A l’occasion de la dernière visite du chef de l’Etat aux Etats Unis, des contacts ont été noués. Et des industriels américains, dont un des géants mondiaux dans l’exploitation de produits avicoles, établi à Atlanta, en l’occurrence, l’Usapeec (Instance fédérale d’exploitation de produits avicoles), a mené une opération de charme, en direction des autorités sénégalaises. Fort de son rayonnement mondial, en matière de production, d’exploitation et de distribution du poulet américain, l’Usapeec est dans une dynamique de séduction du marché sénégalais. Elle en a même profité pour se servir des journalistes sénégalais qui ont fait le déplacement à Atlanta, pour vanter ses mérites dans le domaine de l’exploitation du poulet américain. Aussi, profitant de l’occasion, cette firme américaine a-t-elle manifesté son désir d’investir le marché sénégalais, porte d’entrée des autres marchés du continent africain. « L’intention de pénétrer le marché africain, en passant par le Sénégal d’où partiraient les convois de poulets est, en somme, l’appât que l’Usapeec veut utiliser, pour s’installer chez nous », confie un des 8 provendiers établis à Dakar. Et de confier que la filière avicole est, depuis 2005, avec l’arrêt des importations de poulets, dans une dynamique de développement. En témoigne, les 10 000 emplois directs créés dans la filière, selon les données officielles qui font abstraction des milliers d’emplois indirects qui accompagnent les professionnels. Pour le moment, les professionnels américains du poulet sont dans une logique qui, si elle aboutit, sonnera la mort certaine de la filière du poulet sénégalais. Le cas échéant, ce sont des entreprises spécialisées dans la production de poussins, l’exploitation, mais aussi, la commercialisation du poulet sénégalais qui vont disparaitre. De même que celles actives dans la production d’aliments, communément, appelées provendiers qui risquent de mettre la clé sous le paillasson.
De plus, des professionnels sénégalais qui ont décidé de révéler toutes les manigances du géant américain du poulet, ont certifié que dans son opération de charme, l’Usapeec entend faire du Sénégal un déversoir de cuisses de poulets congelés. Or, tout le monde sait que les cuisses ne font pas partie des parties nobles du poulet, en ce sens que c’est le lieu de concentration de graisses et autres activants du cholestérol. A ce titre, nous risquons, non seulement de perdre nos jeunes installations industrielles, les emplois avec, mais à terme, c’est la préférence nationale qui va en prendre un sérieux coup.
Moussa DIA
REWMI QUOTIDIEN