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Hortense Diédhiou porte drapeau pour les J.O Parcours d’une « Lionne » à la conquête de Londres

Pour les jeux olympiques 2012 de Londres, Hortense Diédhiou aura l’insigne honneur d’être le porte-drapeau du Sénégal. Une reconnaissance que la double championne d’Afrique sénior se donnera à cœur de mériter, avec l’ambition nourrie de décrocher une médaille pour sa troisième participation aux J.O. Plus qu’un objectif, un défi, pour la pensionnaire de l ’Athlétic Club de Boulogne-Billancourt où elle se prépare, depuis des années, pour Londres.

Pour un challenge, c’en est un. Hortense Diédhiou en est consciente. Désignée porte-drapeau du Sénégal à Londres, la double championne d’Afrique sénior (-57kg) aura la lourde mission de porter haut le flambeau à la plus prestigieuse compétition sportive.

Une lourde responsabilité sur les épaules de la frêle judoka, 54 kilos, pour 1m65, mais pas un fardeau, pour cette Lionne qui, une fois sur le tatami, massacre ses adversaires, sans pitié.

« Je vais chercher le premier titre pour le Sénégal, et pour l’Afrique noire qui n’a jamais eu de médaille dans le judo.» décline Hortense qui, depuis des années, se donne les moyens de ses ambitions, pour inscrire son nom en lettres d’or dans l’histoire du judo.

Depuis plus de six ans, en effet, Hortense travaille dur pour faire progresser son judo. Motivation en bandoulière, la petite fille de la verte Casamance enchaîne les compétitions nationales et internationales.

Après les Jeux Olympiques d’Athènes en Grèce, l’athlète sénégalaise, éliminée en quart de finale, se console, grâce à une rencontre qui va changer sa vie.

Hortense fait la connaissance de la championne française, Frédérique Jossinet qui vient l’encourager.

«Elle m’a demandé où je m’entraînais, je lui ai répondu au Sénégal, chez moi. Elle m’a dit de venir en France pour percer. C’était un moment très fort pour moi. Si une grande athlète comme ça a vu quelque chose en moi, ce n’est pas rien», confiera la casamançaise.

Provence nouvelle « terre promise »

Aidée financièrement par sa famille et soutenue par l’Ambassade de France, la judoka décide de quitter sa Casamance natale pour partir en France où elle s’installe au club de Venelles, près d’Aix-en-Provence.

En 2008, elle participe, pour la deuxième fois aux JO à Pékin mais, échoue, de justesse, au pied du podium. Toutefois, dans sa Provence d’adoption, la Sénégalaise fait la fierté du Judo Club Venellois.

Malheureusement, la belle histoire va mal se terminer. En 2010, après une demande de RSA, Hortense réclame une rémunération du club pour ses résultats et pour des cours. « Depuis le début, je n’avais touché aucun argent, alors que je rapportais, tous les weekend, des médailles », narre Hortense, convaincue d’avoir été victime d’exploitation.

«Ils ont trop abusé de ma confiance, de ma gentillesse, peut-être, de l’Africaine innocente qui vient d’arriver. Je vivais dans le club, j’étais la gardienne. Il y avait un petit hangar où on mettait les cartons et les kimonos, ils l’ont réaménagé avec un lit, un petit micro onde et un frigo. Je n’ai pas réagi, plus tôt, parce que je suis venue pour apprendre donc, ce qu’on me disait de faire dans le sport, je devais le faire. Et comme je vais rentrer chez moi plus tard pour enseigner, il vaut mieux se serrer la ceinture, se taire et apprendre », raconte Hortense qui scelle le divorce.

La Judoka Sénégalaise, meilleur sportif du Sénégal en 2011, quitte le club où elle a laissé son empreinte. Son ancien coach garde le souvenir d’une grande championne. « C’est une battante, c’est quelqu’un qui est persévérant et qui sait tracer son chemin », témoigne-t-il.

Nouveau départ

Cap sur Paris, la judoka s’installe chez une tante. Une nouvelle ville, pour un nouveau départ. Ayant eu écho de la bonne réputation de l’Athletic Club de Boulogne-Billancourt qui a formé de grands champions de judo comme Cathy Fleury, Larbi Benboudaoud ou Cécile Nowak, Hortence frappe à la porte de l’association. C’est ici qu’elle s’entraîne, à quelques semaines des Jeux Olympiques.

«Tous les jours, le matin, je fais de la musculation. Je dois prendre un peu de poids, je suis un peu frêle par rapport aux filles de ma catégorie. On demande moins de 57 kilos et j’en fais 54. J’ai encore beaucoup de marge, je travaille avec les entraîneurs pour essayer d’en prendre un petit peu», dira-t-elle.

Stéphane Brégeon, un de ses nouveaux coachs, est, quant à lui, tombé sous le charme de ce bout de femme à la personnalité entière et au caractère bien trempé.

«C’est une championne, c’est une athlète de haut niveau. Ils ont toujours des caractères pas faciles. (…) On ne peut pas avoir des combattants sur le tapis en compétition, et avoir des agneaux à l’entraînement et dans la vie», précisera-t-il.

Pour lui, si elle arrive à canaliser ses émotions, elle peut créer la surprise aux JO. «J’espère qu’elle pourra aller chercher une place en demi-finale. Elle en a le potentiel », confessera-t-il.

Amadou Lamine MBAYE

REWMI QUOTIDIEN

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