’’Au Sénégal, le succès exceptionnel d’Air Sénégal international (ASI) a modifié les attentes’’, car ‘’au début, l’idée était de créer une compagnie à l’ambition limitée, avec peu d’avions’’, indique Driss Benhima dans le dernier numéro de ‘’Jeune Afrique’’, hebdomadaire panafricain édité à Paris.
Par la suite, ajoute-t-il, ‘’les divergences qui sont apparues ont porté sur le rythme de la croissance d’ASI. Nous pensons qu’il faut avancer étape par étape plutôt que de risquer un dérapage, comme celui de 2006. Il revient à la compagnie nationale de trancher’’.
Selon les autorités sénégalaises qui ont fait part, il y a quelques mois de leur intention de reprendre en mains la gestion de ASI, la compagnie sénégalaise a enregistré une perte accumulée de plus de douze milliards de francs CFA en fin 2005 et plus de onze milliards pour le seul exercice 2006.
Cette perte est due essentiellement à des factures tardives de la Royal air Maroc, des exercices précédents non provisionnés par Air Sénégal International, alors que les états financiers étaient régulièrement approuvés par le conseil d’administration, avait indiqué le ministre de l’Artisanat et des Transports aériens au cours d’un point de presse.
’’Le découplage entre la RAM et ASI se fera dans un respect mutuel’’ et ‘’j’ai été plus affecté par des articles injustes que par la volonté du gouvernement sénégalais de reprendre le contrôle de la compagnie’’, a précisé Driss Benhima qui se dit favorable à un open sky africain (ouverture du ciel africain à la concurrence).
’’Cela permettrait, a-t-il dit, une progression du transport aérien comme le continent n’en a jamais connu. La doctrine du développement à travers la protection du ciel a échoué. Le Maroc l’a démontré’’.
’’Qu’est-ce qui est important ? Protéger la compagnie nationale ou favoriser le transport des populations ?’’, se demande-t-il avant de déclarer : ‘’je suis un +afro-optimiste+. Les besoins en transport aérien sont là , et solvables. Les pays doivent permettre à toutes les compagnies de répondre à cette demande’’.
Depuis sa création en 2001, ASI est détenue à 51 pour cent par la RAM et à 49 pour cent par l’Etat sénégalais qui veut prendre le contrôle de la compagnie sénégalaise en visant une participation de 75 pour cent dans son capital.
Dans cette optique, la recapitalisation de ASI, sacrée meilleure compagnie africaine en 2003, sera assurée uniquement par le Sénégal, mais la partie marocaine conserverait ses 25 pour cent, avait précisé le ministre de l’Artisanat et des Transports aériens.