LITIGE FONCIER A NIAGUE WOLOF: Affrontement évité de justesse entre gendarmes et riverains

le Vendredi 24 Août 2012 à 07:19 | Lu 817 fois




Les populations de Niaga Wolof, dans le département de Rufisque, ne veulent plus que l'on touche à leur « espace vital ». En effet, suite à une délibération datant de 2007 et octroyée par l'ancien PCR, Oumar Gueye, les 81 ha de Niaga extension, sont souvent "agressés" par des tiers. Aussi, les populations sont-elles maintenant décidées à défendre leurs terres, même si elles sont touchées par des hommes en tenue.


LITIGE FONCIER A NIAGUE WOLOF:  Affrontement évité de justesse entre gendarmes et riverains
On a frôlé le pire, hier, dans la toute nouvelle communauté rurale de Niaga-Tivaouane Peul. Situés non loin du Lac Rose, les 81 Ha destinés à l'extension du village de Niaga, ont failli être le théâtre d'affrontements entre éléments de la Gendarmerie nationale et populations de ce village. Après les populations de Beunoba, c’est autour de leurs voisines de Niague de montrer leur colère, face à la spoliation dont elles sont victimes. En tête, les jeunes de l'Asc de la localité (Asc Lac Rose), encadrés par les ainés du village, dont l'Imam et le chef du village, les populations sont descendues sur le site devant « accueillir un lotissement des gendarmes et un centre islamique porté par un Cherif de Kolda », pour exiger l'arrêt des travaux. Comme tous les villages longeant le site au climat clément du Lac Rose, Niague Wolof est en train d’essuyer les différentes tentatives des promoteurs visant « à s’accaparer » de leurs terres, selon leurs propres dires. Car, selon elles, depuis le 27 Décembre 2007, l’ancienne communauté rurale, sous la direction d’Oumar Gueye, avait octroyé au village de Niague Wolof, par délibération du conseil rural, approuvée par le sous-préfet, une superficie de 81 hectares pour son extension. Mais, il se trouve qu’une personne est venue, avec des documents, disant avoir un bail de l’Etat, amputant du coup les 51 hectares, alors que, selon Babacar Ndiaye, l’un des manifestants, « la plupart des jeunes n’avaient jusque-là, pas de chance d’avoir un toit et sont obligés de s’entasser chez leurs parents ». Selon lui, les populations ont été surprises par le débarquement des gendarmes fortement armés, à bord d’une dizaine de pick-up. Les choses auraient empiré, n’eut-été l’intervention du ministre Oumar Gueye qui a appelé le chef de village, afin que ce dernier calme les niaguois. Chose bizarre, constate Babacar Ndiaye, le fameux Chérif est venu avec un bail signé le 28 Mars dernier par Me Wade, alors que tout le monde sait que le 25 Mars 2012, l'alternance du régime libéral a eu lieu. Mieux, Babacar Ndiaye de déclarer : « l'arabe nous a dit que le président Abdoulaye Wade lui a cédé nos terres. Pendant ce temps, nous avions une délibération depuis plus de dix ans. Ce n’est pas la première fois que l’on fait de tels actes. Nous ne l’accepterons pas et à chaque fois, on nous apporte des armes et des grenades lacrymogènes, alors que nous ne faisons que protéger nos terres ». Lançant le bouchon plus loin, le manifestant de signaler à qui veut l’attendre : « il y a eu un Malick Ba à Sangalkam. Si rien n’est fait, il y aura plus de trente Malick Ba à Niague. Nous n’accepterons jamais qu’une autre personne vienne nous prendre nos terres, avant de nous avoir tués ». Pour le président de l’Asc Lac Rose de Niague, Maguette Ndiour, c’est vers le second tour de l’élection présidentielle que le Chérif est venu avec un bail signé le 28 Mars 2012. « Là, il y a un problème, parce que son bail se trouve au cœur de notre extension », dira-t-il. Selon les habitants de Niague, la délégation spéciale est avec cette confiscation et annonce une autre délibération de 41 hectares, loin de leur suffire. « Nous sommes prêts à verser notre dernière goutte de sang, si cela passe, parce que nous ne voulons pas des 41 hectares, mais de nos 81 hectares », avertissent-ils.

Le Chef du village confirme les propos des jeunes

Le chef de village de Niague, le vieux Mandiaye Ndiaye, dira : « lorsque nous ne savions à quel saint nous vouer, emparés par l’inquiétude d’étendre notre village, c’est Oumar Gueye qui, par délibération, nous avait cédé ces 81 hectares dans ce secteur de « Bègne ». Nous tenons à ces terres et nous n’en céderons un seul centimètre. Les gens étaient décidés à en découdre avec les gendarmes et ceux qui veulent faire le terrassement. Mais, il m’a appelé, pour me dire qu’on ne peut pas nous prendre les 81 hectares et il a appelé le sous-préfet. De mon côté, je dis que je n’ai pas de force musculaire mais, j’ai derrière moi une population qui est prête à intervenir ». Aussi, appelle-t-il le président de la République à corriger cet impair et éviter de prendre des arrêtés contre les pauvres paysans qu’ils sont.

Le Président de la Délégation Spéciale : « j'ai la conscience tranquille dans cette affaire ».

Contacté au téléphone par nos soins, le président de la Délégation spéciale sortant, Momar Diouss, que certaines populations accusent de complicité, s'est voulu rassurant et propre dans cette situation. En effet, il a déclaré être quitte avec sa conscience dans cette affaire à laquelle, il n'est point mêlé. « Je peux dire que je suis du côté des populations, parce qu’en plus des 81 hectares que leur avait octroyé l’ancienne communauté rurale, j’ai fait en sorte que 41 autres hectares soient octroyés au village de Niague Wolof et de Niague Peulh », s’est-il glorifié.

Djiby GUISSE
REWMI QUOTIDIEN

Vendredi 24 Août 2012 - 07:19



1.Posté par zahra massage le 24/08/2012 08:34
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