Grève de la faim des agents de l’ex-Sotrac : « l’Etat nous paye ou il vient ramasser nos corps »



Grève de la faim des agents de l’ex-Sotrac : « l’Etat nous paye ou il vient ramasser nos corps »
Les agents de la défunte Société de Transport du Cap Vert (Sotrac) sont encore en grève de la faim. Ils ont accaparé depuis dimanche dernier la salle de prière du terminus des bus Dakar Dem Dikk (Ddd) de ''Liberté 5'' pour réclamer plus de dix milliards de francs à l'Etat.


Source : Africanglobalnews

Depuis dimanche, les travailleurs de (Ddd) du terminus de ''Liberté 5'' sont privés de leur lieu de prière. La pièce en question sert à autre chose. « Collectif des agents de l'Ex Sotrac, mobilisation imminente pour d'autres jalons. Trop de souffrance ça suffit… Halte au dilatoire, 9 ans sans liquidation, c'est trop ». Ces quelques phases affichées sur les murs de la pièce donnent une idée vague de ce qui se passe à l'intérieur. Dehors, des grévistes qui ne pouvaient avoir de place dans la pièce nous reçoivent et négocient pour nous un entretien. L'accord est donné de l'intérieur, mais l'intéressé ne veut pas trop parler parce qu'il est fatigué. Dans la salle d'environ 16m2, une vingtaine d'hommes sont étalés sur des nattes à même le sol. Une radio distille quelques airs de Mbalax (musique sénégalaise). Talibouya Ouattara, notre interlocuteur, se relève péniblement et s'adosse au mur. Il était receveur à l'ex Sotrac et depuis que la société a fermé, il dit vivre de petits boulots. Il déclare que les travailleurs sont prêts à mourir s'il le faut. « La société comptait 2196 agents lorsqu'elle a fermé ses portes. Plus de cinq cents d'entre nous ont perdu la vie, environ mille ont divorcés d'avec leurs épouses et beaucoup d'autres sont devenus dépressifs, tout cela à cause des conditions inhumaines qu'ils vivaient », énumère-t-il, le regard hagard, en ajoutant que les survivants sont tous à bout de souffle. « L'Etat nous paye nos droits ou il viendra ramasser nos cadavres » assure t-il. « Depuis dix ans nous menons ce combat mais cette fois-ci, nous irons jusqu'à la mort » poursuit-il en expliquant que tous ses camarades sont unanimes sur ce point. « Nous avons pour toute nourriture, quelques bouteilles d'eau, depuis que nous avons commencé ».
Joint au téléphone mercredi, au lendemain de notre visite aux grévistes, Babacar Ndir, leur porte-parole, confirme l'évacuation de deux d'entre eux à l'hôpital. Il ajoute qu'ils ont été immédiatement remplacés par deux autres volontaires. « Nous sommes dans une mosquée et si quelqu'un y meurt, nous prierons pour lui, nous irons l'inhumer et nous reviendrons poursuivre le mouvement », a confié M. Ndir. Il soutient que tant qu'il n'y aura pas de début de satisfaction de leurs revendications, la grève de la faim ne sera pas suspendue.
Ces travailleurs attendent toujours de l'Etat 81 mois de différentiel de salaire non perçu. Ils disent avoir fait dix neuf mois de service minimum sans salaire avant la faillite de la Sotrac. Pour tous ces dus, ils réclament plus de dix milliards à l'Etat, en plus de cette somme, ils exigent des dommages et intérêts qu'ils veulent négocier avec l'autorité.




           


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