Un mouvement de grève appelé ‘silence radio ‘a été déclenché hier, à partir de 13 h, par les aiguilleurs du ciel des dix Etats membres de l’Asecna. Et cela pour une durée de trois jours s’ils n’obtiennent pas une ‘oreille attentive de la direction générale’ au sujet de leurs préoccupations. Ainsi donc, l’espace aérien de plusieurs pays membres de l’Asecna a été fermé à la navigation aérienne à cause de cette grève, la première du genre depuis la mise sur pied de l’agence communautaire.
Une situation jugée ‘scandaleuse’ et comme étant ‘un désaveu du personnel de l’Asecna vis-à -vis de la gestion du directeur général et du président du Conseil d’administration’ par Farba Senghor, le ministre de l’Artisanat et des Transports aériens. Ce dernier a tenu une conférence de presse à son ministère hier pour se féliciter du fait exceptionnel que ‘les contrôleurs aériens sénégalais n’ont pas suivi le mouvement’. Ainsi, Farba Senghor a tenu à rassurer ‘les usagers de l’air et l’opinion nationale et internationale, que l’aéroport international Léopold Sédar Senghor fonctionne normalement ; toutes les dispositions ayant été prises pour assurer la continuité du service et empêcher toute paralysie de notre espace aérien depuis plusieurs semaines’. ‘Dès qu’il a été informé de la situation, le chef de l’Etat a donné les instructions au Premier ministre pour que le Sénégal apporte son appui aux pays membres en gérant les espaces aériens supérieurs abandonnés à leur propre sort. C’est dans ce sens que le Sénégal est en train d’assurer le fonctionnement du trafic continu au niveau des espaces aériens supérieurs de la Mauritanie, du Mali et de la Côte d’Ivoire’, ajoute-t-il, non pince sans rire. ‘Ironie de l’histoire, c’est le Sénégal qui appuie la Côte d’Ivoire où l’Intersyndicale avait demandé le transfert de la Fir’, raille encore le ministre de l’Artisanat et des Transports aériens.
Parlant des revendications des aiguilleurs du ciel de l’espace Asecna et qui ont pour nom insuffisance des moyens de communication et de visualisation, absence de formation adéquate pour le personnel technique, manque de stratégies pour la formation et l’investissement et application sélective et arbitraire des résolutions du Comité des ministres par la direction générale, Farba Senghor est d’avis que ces ‘motifs avancés recoupent essentiellement les préoccupations du gouvernement du Sénégal’. Et aux yeux du ministre, ces manquements, conjugués à l’absence de vision stratégique, sont à l’origine de la grève déclenchée hier par les contrôleurs du ciel ainsi que la situation conflictuelle entre les travailleurs et la direction générale d’une part et d’autre part entre les Etats membres, particulièrement le Sénégal. Sans mettre de gants, Farba Senghor accuse le directeur général, le Nigérien Youssouf Mouhamat, et le Pca, le Français Jacques Courbin, de profiter de cette situation pour faire main basse sur les ressources de l’Asecna. ‘Le directeur général entretient des relations insidieuses avec les Etats membres et le personnel’, fustige-t-il. C’est ce qui fait penser à Farba Senghor que l’avenir de l’Asecna est en train d’être hypothéqué parce que ses décideurs et ses gestionnaires ne prennent pas les mesures idoines pour répondre à l’attente des Etats, de ses partenaires et surtout de son personnel.
C’est la raison pour laquelle, dira le ministre de l’Artisanat et des Transports aériens, ‘les Etats membres doivent prendre leurs responsabilités et en tirer toutes les conséquences afin de permettre à l’agence communautaire d’amorcer une grande restructuration avant qu’il ne soit tard et procéder sans délai au remplacement d’une part du directeur général par un autre Nigérien pour poursuivre son mandat et d’autre part, du président du Conseil d’administration Jacques Courbin qui a usurpé sa reconduction par un autre Français pour poursuivre également le mandat’.