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Hypertension artérielle : « Déclaration de guerre au sel », le gouvernement sénégalais traîne encore les pieds !

Notre civilisation a évolué beaucoup plus vite que notre organisme mais l’avancée des connaissances scientifiques semble indiquer que cela n’est pas sans inconvénient. C’est le cas de l’hypertension et des maladies cardiovasculaires qui sont en partie dues à une inadéquation entre nos gènes et les apports alimentaires actuels de sodium et de potassium.

Pourquoi le sel est-il nocif pour notre organisme ?

Sachez que notre organisme a été soumis depuis 5000 à 10000 ans, une période très courte en terme d’évolution des gènes, à deux phénomènes parallèles : l’augmentation de la consommation de sodium et la diminution de la consommation de potassium.

Le rapport alimentaire sodium/potassium pour lequel notre organisme est génétiquement adapté est faible, il varie de 0,003 à 0,1. On trouve encore aujourd’hui de telles valeurs dans le régime alimentaire de populations non industrialisées et chez toutes les espèces de mammifères terrestres.

Nous sommes la seule espèce pour laquelle ce rapport a augmenté pour atteindre des valeurs de 1,8 à 4,2, ce qui représente une augmentation selon les cas d’un facteur 20 à 1000 ? C’est une variation environnementale considérable qui est nocive pour notre organisme car les protéines transportant simultanément le sodium et le potassium à travers les membranes de nos cellules, les fameuses pompes sodium/potassium ne sont pas faites pour fonctionner dans ces conditions.

Une population pas bien informée sur les découvertes en laboratoire !

Nous sommes frappé par la relative absence de transmission des connaissances acquises dans les laboratoires vers la population ? Des milliers d’articles scientifiques ont été publiés dans le monde sur le problème de la surconsommation du sel.

Pourtant la connaissance moyenne des professionnels de santé ou des responsables politiques sans perler de tout le monde est très faible. La transmission de cette connaissance scientifique est en panne. Tout le monde devrait savoir qu’au cours des dix dernières années, plusieurs dizaines de gènes régulant la pression artérielle, le poids corporel ou le taux de glucose sanguin ont été isolés et que plusieurs facteurs environnementaux ont directement été impliqués dans le développement de l’hypertension, de l’obésité, du diabète et des maladies cardiovasculaires en sus du déséquilibre du rapport sodium/potassium.

Ainsi en est-il du tabagisme, de l’inactivité physique, de l’excès d’acides gras saturés ou, de l’excès de saccharose et de fructose. Dans le brouhaha général, le message n’est pas clair quand il n’est pas volontairement brouillé par les intérêts économiques en jeu. Le problème est donc connu, mais il n’est que très peu pris en compte dans la pratique.

Le gouvernement devrait «déclarer la guerre » au sel !

Notons que la plupart du sel que nous avalons est caché, donc se restreindre côté salière ne suffit pas. 70 à 80 % du chlorure de sodium que nous absorbons chaque jour est déjà contenu dans les plats préparés comme les soupes, le couscous, le pain. Mais il est possible de consommer moins : de nombreux pays européens ont déjà limité leur consommation. Par exemple, les pays scandinaves, en partenariat avec l’industrie alimentaire, ont réussi à réduire de 10 à 40 %les teneurs en sel des aliments.

Les recommandations officielles de l’OMS préconisent un apport journalier en sel ne dépassant pas 6 à 7 g. Mais, en plus d’être timides, elles ne sont suivies que par peu de pays tels l’Angleterre, la Finlande, l’Australie, pays dans lesquels on a effectivement enregistré un recul des maladies cardiovasculaires.

Le gouvernement français lui, a « déclaré la guerre » au sel en janvier 2002. Il s’est engagé à obtenir la réduction de la teneur en sel des aliments auprès des industriels et à donner une information précise sur les emballages. En France aujourd’hui n’est précisée que la présence du sel, pas la quantité. Les Anglo-Saxons, eux, indiquent sur les conditionnements la quantité de sel présente dans les préparations.

Au Sénégal, le gouvernement reste muet sur cette question malgré la forte consommation de sel ; ce qui fait que les maladies cardiovasculaires gagnent de plus en plus de l’ampleur dans ce pays. Il est grand temps que les populations soient informées des dangers qu’ils sont en train d’encourir.

Le pain, les charcuteries et les plats cuisinés industriels au banc des accusés !

Précisons que le pain apporte une grande part de la quantité de sel que nous consommons quotidiennement ? En effet, plus le pétrissage est mécanisé, plus le pain est fade et plus on ajoute du sel : le sel représente aujourd’hui 2,4 % du poids de farine !

Notons que dans le secteur de la charcuterie et des fromages, le problème de la qualité de la stabilité microbiologique et donc la conservation ne doit pas être minimisé.

D’autres recommandations doivent s’adresser aussi au secteur de l’industrie alimentaire avec la conserverie, mais aussi à la population elle-même, qui, après information, doit être responsable du contrôle et de la gestion de son alimentation.

Que doit-on retenir de primordial ?

Nous savons bien que notre patrimoine génétique a une grande part de responsabilité dans notre santé future, mais chacun peut éviter un grand nombre de problèmes en améliorant le quotidien par des gestes simples. Il suffit d’y penser !

Ainsi donc, comment rééquilibrer cette fameuse pompe sodium/potassium ? Inutile de se focaliser sur la seule salière : ouvrons notre cuisine à des saveurs jusqu’à aujourd’hui peut-être oubliées !

En fait, les recherches des trente dernières années conduites dans le domaine de la nutrition ont permis de mettre en évidence les effets majeur de l’alimentation dans la santé.

La fonction première des aliments est certes de couvrir les besoins métaboliques de l’individu. Mais ils peuvent non seulement assurer le développement harmonieux de l’organisme, mais aussi aider à réduire le risque de maladies en particulier celles qui apparaissent avec l’âge.

Serigne Samba Ndiaye : Phytothérapeute, Tradipraticien : site web : www.sambamara.com

Skype : sambamara


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