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Kadhafi, financier de Sarkozy ? Mediapart croit en avoir la preuve... et la montrele Dimanche 29 Avril 2012 à 14:15 | Lu 1528 fois
Si elle est authentique, une note, révélée par Mediapart, suggèrerait, sinon que la Libye a versé 50 millions d'euros pour financer l’élection de Sarkozy en 2007, du moins qu’elle y semblait prête.
Enième remous de cet entre-deux tours, énième soupçon quant à l'éventuel financement occulte de la précédente campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007, Mediapart remet le couvert et n'y va pas avec le dos de la cuillère, titrant franchement : "Sarkozy-Kadhafi, la preuve du financement".
Une rumeur lancinante... Ces allégations ne datent pas du jour. Interrogé sur la question le 12 mars, le président-candidat avait répliqué cinglant : "c'est grotesque et je suis désolé que sur une grande chaîne comme TF1, on doive m'interroger sur les déclarations de M. Kadhafi ou de son fils", Saïf Al-Islam, qui, il y a un an déjà, affirmaient la même chose et assuraient en détenir des traces écrites, promettant de rendre public les comptes bancaires et les opérations de transfert. A défaut de disposer d'éléments aussi accablants, Mediapart a publié une note attribuée à un haut responsable de l'ancien régime libyen qui, si elle est authentique, ne prouve pas formellement que Mouammar Kadhafi a alimenté les comptes de campagne du chef de l'Etat français, mais au moins, qu'il en a été question et que le 10 décembre 2006, Tripoli y semblait bien décidée. Un "accord de principe" portant sur 50 millions ? Ce document rédigé en arabe, qui arbore le blason et l'en-tête habituels de la Jamahiriya, émanerait des archives des services secrets. A qui verrait malice dans sa publication le 27 avril, à huit jours du second tour, le site d'information prend soin de préciser qu'il ne se l'est procuré que tout récemment, auprès d'ex-dirigeants libyens aujourd'hui dans la clandestinité. Si l'on en croit la signature, identifiée par le sulfureux homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine, l'auteur de la note est Moussa Koussa, à l'époque patron des services de renseignements extérieurs de la Libye, puis ministre des Affaires étrangères de Kadhafi, démissionnaire avant la chute du régime, et désormais en exil au Qatar. Dans la note en question, il signifie à Bachir Saleh, l'ancien président du richissime Fonds libyen des investissements africains, qu'a été approuvé le principe d'un appui financier à "la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles, M. Nicolas Sarkozy, pour un montant d'une valeur de cinquante millions d'euros", selon la traduction de Mediapart. Une réunion avec Hortefeux et Takieddine ? Le document en question n'est pas un ordre de virement, il n'indique rien d'autre qu'une intention, en revanche, il précise que cet "accord de principe" sur "le montant et le mode de paiement" résulterait d'une réunion tenue quelque deux mois plus tôt, à laquelle auraient lui-même participé M. Saleh, Abdallah Senoussi, ancien chef du renseignement militaire, et, "du côté français" de la négociation, messieurs Brice Hortefeux et Ziad Takieddine. Interrogé hier par Mediapart, puis aujourd'hui par l'AFP, ce dernier, triplement mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi (portant lui sur le financement de la campagne d'Edouard Balladur, en 1995), a assuré qu'il n'avait "pas assisté à cette réunion", mais il n'a pas du tout exclu qu'elle ait "pu avoir lieu". Qu'il ait participé ou non à ladite rencontre, Mediapart, évoquant les relevés des voyages de M. Takieddine, dont la justice française a copie, note que la veille de la rédaction du fameux document, l'homme d'affaires était à Tripoli. Takkiedine, "content", Hortefeux, pas au courant... Au passage, on retiendra que sans l'identifier formellement, Takieddine, a donc dit reconnaître la signature de M. Koussa sur le document produit par Mediapart et qu'il est apparu ravi, ou selon son terme "content" de voir apparaître au grand jour ce qui serait la preuve que l'on est en présence d'"une très grande affaire", d'une "affaire d'Etat". Lui aussi sollicité vendredi par Mediapart, Brice Hortefeux, à l'époque directeur de cabinet de Sarkozy, place Beauvau, a lui nié avoir "jamais rencontré Moussa Koussa et Bachir Saleh", respectivement l'émetteur et le destinataire de la missive. A noter : début avril, le Canard enchaîné avait affirmé que ce dernier, recherché par Interpol, avait obtenu un titre de séjour en France, dans le cadre du "regroupement familial". Troublant, mais à ce jour pas confirmé... RAS vu de l'UMP, une information judiciaire nécessaire selon le PS... Passons sur les détails de cet écheveau diablement compliqué pour en venir aux réactions politiques de samedi, quelque peu noyées dans le déferlement de coups plus ou moins bas entre droite et gauche. Dans le camp de Nicolas Sarkozy, sa porte-parole, Nathalie Kosciusko-Morizet, a dénoncé "une diversion grossière" qu'elle a attribuée à "l'équipe de François Hollande", désireuse de détourner l'attention de Dominique Strauss-Kahn. Sur le fond des accusations, comme son mentor le mois dernier, elle a balayé la question d'un revers de la main, faisant valoir que les comptes de campagne étaient plafonnés à 22 millions d'euros en 2007, et que ceux de l'UMP avaient été entérinés par le Conseil constitutionnel, "sans aucune contestation". Côté socialiste, forcément, la tonalité a été toute autre. En première ligne, Bernard Cazeneuve, l'un des porte-parole de François Hollande, a demandé au président sortant de "s'expliquer devant les Français", vu la gravité des éléments avancés par Mediapart. Delphine Batho, elle aussi porte-parole, a estimé que "l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge indépendant s'imposaient". D'ici au second tour de la présidentielle, c'est très improbable, mais par la suite, en fonction du vainqueur, allez savoir… METROFINANCE.COM Dimanche 29 Avril 2012 - 14:15
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