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FACE A LA CRISE ECONOMIQUE : Le calvaire de nos émigrésle Samedi 18 Avril 2009 à 08:25 | Lu 2590 fois
La crise économique mondiale, durement ressentie à travers l’Europe et les Etats-Unis, plonge peu à peu les émigrés dans une misère sans nom. Face à la mauvaise donne, nos compatriotes émigrés vont mal, très mal. C’est le calvaire quotidien. Certains d’entre eux retournés au pays ou en encore en semi-activité dans leur pays d’accueil lèvent un coin du voile de pudeur qui les entoure. Deuxième partie
Des réactions proches de la xénophobie, du racisme I.D, le sénégalais de Rimini l’expliquait tantôt, face à la crise, diverses mesures ont été prises au niveau des Etats d’accueil. Mais des réactions proches de la xénophobie et même du racisme ont été souvent notées. Les populations naguère très agréables et accueillantes se sont presque métamorphosées. La crise attise l’égoïsme et la xénophobie, et dans une certaine démesure peut même pousser vers le racisme. En 2005, témoigne F Ch., l’Espagne avait régularisé 600 000 travailleurs en situation irrégulière, une des raisons par laquelle j’avais quitté le royaume d’Angleterre mon premier pays d’accueil pour ce pays d’adoption. Mais très critiqué par les autres pays de l’Union Européenne, le gouvernement de José Luis Zapatero, au vu de la nouvelle donne économique, a revu radicalement sa «politique». Ce fut comme si nos hôtes s’étaient métamorphosés. Après la régularisation massive de 600 000 clandestins en 2005, le gouvernement espagnol annonce en juillet 2008 un nouveau plan destiné à nous inciter au retour. Cette initiative du ministre socialiste du travail et de l'immigration, Celestino Carbocho, nous proposait de percevoir nos Assedic en deux tranches si nous nous portent candidats au rapatriement volontaire. (L’ASSEDIC présente est presque partout en occident, en France elle est une loi associative de 1901 qui gère au niveau local, les conséquences pécuniaires de la perte involontaire d’emploi des salariés qui ont cotisé à l’assurance chômage) Pourtant poussant le bouchon plus loin, le gouvernement de Zapatero annonce la même année qu'il réformera l'actuelle loi sur les étrangers. D’ailleurs un avant-projet pour durcir les mesures actuelles a déjà été approuvé. Dans cette modification, «est sanctionné avec des amendes allant jusqu'à 30 000 euros, celui qui promeut la permanence irrégulière d'un étranger en Espagne». Celui qui héberge un sans-papiers dans sa maison fut-il son propre frère, devient criminel aux yeux de la loi. Cette chasse aux immigrants fut pour mon ainé qui m’hébergeait un grand dilemme, mais nous avons tenu. Et c’est ainsi partout en terre d’accueil, les chômeurs-si ce ne sont les gouvernants, font retomber le coût de la crise sur les travailleurs émigrés. Parmi eux, les plus exploités et les plus exposés sont Africains noirs ou arabes et même les venants des pays de l’Est. Leur particularité, ils sont plus présents dans les secteurs comme la construction et l'industrie. En Grande-Bretagne à un certain moment la situation a fait craindre le pire, au fur et à mesure que perduraient la crise et ses effets. Plusieurs centaines de salariés du secteur de l’énergie avaient vigoureusement protesté contre le recours à des travailleurs étrangers. Leur grève visait à dénoncer la présence des émigrés embauchés à des salaires inférieurs que ceux des Britanniques, avec ou sans la moindre couverture sociale. La négative partition de L’Union Européenne Ces manifestations anti-immigrés ont été surtout encouragées de façon insidieuse par les gouvernements européens. Comme une idée mûrement réfléchie, ces derniers semblaient s’être bien préparés pour se défaire de la main d'œuvre excessive avec des lois discriminatoires et répressives contre les immigrants. En 2008 a été approuvée une directive dite du retour dans l'UE décrite comme celle « de la honte », qui permet la détention jusqu'à 18 mois des immigrants illégaux, pour faciliter leur expulsion. D’autre part, les autorisations de travail et de résidence sont liées, en grande partie, au maintien d'un contrat de travail. La perte du « gagne-pain » augure la fin de la légalité entrouvre la possibilité de l'expulsion. Les gouvernements de l'UE ont tous adapté leurs législations à cette directive. L'« accord sur l'immigration et l'asile » des 27 pays de l'Union européenne a ainsi décidé de promouvoir l'expulsion des immigrants irréguliers, d'interdire à tous les pays d’encourager des régularisations massives, mais surtout d'« améliorer » le contrôle des frontières. En Italie, des méthodes proches des temps du fascisme ont même été mises en œuvre par le gouvernement de Berlusconi. Il a été décidé d’augmenter de 2 à 6 mois le temps de détention des immigrants « irréguliers ». Des unités de formation de «patrouilles ambulantes nocturnes» (formées par d'anciens policiers, d'anciens militaires et des civils) pour surveiller les villes ont même vues le jour. En France, Sarkozy, l’un des promoteurs de ces lois contre les immigrants en Europe, a introduit des mesures dites « d'intégration » pour les immigrants, comme l'apprentissage de la Marseillaise et de l'obligation de savoir le français (une première ne France). Pourtant, dans le dernier trimestre de l’année 2008, 3 000 postes de ces «professeurs d'appui» pour ces élèves particuliers en difficultés ont été supprimés. En Grande Bretagne, suite à la grève de Lindsay Oil, le gouvernement britannique a exigé des institutions de l'UE que le règlement des travailleurs en déplacement soit modifié, au bénéfice des travailleurs locaux. Ceci facilitera encore plus la discrimination dont font déjà l'objet les travailleurs immigrants. La délation a aussi été érigée en culte. Un étranger se remarque vite. Ces mesures discriminatoires ont eu pour conséquences immédiates la perte de plusieurs milliers d’emplois, une chute de près d’un tiers du montant annuel des transferts d’argent. Vers une paupérisation des ménages Or d'après les statistiques de la Direction de Prévision et des Etudes Economiques (DPEE), grâce aux transferts d'argent la pauvreté a été réduite de près de 30% au sein des ménages sénégalais. C'est-à -dire mieux des initiatives comme le Document de Stratégique de Réduction de la pauvreté ( DSRP) ou les Objectifs de Développement pour le Millénaire (OMD) qui vise une réduction de la pauvreté de 50% pour l’horizon 2015. Selon le Dr Serigne Mansour Tall, représentant de l’ONU/Habitat au Sénégal, dans un entretien accordé à des confrères «les statistiques des sénégalais de l'extérieur, sont estimés à 2 à 3 millions de migrants. Le montant de leur rapatriement officiel de fonds avoisine 500 milliards de francs CFA en 2007 soit presque un milliard de dollars. Ce montant qui représente trois fois plus que la somme consacrée aux importations de riz a le propre d'aller directement vers leurs destinataires. Car l’argent envoyé par le travailleur migrant arrive dans sa famille, dans le panier de la ménagère et est utilisé pour améliorer les conditions de vie». Pourtant cette manne financière (Circuit officiel et non officiel compris) estimée globalement à plus de 1000 milliards de nos francs, s’est déjà considérablement réduite, avec comme conséquences directes son impact sur le panier des ménages, la baisse des importations, le ralentissement considérable des activités dans le secteur de l’immobilier. Malgré des projections optimistes sur une possible relance économique en 2010 du patron du Front Monétaire International Dominique Strauss Kahn, la crise financière se traduit déjà par une paupérisation des ménages. Les témoignages sur le mal-vivre de nos compatriotes, dû à leur chômage, leur semi-activité, ou la faillite de leurs commerces et des fois même leur retour au pays suite à des compressions en sont des indices révélateurs. Samedi 18 Avril 2009 - 08:25
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