Chaque chose en son temps. Ce dicton sied bien à la vision actuelle du mouvement révolutionnaire, « Y en a marre ». L’état-major de cette structure, considéré comme élément moteur du départ de Wade du pouvoir, s’est réuni, hier, à huis clos dans son fief aux Parcelles Assainies, pour statuer sur les questions de l’heure. Au premier rang desquelles, le phénomène des inondations, à Dakar et dans certaines localités du pays, cause de pertes en vies humaines et d’énormes dégâts matériels. « Aujourd’hui, (hier) la réunion avait une connotation particulière, vu le contexte des inondations. Nous avions démarré une grande activité contre les inondations, depuis l’année dernière, et nous sommes en train de continuer cet élan », a expliqué le coordonnateur Fadel Barro, au sortir de la rencontre. Concernant le mutisme des « Y en a marristes », le coordonnateur déclare que sa structure reste toujours sur sa positon de sentinelle.
« Le mouvement reste un mouvement révolutionnaire, au sens où on croit au changement. Nous avons un projet, une vision et nous avons des moyens d’y parvenir », martèle M. Barro. Les leaders du mouvement ont réitéré leur démarche qui ne consistait surtout pas à déguerpir les libéraux du pouvoir, mais plutôt, à s’indigner, quant il le faut. « Nous ne combattions pas Abdoulaye Wade, parce que, tout simplement, il ne nous plait pas mais, parce que nous voulions changer de système. Nous n’avions pas non plus combattu Wade pour mettre Macky Sall. Nous n’allons pas non plus combattre Macky Sall, parce qu’il y a des gens qui parlent », a précisé le coordonnateur. Toutefois, loin de vouloir laisser le président Macky Sall faire comme bon lui semble, les « Y-en-a-marristes » comptent au successeur de Wade un « battement », pour résoudre, non seulement, ce problème devenu rituel des inondations mais également, respecter ses promesses.
« Il y a un temps pour s’indigner, il y a un temps pour déconstruire. Y en a marre est en train de construire. Le moment venu, on va contester. Nous allons laisser au gouvernement le temps de s’installer confortablement. Situant le débat ailleurs, Y en a marre rappelle que tout le monde semble faire abstraction des propos de Macky Sall qui avait promis 500 mille emplois aux jeunes, mais aussi, assurer une couverture médicale au Sénégal, ce qui n’est pas encore fait. Barro et compagnie de se demander comment il va réussir à tenir cette promesse.
Au sujet de la suppression ou non du Sénat, le leader du mouvement semble, plus ou moins, indécis. « Le débat sur le Sénat est hautement important, tant qu’il pose l’orientation de notre démocratie. On ne se laissera pas embarquer car, Y en a marre ne suit pas le vent mais plutôt, essaye de donner la direction au vent. Nous n’avons pas le temps d’être dans des débats qui n’intéressent que les politiciens », dira Fadel Barro.
Jacques GOMIS
REWMI QUOTIDIEN