L’ex-ministre de la Coopération internationale, des Transports aériens, des Infrastructures et de l’Energie, aurait même confié à certains de ses amis, qu’il préfère l’exil diplomatique, à l’humiliation d’une inculpation, où d’un mandat de dépôt. Karim Wade est conscient aujourd’hui, que l’Etat a tellement rassemblé de preuves contre sa personne, que son dossier s’en est trouvé carabiné. Il ne pourrait ainsi, compter sur personne pour le tirer d’affaire. Ni l’influence de son père, ni le soutien de ses partisans, ne pourraient lui éviter une inculpation, voire un mandat de dépôt et la prison.
Ses réseaux en France et ailleurs dans le monde, ont été actionnés tous ces temps-ci, pour le protéger et le sortir des griffes de la justice sénégalaise. Mais, l’Alternance, intervenue entretemps en France et au Sénégal, n’a pas arrangé ses affaires, ses principaux soutiens dans l’hexagone étant des personnes influentes de l’UMP, défaites lors des élections présidentielle et législative. Aujourd’hui, il ne dispose plus d’aucune connexion dans le gouvernement français.
Par ailleurs, quoi que lui-même confie que Macky Sall n’est ni belliqueux, ni revanchard, l’entourage immédiat du Chef de l’Etat, en particulier, le secrétaire général du gouvernement, la Garde des Sceaux, ministre de la Justice, et certains cadres ou conseillers de l’Apr, souhaiteraient, ardemment, lui faire payer ses forfaits antérieurs d’ancien homme trop puissant, au sein de l’appareil d’Etat, et d’avoir grandement contribué à la descente aux enfers de Macky Sall, alors que celui-ci était le Président de l’Assemblée nationale.
Toujours, d’après ses confidences, l’actuel Président de la République aurait essayé, de son mieux, de limiter les convocations, les inculpations, les mandats de dépôts d’anciens dignitaires du régime libéral que nous connaissons depuis quelques jours, mais il a, à ses côtés, des collaborateurs décidés à prendre leur revanche sur les exactions commises par l’ancien régime. C’est pour toutes ces raisons que Karim Wade aurait décidé de ne pas rentrer au Sénégal jusqu’à ce que la situation soit apaisée.
En attendant, la question que se posent certains initiés, du fait des charges qui pèsent sur l’ancien super ministre, est de savoir comment, et pourquoi l’ancien ministre d’Etat a été autorisé à quitter le pays sans attendre son audition, contrairement à certains caciques libéraux qui ne peuvent même plus quitter le territoire national.
Ainsi, Karim Wade, vient-il de comprendre que la politique n’est pas un jeu d’enfant et que tous ses soit disant souteneurs de naguère, ne peuvent rien lui apporter aujourd’hui qu’il est seul face à son destin ?
Sékou Dianko DIATTA
REWMI QUOTIDIEN