Selon Meissa Ndiaye Beye, consultant en éducation et membre du cabinet d’Appui pour la Recherche en Education et pour la Formation (CAREF), cette phase-pilote va permettre d’interroger l'éventail des options politiques qui s'offrent au gouvernement pour assurer une croissance économique inclusive, avec une orientation forte de la place de l’éducation dans les réalisations du développement humain et des OMD. Poursuivant son propos, l’Inspecteur de l’Education, aujourd’hui, à la retraite, de préciser que leur cabinet, « s’inspirant de l’expérience de l’Inde, sur la réalisation du Rapport ASER et des autres pays qui entreprennent des initiatives similaires (Kenya, Ghana, Mali, etc) », a fait une évaluation indépendante et périodique sur les apprentissages de l’éducation primaire au Sénégal, sur un échantillon national de 30000 ménages et plus de 60000 enfants en zones urbaine et rurale. Et à l’issue de leur diagnostic, il a été démontré que la majorité des élèves du système éducatif sénégalais ont des difficultés en lecture, mathématique et arithmétique. Pour les membres du CAREF qui ont travaillé en étroite collaboration avec l’Université de Dakar, à travers le LARTES (Laboratoire de Recherche sur les Transformations Economiques et Sociales de l’Ifan), il s’agit de « tirer le meilleur parti de l’apport de chaque entité et de bâtir un consensus fort, pouvant faciliter les changements induits par la réalisation d’un rapport sur la qualité de l’éducation (principe de la mesure des effets) ». Et pour cela, les personnes formées durant cet atelier, seront ventilées à travers le département de Rufisque, pour une enquête d’envergure nationale, avec une stratification, selon le milieu de résidence urbain et rural. Un ensemble de tests portant sur la lecture, les mathématiques et l’arithmétique sera conçu, en synergie, avec les spécialistes de l’éducation et administré aux enfants enquêtés. Enfin, une forte mobilisation sera suscitée auprès des acteurs à la base, en ce sens que les changements les plus durables résultent d’un processus ascendant et populaire. Ils sont portés par des acteurs acquis aux valeurs démocratiques, notamment, l’accès du plus grand nombre et l’épanouissement de l’individu par l’éducation. La formation effectuée par ces volontaires de l’éducation pour un enseignement de qualité, sera élargie à d’autres départements du pays, « pour un meilleur maillage du pays, afin de lutter contre la baisse de niveau de nos élèves ».
Djiby GUISSE
REWMI QUOTIDIEN