Katy, chanteur de l’arène sénégalaise : «Etre resté six mois sans être informé du décès de ma mère, m’a fait mal»
Occasion ne pouvait être plus belle pour évoquer une partie de la vie de celui qui fut un «grand champion» de lutte et qui n’oubliera jamais «les six mois resté sans être informé du décès» de sa mère, alors qu’il était en prison.

Comment avez-vous intégré l’arène sénégalaise en tant que chanteur ?
Je crois avoir commencé à chanter en 1967 dans l’arène sénégalaise. Tous ces instruments que tu as sous tes yeux (clavier, kora…) je sais en jouer. Je rends grâce à Dieu. Hormis Abdoulaye Mboup et Mada Thiam, je suis le premier à chanter dans un orchestre. Le Tropical Jazz, Xalam 1 et Baobab sont mes élèves. Modestie à part, les chanteurs actuels ont profité de la moitié de mes répertoires. On s’inspire de l’œuvre de quelqu’un sans pour autant penser le rétribuer. Il faut souligner que j’ai commencé dans la lutte avant d’embrasser la carrière de chanteur. Je pesais entre 110 et 120 kilos. J’ai battu tous lutteurs dont les fils se produisent actuellement dans l’arène. Je ne citerai pas de nom. Ils se reconnaîtront. Je maîtrise toujours les techniques de la lutte. C’est la force qui me fait défaut aujourd’hui. Je n’avais intégré aucune écurie. Je suis né à Taïba Grand-Dakar, mais j’ai passé ma jeunesse à Fass. Je vais faire une révélation : j’ai appris à Tapha Guèye à lutter.

Qu’est-ce qui différencie les lutteurs de l’actuelle génération à l’ancienne ?
Celui qui croit trop au mystique ne sait pas lutter. La majorité des lutteurs de la génération actuelle croit trop au mystique. C’est l’esprit guerrier qui fait la force d’un lutteur. Si on se fait insulter dans la rue, on se bagarre sans avoir recours au mystique. Un ancien lutteur du nom de Ousmane Ngom venait avec deux bouteilles remplies d’eau de mer et battait son vis-à-vis facilement. Balla Bèye 1 exigeait du marabout de lui restituer son argent s’il revenait vaincu. Les lutteurs de l’ancienne génération, en plus d’être techniques, étaient très courageux. Je me souviens de Mbagnick Ndiaye, un vrai guerrier… Malheu­reu­se­ment, au­jour­d’hui, on ne parle que de violence. Je prie pour la paix des cœurs et demande aux supporters d’être fair play, aux autorités de ne pas verser dans les règlements de comptes. Je regrette la disparition du vénéré El Hadji Abdoul Aziz Sy Dabakh qui jouait le rôle de régulateur. Ce grand érudit intervenait lorsqu’il y avait une tension sociale. Il faut que les marabouts prennent leur bâton de pèlerin pour conscientiser la masse.

Comme par hasard, les fils des anciens lutteurs tirent quand même leur épingle du jeu. N’est-ce pas paradoxal alors ?
Tous les fils des anciens lutteurs ne savent pas lutter. Il n’y a que Balla Gaye 2 (fils de Double Less) qui a hérité de son père la pleine maîtrise de la lutte pure. Il est plus guerrier même que son père. Je ne suis fan d’aucun lutteur. Je réclame mon amitié avec Double Less. Boy Niang, qui est mon neveu, porte bien l’héritage de son père, De Gaulle à qui j’ai appris à lutter. Idem pour Ama Baldé dont le père est l’ancienne gloire, Falaye Baldé. Gouye Gui est un bon lutteur. Par contre, si Cheikh Niang avait suivi les pas de son père, il aurait atteint les sommets de l’arène. Un lutteur doit être courageux.

Quel est le combat qui vous a le plus marqué ?
Le combat mettant aux prises Boy Pape Mballe et Mbaye Guèye. Ce qui m’a le plus frappé lors de cette confrontation, c’était de voir Mbaye Guèye s’agripper aux grilles, à l’arène Mbakhary Thiam pour échapper à Boy Pape Mballe. Ce dernier avait réussi à le ceinturer. L’explication entre Toubabou Dior et Pape Kane également. Je rappelle qu’un chérif habitant à Thiaroye avait donné un ballon de tennis que Papa Kane se mettait à jongler. Papa Kane avait une force redoutable grâce à laquelle il a eu à battre des lutteurs comme Robert Diouf, Double Less et Mbaye Guèye. Ironie du sort, lorsque Pape Kane est venu croiser Touba­bou Dior, ce dernier l’avait roué de coups jusqu’à ce qu’il se cache derrière moi. Il y a aussi celui entre Mbitta Ndiaye et Boy Pape Mballe. Ce dernier giflait ses adversaires. Mais Mbitta Ndiaye l’avait devancé dans sa stratégie.

Avez-vous un souvenir qui restera à jamais gravé dans votre mémoire ?
Ce qui m’a fait mal, c’est d’être resté six mois sans être informé du décès de ma mère. En ce moment, j’étais emprisonné pour trois ans après avoir fracturé la mâchoire d’un homme. Je pesais 110 ou 120 Kilos. Raby Lam, la fille de Meïssa Lam venait seule me rendre visite. Les gardes pénitentiaires du Camp pénal où j’étais emprisonné, me laissaient me promener. Ils avaient confiance en moi.

Pensez-vous que la lutte vous soit reconnaissante avec votre vécu dans l’arène ?
Je trouve que les lutteurs ne sont pas reconnaissants. Celui dont tu as contribué à la réussite de sa carrière, t’oublie une fois qu’il réussit. Les lutteurs doivent re­mer­­­cier Petit Mbaye, Gas­ton Mben­­gue, Luc Nicolaï (pro­mo­teurs) et les autres. C’est grâce à eux si certains roulent en Pajero ou ont une maison. Ils ne doivent pas être am-nésiques au point d’oublier qu’ils squattaient la demeure de ces promoteurs à la recherche d’un combat.

Qu’est-ce que cela vous a fait d’être désigné par le promoteur Palla Mbengue, com­me parrain d’une de ses affiches ?
Le premier à m’avoir fait cet honneur, c’est Ibrahima Ndoye. Je me sens honoré par le geste de Palla Mbengue. Ce parrainage, je l’ai dédié au ministre de la Culture et du Tourisme (Youssou Ndour). On a des liens de parenté.

Qu’avez-vous ressenti le jour J ?
J’ai pleuré le jour du combat. J’étais ému. J’ai suivi le promoteur à la télévision faire un beau témoignage sur moi. Je n’ai que mes prières à formuler à son endroit.

Une lecture de la victoire de Sococim sur Pape Cargo ?
J’avais dit que le lutteur qui sera attentiste serait mis Ko. Voilà !

lequotidien.sn

Samedi 23 Juin 2012 - 19:18



1.Posté par zahra massage le 24/06/2012 15:48
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2.Posté par demba le 25/06/2012 06:15
J'ai éclaté de rires quand j'ai lu que Mbaye reste fidèle, un griot ne peut pas avoir de dignité, c'est elle qu'il faut troquer pour être griot. Il suffit de vous déshabiller de votre vergogne pour être griot, c'est faut de dire que c'est héréditaire, je n'y crois pas.

3.Posté par telbi le 26/06/2012 15:27
La Cohérence du vote du 25 mars voudrait que l'on continue à se débarrasser du système Wade au soir du 1er Juillet en élisant une Assemblée de rupture avec Benno Bokk Yakaar qui cristallise l'essentiel des forces du 23 juin, des Assises Nationales qui œuvrent au service du Peuple. Je donnerai mon vote à Bokk Yakaar pour permettre une majorité de rupture à l'Assemblée.


http://yaho

4.Posté par MADY le 26/06/2012 17:14
TELBI TU NOUS EMMERDES AVEC LA MASSIFICATION DE TES APPELS AU VOTE. NOUS VOTONS BLANC CAR M.S. AVEC 4,5 MILLIARDS INJUSTIFIÉS AINSI QUE TOUS LES AUTRES PARTIS NE NOUS ONT PAS CONVAINCU DANS LEUR DÉMARCHE ET LEUR PROGRAMME

5.Posté par L'intelligent le 27/06/2012 21:15
C'est qt[b[Boy Pape Mballe]b]qt qui fait marrer. Le lutteur en question s'appelait Boy Pambal, originaire du village de Pambal dans le Cayor ou le Baol.

On peut être inculte mais cela ne doit pas empêcher de poser des questions quand on ne sait pas.

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